C’est souvent qu’on me demande quoi faire pour savoir si un enfant très jeune (moins de 18 mois) est autiste ou pas. Est-ce qu’on peut savoir si un enfant de six, huit, douze mois est autiste? Je suis persuadée que certaines mamans sont capables de voir la différence, même si moi je n’en ai pas été capable.

Sincèrement, que peut-on faire? Les dépistages ne se font qu’à partir de 18 mois pour la simple raison que parfois des signes qui paraissent autistiques passent en grandissant, et ne sont pas significatifs. Doit-on affoller des parents dont les enfants vont évoluer, tout simplement parce qu’il y a une probabilité de Troubles Envahissants du Développement? Non.

Mais je pense, de même, qu’il ne faut pas laisser les parents dont les enfants présentent des signes sans une quelconque ligne directrice. Alors voici mon opinion sur le sujet…

Agissez sur ces signes comme si votre enfant est bel et bien autiste

Même si à 18 mois, ou 2 ans, on vous dit que votre enfant ne l’est pas – au final ça ne sera pas grave, et vous pourrez continuer votre vie, tranquillement, sans plus y repenser. Si au final votre enfant est bien autiste, ou présente des TED, vous aurez contribué à l’aider, petit à petit, avant une véritable prise en charge.

Y a-t-il possibilité que cette aide fausse le dépistage?

Franchement, je ne pense pas. Déjà, parce que les troubles du comportement ne s’effacent pas en un claquement de doigts, et puis parce que vous pouvez toujours dire honnêtement les signes que vous aviez remarqué, qui ont disparu depuis que vous travaillez dessus avec votre enfant, à la personne qui va le dépister.

Que faire?

Des petites choses. On ne peut pas trop en demander à un enfant de moins d’un an et demi. S’il ne vous regarde pas dans les yeux, essayez d’attirer son attention, et félicitez-le (ou récompensez-le) lorsqu’il fait l’effort de vous regarder. S’il ne pointe pas du doigt, accompagnez-le dans le geste à chaque fois qu’il pleurniche pour obtenir un objet. Et ainsi de suite, pour aider les comportements à s’améliorer au fur et à mesure.

Lorsque vient l’heure du dépistage…

Notez tous les exercices que vous avez fait pour les présenter à la personne qui viendra dépister votre enfant pour l’autisme. Expliquez-lui ce qui a marché, en combien de temps, pour qu’elle puisse se faire une idée précise des troubles qu’avait votre enfant, et s’ils ont ou pas diminué suffisamment pour qu’ils soient considérés comme des troubles autistiques ou pas.

Si, en si peu de temps, votre enfant a réussi à surmonter la plupart des comportements inquiétants qu’il présentait, il y a de grandes chances qu’il surmonte les autres aussi, et qu’il soit diagnostiqué neurotypique…