Nous sommes un certain nombre ici et ailleurs à avoir écrit au directeur de l’Université de Paris 7 pour lui exprimer notre vive indignation face au DU Autisme que propose son université.
Même si les associations nationales sont restées muettes à ce sujet, les réseaux de parents, l’échange de liens de blogs, la force des plateformes internet ont joué leur rôle et c’est aujourd’hui plus de 30 lettres par jour qu’il reçoit à ce sujet.
Cette action a été suffisamment vive pour que s’organise, dans le camp adverse, une riposte, qui se veut vigoureuse puisque ces chers psychanalysants, dont la sagacité n’a d’égale que l’étendue de leurs connaissances en matière d’autisme, croient voir en notre action spontanée une attaque de Lea pour Samy, leur « bête noire ».
Je ne vais pas reproduire ici in extenso le mail qui a été diffusé à cet effet, même si certains passages larmoyants à la gloire de Chantal Lheureux sont particulièrement savoureux, je vais m’en tenir à une phrase, une seule, qui en quelques mots définit, à mon sens très exactement ce qu’est l’approche psychanalytique de l’autisme, et en quelle estime elle tient l’implication des parents dans l’éducation de leurs enfants. Je cite donc:
(…) Son mode d’action est bétonné: des contacts en haut lieu, au ministère de la santé, et une avalanche de lettres de parents douloureusement déboussolés qui, très militants, croient trouver ainsi un moyen « d’agir » contre l’autisme (…)
Alors, Madame Ferrari, je vais être très claire:
Je ne suis pas une mère déboussolée. C’est votre boussole, Madame, qui ne tourne pas rond. Ma boussole est orientée vers le Nord, un Nord qui indique la direction que suivent tous les experts internationaux de l’autisme, un Nord que le document de cadrage des prises en charge de l’autisme de la Haute Autorité de la Santé a plutôt bien développé, un Nord duquel seule la France des prises en charge psychodynamiques et psychanalytiques se détourne sans vergogne.
Oui, Madame, je suis très militante, et je le serai tant qu’il restera dans ce pays des ateliers pataugeoire à la Anne-Marie Latour, ou des théories fumeuses sur le rôle de la lecture du conte des Trois Petits Cochons dans l’émission de gaz au sein d’un groupe d’enfants autistes. Je le serai tant qu’un pédopsychiatre pourra parler de complexe de Peter Pan à des parents qui viennent rechercher des solutions pour éduquer leur enfant autiste. Je serai militante jusqu’au bout pour que les parents français aient le choix de la prise en charge de leur enfant, et puissent si tel est leur bon vouloir avoir accès à l’ABA, à TEACCH, au PECS, parce que ce sont des prises en charge éducatives et comportementales unanimement reconnues, et qui – elles – évoluent et ne sont pas figées depuis 50 ans dans l’inefficacité et les masturbations intellectuelles autour de l’encapsulage volontaire, de l’émergence du désir et autres fumisteries.
Je serai militante, Madame, parce que je ne comprends pas comment on peut laisser des parents se demander – seuls – si leur enfant autiste non verbal pré-adolescent pourrait bénéficier d’une prise en charge orthophonique. Je serai toujours militante, Madame, lorsque je lirai une maman qui pleure chaque soir de savoir son fils de 10 ans enfermé dans un IME, gavé de neuroleptiques (pas moins de 4 différents), avec comme cerise sur le gâteau un anxiolytique pour prendre le taxi qui le ramène en fin de semaine à la maison. Je suis et resterai militante tant que je verrai ce que j’ai vu de la brillante réussite des prises en charge à la française, que ce soit dans le film de Sandrine Bonnaire, ou récemment sur une chaine de télévision.
Je ne cherche pas à agir contre l’autisme, Madame, je cherche à éduquer mon fils autiste, comme je le fais avec mon fils neurotypique, c’est-à-dire en l’aidant à surmonter ses faiblesses, et à s’appuyer sur ses forces. L’autisme n’est pas une tare, Madame. J’apprend à mon fils à faire avec l’autisme, positivement, parmi nous tous neurotypiques, en lui faisant comprendre comment nous fonctionnons, afin qu’il puisse exprimer sa singularité confortablement sans, sans cesse, se demander quelles sont les règles qui nous régissent, comment discriminer chaque élément de son environnement.
Enfin, Madame, je ne suis pas dans la douleur. Je suis dans l’action, dans l’engagement, dans la relation, dans l’affection, dans la confiance, dans l’optimisme et l’émerveillement, avec mon fils, mon mari et mon fils aîné. Nous pouvons l’être, car notre Stanislas a la chance unique, et malheureusement trop rare, d’avoir une prise en charge éducative et comportementale, une scolarité « normale » avec une équipe pédagogique sensationnelle, un suivi orthophonique et psychomoteur en libéral, bref, tout ce qui faut pour en faire un gosse heureux de vivre, qui s’épanouit totalement, et qui, nous en sommes désormais certains, trouvera sa route. Si toutes les familles qui le souhaitent pouvaient avoir accès à la même prise en charge, le parcours serait moins rude.
C’est pour toutes ces raisons Madame, que je dénonce ce DU, parce que j’en ai gros sur le cœur de voir des familles qui attendent sur le bord de la route qu’un professionnel valable les aide, et que pendant que des jeunes psy seront dé-formés à Paris 7, l’argent public ne sera pas consacré à créer un DU orienté vers les approches comportementales et éducatives.

