Charlie Hebdo has been?

Mère Cassandre répond à l’article de Antonio Fischetti paru dans Charlie Hebdo du 14 décembre 2011

Monsieur,

Décidément vous êtes le deuxième journaliste à qui je me sens le devoir de répondre, car dans votre article datant du 14 décembre 2011 concernant le procès intenté à Sophie Robert par trois psychanalystes de l’Ecole de la Cause Freudienne, vous énoncez des « propositions » tout à fait fantasques.

Je ne sais si c’est par un manque de temps ou un manque de courage, mais vos propositions sur le thème de « Je réconcilie tout le monde » sont pour le moins aberrantes.

Quand vous dites: « Pour autant, le dogmatisme de certains psys doit-il conduire à rejeter toute approche psychanalytique? », je me demande si nous parlons bien des mêmes « psys ». Ceux du documentaire? Ceux qui occupent les postes clés de la santé mentale en France?

Quand vous dites « psy », il serait bon de préciser si vous parler de « psychologues », « psychiatres », « psychanalystes » ou encore « psychiatres psychanalystes »… C’est totalement flou, les différences sont énormes, et les conséquences aussi.

Le « dogmatisme », Monsieur, n’est pas un terme qui appartient à la science et à la recherche, car celles-ci sont toujours en constante évolution et n’émettent que des hypothèses, qu’elles valident ou non par la suite, en fonction des résultats obtenus.

En conséquent, vous comprendrez aisément qu’une « troisième voie« , telle que vous la désignez comme « la neuro-psychanalyse« , est donc un non-sens, et votre idée de « réconcilier les deux grilles de lecture » concernant la prise en charge de l’autisme est parfaitement scandaleuse.

Le fait que les parents ne soient pas la cause du handicap de leur enfant et le fait de tenir compte des troubles cérébraux (encore que, il faudrait préciser de quels troubles cérébraux nous parlons) me paraît tout juste évident.

En revanche, considérer que la psychanalyse puisse être utile dans le cadre de la prise en charge d’un trouble tel que celui du spectre autistique est parfaitement insensé.

Qu’elle apporte du bien-être à des adultes consentants et demandeurs de ce type de thérapie est une chose bien différente, et nous ne sommes pas dans ce débat qu’on veut bien vous faire croire.

Nous ne faisons pas le procès de la psychanalyse dans l’absolu, et nous sommes encore moins dans une « guerre de tranchées. » Là n’est pas le sujet.

Le problème est bien plus grave, Monsieur Fischetti, et le seul moyen « d’ouvrir l’horizon » de nos enfants atteints de ce handicap est le suivant: diagnostics précoces posés par des thérapeutes reconnaissants la CIM10, et par conséquent prises en charges immédiates adaptées à chaque profil.

Voilà l’horizon pour lequel je me bats. Il me semble plus que légitime.