Discriminer des consignes pour sélectionner un item ABLLS-R C31

Vous vous en êtes rendu compte, votre enfant se mélange les pinceaux lorsqu’il s’agit de répondre à une consigne simple. « Montre », « donne », « pousse », « touche », « prends », pour lui c’est du pareil au même. Il jette un coup d’œil inquiet dans votre direction, et au hasard pousse sur la chose que vous désignez. Votre enfant ne comprend pas quelle réponse motrice il doit apporter à votre consigne.

Le but du programme va donc être de parvenir à ce que votre enfant sélectionne une chose en lui indiquant la manière de la sélectionner (la montrer, la donner, la toucher, la prendre, la pousser). Ce sera gagné lorsqu’il pourra sélectionner seul, et dans les trois secondes qui suivent, la consigne, en respectant la réponse motrice attendue.

Si la réponse à la consigne est guidée (que vous avez besoin de faire la réponse motrice avec votre enfant) ou corrigée, on côte 0. Si la réponse à la consigne est correcte, et sans guidance, on côte 1. Une session est composée de cinq essais. On passe les étapes au bout de trois sessions à 80% de réussite.

La ligne de base, c’est-à-dire la situation de départ, se réalisera de la manière suivante:

Au cours de situations de bureau, vous présentez divers items connus à l’enfant et lui demandez de sélectionner un des items en indiquant la manière de le sélectionner. Vous relèverez le pourcentage de réponses correctes, c’est-à-dire les items sélectionnés conformément à la consigne (exemple: « touche la voiture »). Au cours de la ligne de base, les quatre consignes (montre, donne, touche, prend, pousse) seront présentées de manière aléatoire. Vous ferez attention à ne pas renforcer le comportement de votre enfant s’il émet la bonne réponse, et de ne pas le guider en cas de réponse fausse ou en l’absence de réponse. L’idée est de vraiment savoir où en est l’enfant avant de commencer. La ligne de base est prête lorsque vous avez trois sessions consécutives avec des pourcentages de réussite stables.

Au boulot! Installez-vous au bureau et présentez divers items connus (objets et/ou images). Demandez à votre enfant de sélectionner un des objets en indiquant l’action motrice, selon l’étape du programme.

En début d’apprentissage, vous poserez la consigne et vous apportez une guidance physique immédiate à votre enfant pour qu’il sélectionne l’item en respectant la consigne. Vous renforcerez son comportement avec l’obtention de renforçateurs tangibles (petit jouet apprécié, friandise) accompagné de renforçateurs sociaux (félicitations, chatouilles). Petit à petit, vous estomperez la guidance ou laisserez un délai avant de guider, pour permettre à votre enfant de répondre seul.

Dès que l’enfant est capable de répondre seul, vous renforcez la réussite. Reposez la consigne et guidez la réponse en cas d’erreur.

Pour grimper haut, il faut ménager sa monture. Les cinq consignes seront donc introduites progressivement. La première étape: « montre », la deuxième: « montre » et « donne » de manière aléatoire, et ainsi de suite.

Estomper le renforcement, cela signifie que lorsque les critères de succès sont atteints, on renforce une bonne réponse sur 2 puis sur 3.

Bien sûr, on généralise à fond, avec la grand-mère, la nounou, le frangin, papa, ou la bonne copine, et dans tous les environnements, par terre sur le tapis, à l’école, chez Mamie… avec une grande diversité d’items (vive les Playmobils et leurs petites pièces!).

Allez, en avant!

Améliorer les performances visuelles: compétence ABLLS-R B12

Savoir reproduire un modèle, savoir passer d’un modèle dessiné à une réalisation construite, savoir distinguer ce qui est nécessaire à la réalisation du modèle… ce sont des compétences clé pour l’acquisition future des habiletés académiques, tant au niveau du comportement attendu (respecter une consigne, être compliant, se concentrer sur une tâche) que de la réalisation motrice (discrimination visuelle et motricité fine tant utiles, pour l’écriture notamment, où les autistes connaissent souvent de vives difficultés).

Le programme utilisé sera un programme de façonnement dans lequel on va ajouter des difficultés, à chaque fois que le critère d’acquisition est atteint.

Matériel de base: les Legos blocs (pas les tout petits legos, ni les très gros).

