Le Mur: La psychanalyse à l’épreuve de l’autisme

Le Mur: La psychanalyse à l'épreuve de l'autismeJ’ai regardé, il y a quelques jours, le reportage publié par Autistes sans frontières: Le Mur.

Je m’attendais au pire – je n’ai pas été déçue.

Pendant une heure, cet excellent reportage fait parler des psychanalystes très connus, notamment les Pr. Delion ou Golse, grands pontes et chefs de service dans des grands hôpitaux de France.

Pendant une heure, j’ai entendu aberration après aberration, des centaines accusations à peine masquées – en particulier envers les mamans, à qui on reproche tout.

Nous les mamans, nous sommes des crocodiles, infanticides et incestueuses à la fois, castratrices envers les papas qui, eux, sont vu comme une force toute puissance qui doit écarter l’enfant de la mauvaise influence de sa mère – si on leur en laisse le loisir, bien évidemment.

Une psychanalyste, débattant de l’inceste, se permet moins de dire que l’inceste paternel envers sa fille n’est pas très très grave, que ça ne fait que rendre les filles « un peu débiles » mais qu’elles sont relativement fonctionnelles par la suite. L’inceste maternel, avec le fils, par contre, provoque de l’autisme.

Un autre psychanalyste admet somnoler régulièrement à côté des enfants autistes qu’il est sensé aider.

En parallèle, le reportage montre deux familles. Une d’entre elles a suivi les méthodes comportementales (PECS, TEACCH, ABA), et l’enfant a, certes, des problèmes, mais parle, va à l’école, est propre, social, bref, il vit bien son handicap. L’autre famille, une maman avec son fils adolescent, a été soumise aux conneries psychanalytiques antédiluviennes, et ce depuis des années. Le résultat: un adolescent qui ne parle pas, qui n’est pas propre sur lui, et qui reste à l’hôpital de jour la majeure partie de son temps.

Je vous propose de retrouver ce reportage ici, à voir et à revoir, pour bien comprendre pourquoi Autisme Infantile et les associations françaises se battent contre l’empire psychanalytique.

Le Mur: La psychanalyse à l’épreuve de l’autisme

Une longue enquête réalisée auprès d’une trentaine de pédopsychiatres-psychanalystes, dont quelques-uns parmi les plus grands spécialistes français de l’autisme, afin de démontrer par l’absurde – de la bouche même des psychanalystes – de l’inefficacité de la prise en charge psychanalytique de l’autisme.

Bonus

Nous vous proposons, afin de promouvoir ce reportage, d’en parler sur tous vos réseaux sociaux, en donnant le lien vers une page qui le diffuse, et en vous choisissant un avatar « crocodile » pour les mamans, et un avatar « stylo bic » pour les papas (vous comprendrez pourquoi si vous avez regardé le reportage).

Arnaud et moi, j’aimerais qu’on s’appelle par nos prénoms

Aujourd’hui, Stéphanie vous parle du livre Toi et moi, on s’appelle par nos prénoms par Marc Lavoine et Driss El Kesri, qu’elle a bien aimé. Je ne sais pas s’il précède le reportage ou pas, mais au final ce n’est pas important: personnellement, je n’ai pas (encore) lu le livre, mais j’ai pu visionner le reportage qui est passé à la télévision il y a quelques temps.

Lorsque Béatrice à écrit son article Comment expliquer aux people qu’ils se trompent de combat, une soirée débat avec l’équipe du Papotin, j’ai partagé à 100% ses opinions. Oui, avec une bonne prise en charge, de préférence précoce, qui sait si les membres du Papotin n’auraient pas eu une vie plus douce, plus riche, moins restrictives, empêgués comme ils sont dans leurs obsessions, stéréotypies, craintes, ou simplement drogués jusqu’au bout des ongles?

