La nausée

Depuis quelques jours, dans les commentaires d’Autisme Infantile, ça sent le Roussy. J’ai été particulièrement choquée de ce commentaire:

à vous tous, parents d’enfants autistes qui s’acharnent à voir en Aldo Naouri la projection de votre mental.

J’ai la nausée à vous lire, piégées dans vos illusions, vos mensonges, votre haine, votre entêtement. Mais j’ai encore plus la nausée, en suivant le lien que nous fournit M. Naouri, de constater la manque d’éthique de la part de Béatrice et de Sophie. Difficile de ne pas comparer les attitudes entre M. Naouri et vous mesdames. Je constate, d’après les échanges email, que M. Naouri a été honnête et ouvert au dialogue. Il démontre une compassion. Il a un humanisme, une classe que vous êtes incapable d’accueilir et de comprendre. C’est dire, mesdames, que l’eau de source pour un cochon, c’est la même chose que de l’eau de toilette. Vous m’échoeurez à un point tel. Et vous dites être pour le bien des enfants autistes ? avec un telle attitude, je ne vois vraiment pas comment on peut aider des enfants autistes.
Je vais aller vomir.

– Nathalie Roussy
http://autismeinfantile.com/informations/actualites/operation-tous-avec-aldo-pour-faire-sa-promo/#comment-10372

Alors, voyez-vous, Madame Roussy, j’ai plusieurs réactions qui me viennent à l’esprit, paf, comme ça, alors je vous les livre sans ordre particulier:

  • Tout d’abord, je vois que vous vous permettez de citer Sophie Robert et Béatrice Bolling par leurs prénoms. Si ça ne vous ennuie pas, nous, on va continuer à vous vouvoyer et à vous donner du Madame, hein? Ça maintient une distance qui ne peut qu’être bénéfique (pour nous).
  • Je ne suis pas persuadée que Monsieur Aldo Naouri soit la projection de mon mental. Par contre, vous avez raison pour l’acharnement: nous continuerons à taper là où ça fait mal, tant que les psychanalystes continueront à faire du mal aux parents d’enfants autistes. Et ça ne s’appelle pas vraiment de l’acharnement, ça s’appelle de la combativité, du courage, de l’abnégation. Nous nous battrons pour que les générations à venir ne soient pas les victimes de ces thérapies à la noix, où on tente de guérir le rapport de l’enfant à la mère, et où à côté de ça, en plus, on laisse l’enfant pourrir dans un coin, bourré de cachets, pas propre, pas éduqué.
  • Vous nous comparez à des cochons. Mais ma brave Madame Roussy, laissez-moi rire! On nous a déjà comparées à des crocodiles, si vous pensiez nous faire de la peine, c’est râté. Je dirais même plus: KREUKREUGRUIIIIK. Qu’est-ce qu’on se marre! C’est votre maman qui vous a appris à être aussi humaine? Vous la féliciterez de ma part.
  • Enfin, Madame Roussy, permettez-moi de vous dire que nous aussi, nous avons la nausée. La nausée d’angoisser sur l’avenir de nos enfants, sur les bâtons que certaines personnes nous mettent dans les roues. Et surtout, sur le regard malveillant que des personnes comme vous portez sur nous. Quand vous aurez fini, merci de nous rendre la bassine, nous sommes quelques dizaines de milliers en ligne qui avons besoin de l’utiliser.

Blogosphère et droits de réponse

Par la suite, vous avez aussi posté cet article:

Je vous cite:

J’ai eu l’inspiration pour écrire ce texte après avoir vécu une journée entière à avoir physiquement la nausée, imprégnée de tout le toxique que cette affaire peut inspirer, si nous ne faisons pas l’effort  d’être en pleine conscience.  N’y cherchez pas d’œuvre littéraire, car je parlerai simplement, d’une manière simpliste. Ces écrits pourront peut-être même vous paraitre enfantins ou idéalistes.   Je suis humaine, donc imparfaite. Je ne suis pas une sage, et pour être honnête, j’ai connu mon lot de colère et, surtout, de pur dégoût, après avoir lu la mise au point d’Aldo Naouri et les réactions haineuses de certaines personnes sur le site Autisme infantile.

Monsieur Naouri s’était permis de reproduire, sans le consentement de leurs auteurs, des correspondances privées, ce qui est franchement pas joli-joli.

Monsieur Aldo Naouri a d’ailleurs compris son erreur, puisque depuis a changé la page qui reprenait toute sa correspondance privée, et qui montrait sa confusion dans toute cette affaire, vu qu’il pensait que Béatrice Bolling, auteur sur Autisme Infantile, était en fait à la tête de Autistes Sans Frontières.

Je vois que vous aussi, vous n’avez pas les bons faits. Je vais donc vous éclairer. Vous avez écrit:

Il était clair que le droit de réponse de M. Naouri lui avait été refusé. Il avait tenté de donner sa version des faits, et elle a été carrément refusée par Béatrice Bolling, de l’organisation Autisme Infantile.

et plus loin:

Et pourtant, la loi oblige les médias à donner un droit de réponse il me semble. Selon moi, il est à prévoir une action judiciaire de M. Naouri à l’encontre de Sophie Robert. Je considère cette possibilité étant donné que M. Naouri mettait en demeure SR de retirer le ou les extraits où on l’aperçoit dans le film. Après avoir été, après cette mise en demeure, empêché d’exercer son droit de réponse sur le site autisme infantile, et après la réponse consternant de SR, et après avoir été menacé par sa publication des correspondances, il est prévisible que M. Naouri se tourne vers les tribunaux.

Premièrement, Autisme Infantile n’est pas une organisation. Ce n’est pas non plus une association. Enfin, ce n’est ni une porcherie, ni une boucherie, bien que c’est là qu’on pourrait s’attendre à trouver des cochons.