Construisez différents modèles, avec deux Legos d’abord, puis avec trois, jusqu’à huit Legos. N’hésitez pas à en faire de très simples, de même couleur, même taille, empilés simplement l’un sur l’autre, mais aussi en décalages, avec et sans « structure » visuellement apparente. Photographiez-les et plastifiez-les car ils vont faire « usage ».

Demandez à l’enfant de reproduire la construction de la photo en lui donnant exactement les legos dont il a besoin pour le faire, sur la consigne « fais pareil », au cours de sesssions de 5 essais . Dès que vous avez 100% de réussite 5 sessions de suite, vous pouvez passer à l’étape suivante (modèles de 2, puis de 3 , jusqu’à 8 Legos).

Et on ne triche pas! Si on a besoin, d’expliquer, de guider au cours de la construction, de donner des stratégies, il faut compter l’essai comme étant échoué.

Ensuite on corse l’affaire en introduisant des distracteurs (pièces qui ne servent à rien pour reproduire le modèle). D’abord un, puis deux, etc. Je ne vous cache pas que ça peut prendre un peu de temps.

Nous en sommes à la 137ème session, et on voit le bout du tunnel, puisque Stan choisit lui même ses Legos dans la caisse pour réaliser des modèles de 8 Legos depuis la session 136, en faisant 100% de réussite aux essais. Nous n’avons donc peut-être plus que 4 sessions en vue – ouf!

Au début du programme, il ne regardait pas les modèles, faisait avec ce qui lui tombait sous la main, manquait beaucoup de compliance et envoyait tout balader au bout de deux essais ratés. Courage donc, Et n’oubliez pas de renforcer à chaque fois que le modèle est réussi!

Apprendre à regarder sur consigne: compétence ABLLS-R A9

Regarder sur consigne (« Regarde-moi ») est super important. À chaque fois que l’on veut attirer l’attention d’un enfant, on utilise automatiquement cette consigne, sauf que dans le cas d’un enfant autiste, elle reste le plus souvent sans réponse.

Le travail du regard est sans doute l’une des toutes premières compétences de l’ABLLS à travailler.Le programme adéquat est un programme de façonnement: l’enfant doit d’abord apprendre à maintenir le regard sur consigne une seconde, puis deux, etc. Puis on généralisera aux différentes situations d’apprentissage et interlocuteurs.

Le but du jeu est de renforcer systématiquement la réponse correcte à la consigne, au cours de sessions de 5 essais. On commence par une seconde de maintien, puis on augmente dès que le critère d’acquisition retenu (100% de réussite à 5 sessions consécutives) est atteint.

Le plus difficile est de trouver un bon agent de renforcement. J’en ai testé plusieurs avec succès:

  • Les bulles, bien sûr! (je fais la bulle lorsque la consigne est réalisée, au bout du temps de maintien de regard défini)
  • Les grimaces (je fais des grimaces à Stan, qui les guette sur mon visage et donc maintient bien le regard, mais c’est parce qu’il adore ça, que ça le fait rire aux éclats et le motive pour travailler l’imitation motrice – et donc la musculation du visage et de la bouche)

Donnez-nous vos idées de renforcement positif pour le travail du regard, partageons nos expériences!

Séquences de formes: matériel pour travailler la compétence ABLLS-R B13

La compétence B13 de l’ABLLS-R est celle qui permet de reproduire des séquences de formes. Elle peut se travailler avec des gommettes, des formes de bois – peu importe pourvu que la forme soit basique.

La consigne à donner à votre enfant est: « Fais pareil! ».

Vous pouvez télécharger un fichier au format PDF avec un gabarit de formes, et quelques exemples de suites.

N’hésitez pas à nous faire parvenir par e-mail à nathalie@autismeinfantile.com d’autres exemples, que nous incluerons dans cet articles pour que d’autres personnes puissent en bénéficier pour leurs propres enfants.

N’oubliez pas que les apprentissages se font plus facilement s’ils sont ludiques, alors essayez de faire ça comme un jeu avec votre enfant. À vos imprimantes, à vos ciseaux, et amusez-vous bien!

Associations, langage réceptif et performance visuelle: matériel pour travailler les compétences ABLLS-R C36 et B16

Voici une proposition de matériel ABA pour travailler les associations (regroupement d’items appartenant à une même famille, que l’on utilise pour accomplir une même tache, que l’on trouve au même endroit, etc.).