Contrairement à Béatrice, cependant, je n’ai pas détesté ce reportage. J’ai souffert de voir les limitations que le handicap, mal traité, mal aidé, ont imposé sur la vie de ces personnes si brillantes. Mais j’ai aussi admiré leur personnalité, leur intelligence, leur goût et leur curiosité, qui brille malgré leur handicap et leur vie qui n’a pas été facile.

Tout particulièrement, j’ai eu un gros coup de coeur pour Arnaud, obsédé par les voitures, qui se fait les mêmes scénarii dans sa tête que moi (oui, je sais, c’est bizarre, mais ça fait du bien au moral). Une bouffée de chaleur de voir comment ses parents souffrent de ne pas savoir comment il fera quand ils ne seront plus là.

Quand on sait la prise en charge nullissime, car uniquement psychanalysante, dans la plupart des structures d’Etat comme les hôpitaux de jour, on ne peut que rester admirative de la culture de ces personnes autistes, et je les ai trouvés particulièrement attachants.

Dans ce reportage, j’ai aussi beaucoup apprécié l’engagement de Marc Lavoine. J’aurais presque envie de prendre sa défense, même si clairement les people feraient mieux de militer pour une prise en charge correcte. Mais ces reporters du Papotin, selon moi, méritent aussi d’être encouragés, félicités, parce qu’ils ont fait contre leur mauvaise fortune (leur handicap) une poussée vers le ciel qui n’est dûe à personne d’autre qu’à eux-mêmes.

Arnaud, tu sais, j’espère qu’un jour mon fils saura trouver un moyen de montrer son intelligence comme tu as su le faire. Pour ce qui est de son autonomie, je ne m’inquiète pas: c’est moi qui vais me charger qu’il ait les équipes de soin les plus adaptées pour le tirer vers le haut au maximum.

Arnaud, merci à toi de m’avoir montré la beauté du cerveau d’une personne autiste. Comme Matthieu ne parle pas, j’ai du mal parfois à réaliser qu’il a une vie intérieure riche, car il ne nous laisse rentrer dans ses pensées que rarement.

Arnaud, je te souhaite le meilleur pour la suite, ainsi qu’à ton équipe du Papotin. Et si un jour on se rencontre, je serais fière qu’on s’appelle par nos prénoms.

Elle s’appelle Sabine

Elle s'appelle SabineCes jours-ci, j’ai rattrapé mon retard dans toutes ces émissions que je n’ai pas eu l’occasion de regarder à la télévision et dont je vous entends parler à longueur d’année.

J’ai regardé Autisme, l’espoir mais aussi Elle s’appelle Sabine, le film de Sandrine Bonnaire sur sa soeur autiste qui, après avoir passé cinq ans enfermée dans un hôpital psychiatrique, a subi un profond changement et une profonde régression.

Comment exprimer la fureur, l’angoisse, le désespoir que j’ai ressenti en regardant cette vidéo? Cette jeune femme, presque fonctionnelle malgré ses incompréhensions et bizarreries, qui devient une personne obsessive, légèrement violente, tremblottante, bavante, enfermée dans ses craintes et se mordant à chaque angoisse.

Matthieu semble avoir un radar pour détecter quand je regarde un film ou un reportage qui parle d’autisme, car il me rejoint toujours pour le voir. Sait-il? Veut-il en savoir plus? Difficile à dire, la communication ne passe pas. Je ne sais pas à quel point il a compris, il a juste six ans après tout, je ne sais pas à quel point il a pu être angoissé. Les larmes aux yeux, j’ai promis à Matthieu que je ne laisserais pas ça lui arriver, que je lutterai de toutes mes forces pour que ce qui est arrivé à Sabine ne lui arrive pas à lui.

Le pire des moments, pour moi, c’est à la fin, quand Sandrine lui montre le film de leurs vacances en Amérique. Une Sabine, jeune, pleine de joie et les yeux grands ouverts, curieuse, bien là. Sur le canapé, une Sabine plus âgée, la bouche ouverte, le regard presque vide, qui se met soudainement à pleurer en voyant ces images.

