Peut-être le savez-vous ou pas, Nicolas a été diagnostiqué autiste infantile léger en juin 2009 à l’âge de 10 ans. Bien sûr, nous n’avions pas attendu le diagnostic pour mettre en place une prise en charge assez cohérente puisque mon fils a progressé.
Pendant des années, j’ai cherché à savoir et ensuite je m’étais habituée à ce trouble sans nom. À l’annonce de son handicap, le monde s’est écroulé. À part le fait d’avoir peaufiner sa prise en charge, je ne voyais pas l’intérêt réel de savoir. Je souffrais tellement. Au fil des jours, grâce notamment au blog et à la nouvelle psychologue, j’ai compris au fur et à mesure les comportements de Nicolas.
Longtemps, je me suis posée la question: est-ce que mon fils m’aime? C’est vrai, il n’y avait que lui et ses passions qui l’intéréssaient. Combien de fois je me suis dit : « c’est un fils unique, il est égoïste! ». Et combien de fois aussi j’ai dit à Nicolas en me fâchant: « tu ne penses qu’à toi! » Je pouvais être malade, j’avais l’impression qu’il s’en fichait et me posait vingt fois la même question pour savoir si on allait au parc.

Honte à moi! Mea culpa!
Ce matin, j’ai eu une crise de migraine qui s’est terminé dans les toilettes. Nicolas a voulu me soigner en m’embrassant la tête mais, inlassablement, il me répétait aussi son planning de la journée. Et bien, son manque d’empathie ne m’a pas dérangée. Je sais, je comprend maintenant. Au contraire, m’a dit la psychologue, il était tellement angoissé qu’il me répétait, répétait, répétait son planning. Preuve qu’il m’aime!
La citation « on ne choisit pas sa famille mais on choisit ses amis » prend toute sa dimension dans notre cercle familial. Mes parents et ma belle-mère sont là pour nous soutenir. En dehors, c’est un vrai désert affectif. Les frères et soeurs de mon mari et les miens se sont perdus dans la nature de la compassion et du soutien moral.
Nicolas est sur les starting-blocks. Dans un mois c’est Noël et mon fils a déjà tout prévu. Mardi 1er décembre, il fait le sapin avec papa, puis comme Nicolas dit: le 24, il y a l’apéro de Noël, le repas de Noël, le dessert de Noël. On fait dodo.

Dans le vocabulaire des judokas, HAJIME veut dire départ, bref c’est parti.
Tel Richard Dean Anderson dans la série MacGyver, Nicolas est capable de construire des choses avec des éléments hétéroclites trouvés un peu partout dans la maison. Son matériau préféré reste le scotch; il peut tout faire avec de l’adhésif alors je veille à ce qu’il ne soit pas en rupture de stock.