Ce travail permettra à votre enfant d’acquérir les compétences C36 et B16 de l’ABLLS-R (langage réceptif et performance visuelle).

Dans ce fichier, des regroupements d’items sur ces sujets:

  • le lit (le lit, la couette, l’oreiller)
  • le jardinage (le seau, le rateau, la pelle)
  • la salle de bains (la baignoire, le savon, le gel douche)
  • les toilettes (les toilettes, le papier toilette, la chasse d’eau)
  • l’élaboration d’un gateau (la farine, les oeufs, le moule)
  • le calendrier (trois sortes de calendriers différents)
  • la musique (la guitare, la batterie, le synthétiseur)
  • le vélo (le vélo, le casque, la selle)
  • le camping (la tente, la gourde, le sac à dos)
  • le ménage (le balai, la serpillère, le produit nettoyant)
  • l’ordinateur (l’ordinateur, le clavier, la souris)
  • les cheveux (la barrette, la brosse à cheveux, le sèche-cheveux)
  • la lessive (la machine à laver le linge, le panier à linge rempli, la lessive)
  • les chiffres (1, 2, 3)
  • la peinture (le pinceau, le rouleau, le pot de peinture)
  • le jeu de train (trois styles de jouets trains différents)
  • les poupées (le poupon, la Barbie, la maison de poupées)
  • la dînette (la dînette, la cuisine jouet, le plateau de fruits en bois à découper)
  • les formes (le triangle, le rond, l’étoile)
  • l’été (le chapeau, les lunettes, la crème solaire)
  • l’hiver (le bonnet, l’écharpe, les gants)
  • la piscine (la piscine municipale, le maillot de bain, les brassards)
  • les bijoux (le collier, le bracelet, la bague)

Vous n’avez plus qu’à télécharger le fichier au format PDF, découper les images, et plastifier le tout.

Le matériel ne demandant qu’à être enrichi et varié, surtout n’hésitez pas à apporter votre contribution en envoyant vos fichiers (de préférence au format PDF) à nathalie@autismeinfantile.com, et ils seront rajoutés au téléchargement dans cet article.

Apprendre ensemble: la guidance

Battlefield (photo: Ernst Vikne)

Il y a tout un  tas d’expressions barbares en ABA. Barbares parce qu’elles se réfèrent à des expressions anglaises, et qu’un peuple qui mange de la jelly et du fish and chips ne peut pas être totalement civilisé (je plaisante). Parmi ces expressions, la guidance est un concept essentiel de cette approche. Pour mieux le comprendre, il faut partir de la traduction du mot anglais: la guidance est une incitation.

Lorsque l’on souhaite voir un enfant réaliser un comportement, on va d’abord donner une instruction: « range tes Playmobils! » Cette instruction là, je la maîtrise bien.

Malheureusement, en début de programme, le mot « ranger  » n’évoquait pas grand chose à mon fils.

Je n’avais donc aucune chance de le voir adopter le comportement attendu en m’en tenant à une consigne, il en profitait pour rapidement utiliser un comportement d’échappement (ceux que, personnellement, je préfère, à base de crachats, agitation motrice et course dans les couloirs).

Pour obtenir le comportement cible, j’ai utilisé la guidance, les incitations. Il existe différentes formes d’incitations:

  • La guidance verbale: « Stan, prends le Playmobil rouge et mets-le dans la caisse. Prends le camion des pompiers et mets-le dans la caisse. » J’utilise des mots pour expliciter à Stan ce qu’il doit faire pour réaliser le comportement attendu.
  • La guidance gestuelle: en donnant la consigne à Stan, j’indique avec mon index le tas informe de Playmobils déchiquetés, puis j’indique la magnifique caisse rouge qui leur tend les bras. J’ai la douce espérance que Stan comprendra la relation entre les deux. Je donne des indices à l’enfant de ce que j’attends de lui.
  • La guidance imitative: après avoir donné la consigne, j’attaque la montagne de Playmobils par la face Est, je range moi-même, et avec un peu de chance, Stan va m’imiter.
  • La guidance physique: je me place derrière Stan, je prends sa main, j’y mets un Playmobil, je la dirige vers la caisse et nous y lâchons le pompier à la coupe au bol. J’engage physiquement mon fils dans la réalisation de la tâche, il touch and feel ce que je lui demande de faire. C’est un peu difficile quand, comme moi, on a un enfant qui use et abuse des colères en tentatives d’échappement, mais cela permet d’amener l’enfant à accomplir le comportement, et donc à le renforcer pour cela, et ainsi d’engager la dynamique positive.