Qu’est-il passé dans sa tête à ce moment-là? Est-ce que je me fais des idées quand j’imagine qu’elle pleure sur ce qu’elle a été, et qu’elle n’est plus? Ou bien, pire à mon sens, cela n’a-t-il rien à voir? Le cerveau de Sabine est-il encore capable de faire la distinction? Cela m’a fortement fait penser à une lecture de quand j’étais plus jeune, Des fleurs pour Algernon, que je vous recommande.

Quelques jours plus tard, je n’arrive toujours pas à me débarrasser de la rage que j’éprouve en repensant à cette jeune fille et à son avenir – même différent – perdu. Faisons en sorte que ça n’arrive pas à nos enfants.

Elle s’appelle Sabine

De juin 2006 à février 2007, Sandrine Bonnaire a séjourné épisodiquement en Charente, à Montmoreau, pour tourner son premier long métrage: Elle s’appelle Sabine. Un documentaire qui témoigne de l’intérêt prononcé de la comédienne pour les questions sociales, où elle aborde la question de la prise en charge de l’autisme, et plus généralement des troubles mentaux.

Un portrait sensible de Sabine Bonnaire, autiste de 38 ans, réalisé par sa soeur la plus proche. Récit de son histoire à travers des archives personnelles, filmées par la comédienne sur une période de 25 ans, et témoignage de sa vie aujourd’hui dans une structure adaptée. Le documentaire évoque une personnalité attachante, dont le développement et les dons multiples ont été broyés par un système de prise en charge défaillant. Après un passage tragique de cinq longues années en hôpital psychiatrique, Sabine reprend goût à la vie même si ses capacités restent altérées – dans un foyer d’accueil en Charente. Démonstration par l’exemple de la pénurie de centres spécialisés et ses conséquences dramatiques. Au delà du sujet, Elle s’appelle Sabine est un vrai film cinématographique. Sensible, la réalisation est aussi originale dans sa forme.

Autisme, l’espoir

Autisme, l'espoirPassé il y a quelques temps à la télévision, le documentaire Autisme, l’espoir montre l’évolution d’un petit garçon, Aymeric, diagnostiqué autiste sévère lors de ses premières années, et qui a fait des progrès fulgurants grâce à la ténacité de ses parents ainsi que sa prise en charge de qualité.

J’ai retrouvé beaucoup de choses vraies et sincères dans ce témoignage: l’importance de mettre en place une prise en charge de qualité, l’importance de l’action des parents dans l’évolution et les progrès de leur enfant, la volonté d’avancer coûte que coûte qui nous anime et nous pousse toujours plus loin, l’angoisse de l’avenir pour nos enfants…

J’ai eu plusieurs fois les larmes aux yeux, en voyant les crises d’Aymeric quand il était tout petit, parce que Matthieu faisait exactement les mêmes. Les larmes aux yeux aussi pour cet adulte autiste Bac +12, parlant je ne sais plus combien de langues différentes, et qui parlait à mots couverts de son passé, de ses difficultés de socialisation, de sa peine.

Envie de pleurer à nouveau devant ces mamans, émues, qui exposent leurs sentiments, leurs peurs, mais aussi leur hargne de vivre pour que leur enfant ait ce qu’il y a de meilleur. Une boule dans la gorge aussi pour cet adulte autiste qui n’a pas été pris en charge comme il faut, et dont ses parents en viennent à souhaiter qu’il meure avant eux, par peur de le laisser seul, abandonné, dans une société qui ne tient pas compte de ses handicapés comme elle le devrait.

Je recommande ce reportage fantastique, parce qu’il touche droit au coeur, qu’il aborde concrètement tout ce qui fait notre vie quotidienne: nos victoires, petites et grandes, nos peines immenses à arracher le coeur, nos difficultés à trouver une écoute, une aide, un soutien, mais aussi parce que, même si le cas d’Aymeric est sans doute exceptionnel, même si la plupart de nos enfants n’arriveront jamais à son niveau, quelque part ce reportage nous apporte ce dont nous, parents, avons besoin pour continuer: l’espoir.