Ensuite, ce n’est pas Béatrice Bolling qui a refusé l’article d’Aldo Naouri, c’est moi. Oui, moi, Nathalie Aynié, qui décide de la ligne éditoriale du site Autisme Infantile. La cheffe, quoi (je vous la fais simple, vous ne pourrez pas dire que vous n’aviez pas compris).

Pourquoi, me demanderez-vous? C’est simple: nous avions proposé à Monsieur Naouri une chance de s’exprimer pour dire s’il se désolidarisait ou pas de ses propos et de ceux de ses collègues. Monsieur Naouri n’a pas trouvé judicieux de répondre à la question que nous voulions qu’il aborde, et a préféré vomir sur Sophie Robert, la réalisatrice du documentaire (Y aurait-il une épidémie de gastro? Tout semble indiquer que oui). Pour être franche, je me contrefiche de savoir s’il a aimé le documentaire ou pas, ou s’il a apprécié sa dernière sortie au cinéma. La question posée, le point que nous voulions éclairci, n’a pas eu, encore à ce jour, de réponse. J’ai donc refusé de publier son article, qui n’avait aucun sens dans notre ligne éditoriale.

Vous voyez? Ce que vous croyez savoir est en fait faux. Ça ne vous donne pas matière à réfléchir?

Vaincre l’Autisme Infantile sans Frontières

Je tiens à vous signaler, Madame Roussy, qu’il ne sert à rien d’amalgamer Autisme Infantile et Autistes Sans Frontières. Ça ne sert à rien non plus, comme les psychanalystes, de voir la patte de Vaincre l’Autisme partout.

Autisme Infantile a décidé d’aider à promouvoir le documentaire Le Mur ou la psychanalyse à l’épreuve de l’autisme parce qu’il évoque pour nous une réalité.

Nombre de parents, moi y compris, ont dû supporter ces discours stupides et culpabilisants, et nous avons même parfois été ridiculisés par nos proches ou les gens à qui nous nous étions confiés, parce que personne ne voulait croire à ce genre de propos. Nous « imaginions » tout cela. Maintenant que ce documentaire est sorti, nous avons enfin la preuve que nous ne sommes pas des menteurs.

Pingback dans ta face

Puisque vous n’avez pas compris comment fonctionne le net, Madame Roussy, je vais vous l’expliquer. Chacun est maître sur son site web, à condition de rester dans la légalité. Ce qui signifie que j’ai le droit de publier ou pas un article, de choisir de quoi mon site web va parler, et de qui a le droit de parler dans les commentaires ou pas.

Autisme Infantile n’est pas un média dans le sens habituel du terme: selon mon bon vouloir, je peux choisir que la communication soit unilatérale (je transmets mon message et les gens le lisent) ou multi-latérale (où il y a un échange d’information).

Autisme Infantile, Madame Roussy, c’est un endroit où tous les points de vue sont les bienvenus, et où on a envie de discuter, d’échanger, même entre partisans de méthodes opposés. Nous encourageons les parents à venir s’y exprimer, certes, mais nous offrons le même espace de discussion à tous les professionels de la santé. Bien entendu, cela ne signifie pas que nous devions acquiescer bêtement à tout ce qu’on nous dit.

J’aurais le choix, avec cet article, d’attendre votre bon vouloir pour le publier sur votre site, titre accrocheur en sus, ou bien je peux faire comme je le fais maintenant, le publier chez moi et envoyer un lien dans vos commentaires. Comme l’a fait Monsieur Aldo Naouri ici,  et comme vous vous êtes, vous aussi Madame Roussy, permise de le faire ici et .

Eh oui, comme vous le voyez, nous ne sommes pas une machine à censurer. Monsieur Aldo Naouri pourrait tout à fait venir discuter et s’exprimer dans nos commentaires, ce qu’il a choisi de ne pas faire. Et vous le savez très bien, puisque vous venez de nous abreuver de votre condescendance et de vos insultes.

Tiens, voilà du Bouddha, voilà du Bouddha!

Enfin, Madame Roussy, je vous recommande de suivre les enseignements de Bouddha que vous nous avez si fièrement mis sous le nez:

  • Soyez ouverte d’esprit, ne restez pas attachée à vos opinions et acceptez d’entendre la voix des parents maltraités, des enfants autistes négligés. On n’est pas en train de se plaindre dans le vide, il y a du vrai dans nos témoignages.
  • La communication n’est pas à sens unique. Nous vous avons dit, à maintes et maintes reprises, sur ce site et sur divers autres sur le net, pourquoi nous souffrons de la psychanalyse. Quel est votre point de défense? Quel est votre intérêt là-dedans? Le notre est clair comme de l’eau de roche (même si nous ne sommes que des cochons).
  • Les paroles justes, nous les disons. Je suis la première à dire que le pédopsychiatre qui suit mes enfants est une perle, qu’il m’est utile à moi et à mes enfants. Les paroles aimantes, nous les donnons: à nos familles, à ceux qui nous aiment et nous respectent en retour. Mais le respect et l’amour sont des vertues qui fonctionnement mal à sens unique, et on ne peut parler avec amour de quelqu’un qui nous rabaisse, nous culpabilise et nous maltraite. C’est pour ça, Madame Roussy, que nous ne pouvons pas vous aimer.

Pour toutes ces choses-là, Madame Roussy, je vous en prie, soyez bien prudente quand vous reviendrez hanter Autisme Infantile. Car, à la moindre remarque désobligeante de votre part, à la moindre insulte, au moindre manquement, je ne manquerai pas de m’assurer que vous n’y remettrez plus les pieds.

Ça serait, somme toute, bien triste, vous ne trouvez pas?