Ça a l’air facile, comme ça… Mais en fait le plus compliqué n’est pas de guider, mais d’arrêter de guider: d’estomper la guidance afin que l’enfant, spontanément, puisse répondre par un comportement adapté à une consigne claire.

Pour être prêt à estomper correctement, l’idéal c’est de penser à la façon dont on va cesser la guidance dès que l’on écrit la procédure du programme, dès le départ. On va du plus intrusif , du plus puissant, au moins intrusif. En fait, le but du jeu est de faire en sorte que l’enfant n’ait plus jamais besoin de guidance à la fin du programme.

Le plus souvent, on commence par la guidance physique, puis imitation, puis gestuelle, puis verbale.

Mais attention, selon le comportement cible, le classement peut changer. Dans un chaînage, pour apprendre à s’habiller par exemple, il vaut mieux ne pas utiliser de guidance verbale, car l’enfant aura plus de mal à s’en passer pour réaliser le comportement en autonomie ensuite.

Bref, comme d’habitude en matière d’ABA, tout est affaire d’observation, d’adaptation et de dosage. Mais si ça peut vous rassurer, Stan est sans doute la personne la plus ordonnée de la maison aujourd’hui!

Apprendre à faire pipi dans les toilettes (3)

À chaque fois qu’une personne de mon entourage me dit de Stan: « oh, mais tous les enfants sont difficiles à un moment ou un autre, ce n’est pas plus compliqué avec un enfant autiste » , « yaka », « faukon », etc., je lui demande tout simplement si elle se souvient de la première fois où son enfant neurotypique a fait pipi dans les toilettes.

La réponse est souvent non.

Catching up on some reading (photo: abardwell)

Catching up on some reading (photo: abardwell)

D’ailleurs, moi non plus, je ne me souviens pas du tout du premier pipi d’Adrien, alors que je me souviendrai toute ma vie du premier pipi de Stan. Je pourrai même le raconter à sa femme et à ses enfants (parce que oui, il se mariera et aura beaucoup d’enfants, comme dans les contes de fées).

Nous avions mis en place la procédure suivante:

  1. On demande à Stan d’aller aux toilettes.  « On va aux toilettes ».
  2. Si Stanislas fait pipi, nous renforçons le comportement avec des renforçateurs et sociaux (félicitations – en fait, un petit chant de la joie familial tout à fait ridicule) et primaires (alimentaire, en l’occurrence la fameuse glace).
  3. Si Stanislas ne fait pas pipi, il n’a pas accès à ces mêmes renforçateurs.
  4. Si Stanislas urine en dehors des toilettes (dans sa culotte), on garde une attitude la plus neutre possible, on emmène Stanislas  aux toilettes et, même si il urine dans les toilettes, ne lui donne pas accès aux renforçateurs.

Et nous avons rajouté quelques colonnes dans notre grille d’observation:

  • Accident (oui, non), petite ou grosse quantité, pipi ou caca
  • Pipi dans les toilettes, petite ou grosse quantité, caca dans les toilettes, petite ou grosse quantité

(Bien sûr, le pipi caca fait dans la couche de sieste ou de nuit se traite comme un accident).

Le premier pipi a été dantesque. Et c’est le plus important, car c’est celui qui enclenche la machine du renforcement et donc de la motivation à faire pipi dans les toilettes. Il faut l’obtenir, ce pipi, pour que Stan expérimente la joie d’obtenir une glace et ait envie d’en obtenir une autre.

Alors on a un peu agi sur l’environnement pour y arriver: nous avons augmenté les apports hydriques, nous avons allongé le temps de passage sur les toilettes. Le temps a paru tellement long (il faut dire que nous étions dans les toilettes depuis une heure et vingt minutes) que Stan s’est fâché. En se fâchant, il a relâché ses sphincters, et miracle! Sous la pression des trois verres d’eau bus, le pipi tant attendu est arrivé. Et les chants de joie, et toute la famille réunie autour du Saint-Pipi, applaudissant, congratulant Stanislas, avec une glace, la merveilleuse glace chocolat tant espérée.