Autisme, l’espoir

Ce film retrace l’histoire d’une transformation: celle d’Aymeric, diagnostiqué autiste sévère à l’âge de 3 ans et qui, aujourd’hui, à 9 ans, est scolarisé en CE2. Au travers du portrait du petit garçon, dont on observe l’évolution spectaculaire grâce à cinq années d’archives filmées, la réalisatrice Natacha Calestrémé met en exergue les différentes thérapies comportementales, souvent encore méconnues, qui permettent aujourd’hui d’aider ces enfants à s’exprimer, à communiquer, à apprendre à lire et à écrire.

Reportage 100% Mag (M6) sur la scolarisation des enfants autistes

Alicia a eu la gentillesse de me faire passer le reportage de 100% Mag (M6) sur la scolarisation des enfants autistes, où sa famille a fait une apparition. Difficile, évidemment, de faire passer beaucoup d’informations dans un reportage de moins de dix minutes, mais il a le mérite au moins d’en parler, et de tenter de faire changer la vision de la société sur l’intégration des enfants autistes.

Alors que nous sommes tous en train d’en baver pour faire accepter nos enfants autistes à l’école, j’espère que ce reportage aura une influence sur les enseignants, en leur montrant qu’avec une bonne préparation et de la patience, la plupart de nos enfants peuvent être scolarisés avec les autres, ce qui leur permettra une meilleure intégration dans la société dans leur futur.

Vous pouvez retrouver Alicia et sa petite famille sur les sites suivants: Running for Pearl, Alicia for Pearl et dans la rubrique Témoignages d’Autisme Infantile.

Expression d’espoir

Ceci est un reportage qui m’a été transmis il y a quelques jours par e-mail. Acacio, un jeune adulte autiste, arrive dans un lieu de prise en charge adapté pour lui et ses pairs, au milieu d’une équipe qui le prend en charge et l’aide à vivre et s’épanouir. Une jolie histoire?

Non. Le parcours d’Acacio est horrible, il a passé des années enfermé dans une pièce, sans sanitaires, sans prise en charge, laissé à lui-même, et ce n’est que par le soutien de ses parents qu’il n’est pas mort de malnutrition ou de manque de soins.

Comment est-il possible qu’en France on puisse encore assister à ce genre d’horreurs?

Est-ce la norme de la prise en charge pour les adolescents et adultes autistes, ceux qui n’ont pas la chance d’être suffisamment de haut niveau ou d’avoir des parents pouvant les prendre en charge à la maison. Je ne jete pas la pierre aux parents: un enfant autiste non pris en charge par une équipe compétente doit certainement être très difficile à gérer, une fois arrivé à l’âge adulte.

C’est pourquoi il est essentiel que nos enfants autistes bénéficient d’une prise en charge adaptée, parce que les lieux comme celui où Acacio a été retenu si longtemps ne sont que des mouroirs à autistes, où on les parque et on les drogue de manière à ce qu’ils ne soient plus un poids.

Expression d'espoir (Romain Carciofo)

Comme me le faisait noter Lise dans son mail, c’est le problème des autistes averbaux: on pratique tout et n’importe quoi sur eux, car ils ne peuvent pas s’en plaindre. Avec l’âge, ça devient de pire en pire, la « prise en charge » en hôpital de jour d’Acacio est purement et simplement de la maltraitance.

Il faut absolument que nos enfants soient reçus dans des lieux adaptés, avec des professionnels qui leur apprennent à devenir autonome et à communiquer, afin qu’ils ne vivent jamais les horreurs qu’Acacio a dû subir pendant plusieurs années.

Quel avenir pour les autistes? Êtes-vous inquiets à ce propos? Que faites-vous pour éviter qu’ils ne finissent comme Acacio? Échangez dans les commentaires.