Une fois n’est pas coutume, je vais parler des super papas.
J’ai la chance infinie d’avoir pour mari un super papa, du genre à changer les couches sans râler et à donner le bain. Sans compter les multiples bagarres bien viriles qu’il organise sans rechigner avec ses trois fistons.
Et l’autisme dans tout ça? Et bien, j’y viens.
Quand Samuel est né, j’ai mis du temps avant de trouver mes marques avec lui. Je le sentais distant, et j’avais quelques difficultés à me sentir pleinement à l’aise. Par contre, mon mari est tout de suite tombé amoureux de son fils. Chose étonnante, Samuel a toujours soutenu le regard de son père, alors qu’avec moi il était fuyant. Il s’est tissé un lien très particulier entre lui et son père, un lien bien différent de celui que j’ai créé au bout de plusieurs mois.
Je ne saurais pas expliquer la nature de leur relation. Peut-être que, son père étant moins en attente de câlins, moins dans le contact physique, Samuel se sentait moins « agressé » et plus en confiance.
Alors oui, mon mari était mille fois plus affecté que moi à l’annonce du diagnostic, oui, il n’a pas fait de multiples recherches jusqu’au bout de la nuit pour trouver une prise en charge et n’a pas aidé plus que ça à l’élaboration du dossier MDPH. Mais il a toujours été présent, à chaque séance de psychomotricité, au diagnostic du CRA, et surtout auprès de Samuel tous les soirs pour l’endormir, le calmer lors de ses cauchemars, le nettoyer après ses nausées, le maintenir lors de ses crises, et surtout pour jouer, jouer, jouer avec lui et l’entrainer vers le monde.
Les super papas (et j’en ai rencontrés plusieurs, donc ce n’est pas une denrée si rare!) sont des hommes qui assument, qui aident, et qui poussent leur enfant vers le haut, d’une manière différente, avec une autre sensibilité, et je les trouve essentiels, bien que souvent oubliés.
C’est eux qui porteront à bout de bras leur enfant de huit ans et 30 kilos lorsqu’il voudra décrocher l’abat jour de la lampe. Eux qui passeront des heures à reprendre l’échange de ballons sous un soleil de plomb. Eux qui porteront sur leur dos le fiston, au risque de la sciatique, juste pour décrocher un sourire. Et eux qui utiliseront leur grosse voix pour rappeler à l’ordre le monstre quand les super mamans sont aphones!
Alors, un gros merci au super papas, et j’espère qu’ils continueront de s’impliquer quand les super mamans se mettront en grève après plusieurs années d’épuisement répétitif!
Samuel est non verbal. Enfin presque, parce qu’il arrive parfois à dire quelques mots, et parce que de toute façon il est très vocal (il chante toute la journée). Néanmoins, pour établir une forme de communication, et parce que nous n’avons pas encore l’aide d’une orthophoniste, nous nous sommes lancés dans la langue des signes.