Stan avait senti le mouvement de ses muscles, avait expérimenté la joie de faire pipi, et a voulu renouveler l’expérience. Aujourd’hui, après deux mois de programme propreté, Stan commence à généraliser: il peut faire pipi à l’école (même procédure, avec renforçateur smarties), faire pipi chez ses grands parents avec et sans réhausseur, faire pipi avec papa, maman, grand frère, la baby-sitter, sa tata, bref, à peu près tout le monde.

Nous commençons à estomper tranquillement le renforcement glace en commençant à passer aux bonbons (parce que trois glaces par jour, c’est un peu excessif, et les glaces ce n’est pas simple à transporter), et au tirage de chasse (couvercle fermé car sinon l’autostimulation avec l’eau dans la cuvette guette). Le pipi dans les toilettes est une victoire.

Nous allons passer bientôt au programme suivant: demander à aller faire pipi tout seul.

Et vous, racontez-nous aussi ce premier pipi dans les toilettes tant espéré, pour donner du courage à tous les parents qui entament le programme propreté.

Apprentissage de la propreté: Petits conseils entre parents avertis

L’apprentissage de la propreté suppose une certaine logistique. Les accidents – de tous ordres – sont nombreux, et si vous ne voulez pas entamer votre belle énergie et votre motivation, ces quelques conseils pratiques vont sûrement vous aider.

Avant d’entamer le programme, faites un stock de culottes et de pantalons (pour les garçons), j’irais même jusqu’à vous conseiller de faire un stock de chaussettes, voire de chaussures. C’est incroyable finalement ce que la vessie d’un enfant peut contenir comme pipi, et comme l’idée est d’abandonner les couches même quand on est en extérieur. Je crois que vous l’aurez compris vous-même: votre enfant sera trempé un certain nombre de fois, et quand je dis trempé, c’est trempé (voire plus si affinités).

Prévoyez un bac ou l’enfant déposera lui- même ses vêtements souillés. Nous évitons de demander à Stan de les mettre dans l’eau du lavabo, car ce serait trop renforçant pour lui de souiller ses vêtements, et de s’autostimuler joyeusement en les lavant. Nous voudrions éviter de mettre en place une chaîne « je me souille, ce qui me permet de patouiller dans l’eau et de jouer avec le jet du robinet plusieurs fois par jour ».

Mettez dans la maison, à plusieurs endroits stratégiques, des changes complets: culotte, pantalon, chaussettes, pour éviter de devoir courir dans tous les sens quand il y a un accident.

Lorsqu’un accident survient, il faut rester totalement neutre, ne pas monter d’émotion, ni négative (genre « flûte, je vais encore avoir trois machines à faire »), ni compatissante (genre « pauvre chou, ce n’est pas grave, maman va réparer »). On reste de marbre. On demande à l’enfant de toucher son vêtement pour qu’il constate la sensation de mouillé, on en profite pour travailler le chaînage déshabillage/habillage et pour lui montrer comment se débarbouiller après un incident.

Lorsqu’un incident survient, on garde en tête que la propreté signifie que l’on devient grand. Or les grands ne sont pas changés sur une table à langer, ou couchés sur une serviette: les grands s’essuient eux-même, debout dans les toilettes, ou se mettent à quatre pattes par exemple, pour que maman les aide à s’essuyer. Je vous l’accorde, c’est moins pratique, mais ça donne du sens à ce que l’on est en train de faire: « tu es assez grand maintenant pour agir comme un petit garçon/une petite fille, tu n’es plus un bébé, donc nous te montrons les gestes qu’accomplissent les petits garçons/petites filles, nous ne traitons plus comme un bébé« .

Nous nous sommes longtemps posé la question du pot ou des toilettes pour Stan, nous avons finalement opté pour le passage direct aux toilettes sur réhausseur, dans la hantise que le pot ne devienne un outil sine qua non, et que nous ne devions ensuite passer par un programme de transition pot/toilettes. Je pense que le plus important est le confort, particulièrement pour les enfants qui ont aussi des problèmes d’hypersensibilité. Rester assis sur des toilettes ne doit pas devenir un problème sensoriel de plus. J’ai d’ailleurs lu que certaines mamans avaient équipé les sièges de toilettes de tissus tout doux, d’une couleur appréciée par leurs enfants.

Enfin, ayez toujours une serpillère sous la main (n’est-ce-pas, Nathalie?).

Et vous, quelles sont vos astuces? Partagez-les dans les commentaires.