C’était en été il y a 1 an et demi maintenant… Déjà!
Stanislas avait 21 mois, et il faisait régulièrement un truc bizarre, un truc vraiment bizarre, que j’avais filmé pour la postérité, loin d’imaginer qu’aujourd’hui je regarderais ce film comme une preuve supplémentaire que les troubles de Stan existaient bien avant que nous ne nous inquiétions véritablement.
Nous aimons jouer au tennis, Adrien le frère aîné de Stan, mon mari et moi. Lorsque je mettais une raquette dans les mains d’Adrien, même tout petit , il charchait à participer à nos échanges, il courait pathétiquement derrière nos balles, nous regardait jouer, essayait de grimper sur la chaise d’arbitre, se comportait en bref comme n’importe quel gamin de moins de deux ans.
Stanislas, lui, n’avait absolument aucun intérêt pour sa raquette qu’il trainait derrière lui, encore moins pour nos échanges de balle. La seule chose qui l’intéressait sur le cours était le grillage de la clôture. Il pouvait passer comme celà de très longs moments à tourner inlassablement autour du cours, les yeux rivés sur les lignes dessinées par les fils de fer.
Il faisait cela sur le cours de tennis, mais aussi avec les grilles du square. Quelques mois plus tard, ce furent les lignes des bordures de trottoir, puis enfin, les lignes dessinées par les briques sur les murs, jusqu’à littéralement s’écraser le nez dessus en marchant la tête de travers pour mieux se stimuler visuellement.
C’était l’été 2009, au moment où nous avons cherché à comprendre pourquoi toutes les ballades devenaient une telle galère, pourquoi la vie de Stan était envahie par les lignes, que le diagnostic est tombé.
Stan a cessé de s’autostimuler de manière envahissante avec les lignes après six mois de prise en charge. Bien sûr, sa passion des lignes ne l’a pas quitté, mais elle n’envahit plus son comportement, son environnement, ses intérêts, ses relations ou sa vie.
Le problème de ces comportements envahissants est qu’ils sont difficilement analysables avec des petits enfants.
Pire, certains amusent la famille et / ou les amis et on demande à l’enfant de réitérer ceux-ci !
L’essentiel est d’arriver à tirer des conclusions suffisamment tôt pour pouvoir consulter un praticien formé et mettre un mot sur ces comportements souvent déroutant pour des jeunes parents.
Chapitre 12
Un pont entre deux mondes
Tout d’abord, comme tous les enfants, chaque enfant autiste est différent. Ce qui est bénéfique pour l’un peut ne rien apporter à l’autre. Pourtant, un certain nombre de principes régissent l’acquisition des compétences et des connaissances dans tout effort humain.
Il faut observer afin de découvrir la façon dont chaque enfant réagit pour ensuite construire sur cette base.
Observez ce qui capte l’intérêt et l’imagination de votre enfant. Par exple, s’il passe sa journée à tirer la chasse d’eau,
posez-vous la question : est-ce le bruit, le mécanisme, ou la relation de cause à effet qui le fascine ? Ensuite, partez de cet intérêt pour l’ouvrir à d’autres domaines.
(…)
Soyez un observateur prudent. Observez à la fois ce qui attire l’enfant (par exple tirer continuellement la chausse d’eau) et ce qui le dérange.
Temple Grandin « ma vie d’autiste ».
@Maryline, le ratio coût/efficacité d’un comportement tot simplement…
Quelles sont les conséquences pour l’enfant de ce comportement, quel satisfaction en tire-t-il , Est-il coûteux pour lui ?
Et ensuite, si on a envie de le modifier, il « suffit » d faire varier ces données.Faire grandir sa satisfaction en réorientant son autostim vers un autre domaine (chez Stan le détournement a été opéré vers les lettres, les chiffres, l’observation de la nature, les cordes du violon, la baguette du chaf d’orchestre , les portées de musique etc), augmentant le coût , eou en changeant les conséquences
Oui, c’est le message que fait passer Temple Grandin, se servir de leur « obsession » pour les emmener sur d’autres sujets.
Mathilde faisait un truc déjà toute petite assez surprenant : sur sa table d’éveil il y avait environ 30 chansons mais à retrouver avec des jeux tournants ou des touches du piano. Elle arrivait à faire une séquence très élaborée pour retrouver la chanson qu’elle voulait grâce à une combinaison de couleurs lumineuses du piano et une espèce de sablier à tourner. Elle est d’une dextérité incroyable et a une mémoire des combinaisons surprenante….