Pfffff ^^
je partage complètement !!! merci et en espérant que nos lettres sauront retenir l’attention des décisionnaires du type de prise en charge !!…nous les parents, méritons que la loi soit appliquée !!
J’ai eu l’occasion de lire la lettre de réponse en entier… et elle est aussi stupide que le contenu du DU…
béatrice tu assures trop!!!!quand à l’autre j’éviterai de dire ce que j’en pense!!!
Tout est dit !Bravo Béatrice!
Bonjour, Je voulais simplement dire , et je je vais certainement me faire des ennemis Que je ne comprends pas pourquoi cette intolérance envers ce DU, qui semble d’après ma fille qui fait ces études d’éducateur spécialisé, qui suit en parallèle la fac de psycho à St Denis et qui est en stage dans une école expérimentale ABA , elle trouve que ce Du est une chance pour tout ces enfants autistes français grâce a celui bientôt sera fini les hôpitaux de jour les ime.., toutes ces structures actuelles qui ne sont pas adaptées pour nos enfants.
ce DU est pour les méthodes ABA puisque bcp d’élèves de ce DU y sont en stage ABA et teech enfin si vous pouviez me dire ce qu’il vous contrarie dans ce Du …
Fanfab, je ense que vous n’avez pas lu le progamme de ce DU,je vous invite à le faire.
C que vous dites est absolumentfaux, le conte,u de ce DUest parle de tut sauf des approches comportementales, et je doute fort qu’un educ ABA ou TEACCH puisse intellectuellement supporter ce DU.A mon avis, vous confondez avec un autre DU…
BRAVOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOO
Bravo ! Ta facon d’ecrire est remarquable !
A propos de la prise en charge orthophonique.
L’autisme est au départ un handicap de la communication.
Toute prise en charge de l’autisme n’installant pas un moyen de communication alternatif à la communication verbale doit être déclarée clairement comme maltraitance.
Sans mise en place d’un moyen de communication alternatif, le handicap de communication conduit les enfants avec autisme à développer des stratégies pour communiquer qui sont appelées Troubles de Comportements ou Comportements-Problèmes dans une version soft pour ne pas préciser que c’est l’environnement qui est en fait cause des Troubles du Comportement faute d’ avoir mis en place de manière précoce une communication alternative avec un minimum de qualité.
Il faut demander l’arrêt de la maltraitance et donc le controle de la qualité des prises en charge et la vérification de la qualité des mises en places de moyens de communications alternatifs.
La non mise en place d’une moyen de communication alternatif est une entrave au développement cognitifs des enfants qui se traduit à terme par un handicap généré plus lourd que le handicap original.
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voila c’est dis et avec le complément de laur c’est excellent ; ) ce sont évidement les dogmes inhérent a certaines écoles ou type de psychanalyse et leur monopole qui posent, créent ou entretiennent des problèmes aujourd’hui et ce depuis des années, c’est donc important de mettre le doigt dessus, mais la psychanalyse n’est heureusement pas un tout non plus, ce n’est qu’un outil en développement constant, potentiellement utile et a considérer, de fait comme cela aussi. un consensus est en train d’apparaitre sur une approche pluridisciplinaire de l’autisme, dans la recherche et dans les prises en charge inhérente aux troubles du spectre autistique cela s’en ressent déjà, c’est une avancé .
Très très très bel article Béatrice.
Moi aussi je serai militante jusqu’au bout pour combattre toutes ces » théories à 2 balles » qui brisent beaucoup de vies et parasitent (le mot est faible!) notre société.
cela se passe de commentaires ses écrits sont fait de mots avec lesquels on fait des ordures ;;je veux croire en l’intelligence des lecteurs de ce torchon (DU) qui je l’espère ôterons leurs oeillieres et se tournerons eux aussi vers le nord;; en tous cas, bravos la réponse a ces ignominies force l’admiration et au nom de tous les membres de l’association: je deduque corse: je vous dis merci!! et vous assure de notre soutien ::BRAVOS!!!
Fanfab,
En effet le problème de ce DU, c’est son intitulé particulièrement malhonnête: « DU Autisme », alors qu’il devrait s’appeler quelque chose comme « Traitement psychodynamique de l’autisme »
Le descriptif fait la part belle aux approches psychanalytiques, la plupart des intervenants sont clairement tenant d’une approche psychanalytique souvent incompatible avec une approche comportementale (« Abdiquer l’idée d’une progression », par exemple, c’est incompatible avec l’ABA… et pourtant le nom de l’auteur de cette formule figure bien parmi ceux des intervenants) et il n’y a pas d’intervenant s’affichant clairement pour une approche comportementale.
Bref, ce DU est une escroquerie intellectuelle puisqu’il ne tient pas sa promesse d’ouverture. A lire votre témoignage, on ne peut qu’être désolé de voir que des étudiants sont tombés dans le panneau.
Histoire de remettre les pendules à l’heure, voici un lien vers le programme du DU:
http://www.shc.univ-paris-diderot.fr/spip.php?article149
Comme ça, on est bien sûr de parler de la même chose.
Bravo et merci pour cet article qui reflète tout ce que nous pensons sans pouvoir toujours l’exprimer.
bravo beatrice bravo ,
j’ai un enfant autiste non verbale et je me bas seule pour qu’il n’aye pas en ime , mais soit pris en charge avec les methodes reconnues .
Et je ne comprend pas encore a ce jour que ses professionnels ne changent pas leur opinion , heureusement que nous parents , nous avons les pieds sur terre . Mais nous n’avons pas les moyens !!!