On a découvert un matériel sympa, avec Matthieu, l’autre jour chez Faustine (sa psychomotricienne). Alors du coup on en a profité pour faire un petit film pour vous le faire partager, afin que vous voyez comment on peut l’utiliser.
Faustine fait travailler à Matthieu la force musculaire, la prise pouce-index, et la posture avec ces petits jeux avec la pâte de rééducation.
Votre enfant utilise-t-il ces pâtes de rééducation en psychomotricité? Comment les utilise-t-il? Avez-vous d’autres astuces? Partagez dans les commentaires de l’article.
Faustine fait travailler plusieurs compétences à Matthieu à chaque exercice, mais, ce jour-là, elle lui faisait travailler la planification. C’est la capacité d’anticiper un geste ou une action afin de les réaliser.
Dans ce cas-ci, il faut que Matthieu arrange les pièces de manière à compléter le château sans laisser de trous et sans dépasser hors des limites du château.
L’agencement spatial d’information nécessite un traitement secondaire adapté de l’information, qui est ce qu’on travaille afin d’avoir une bonne planification du geste. Ça requiert une manipulation mentale cognitive complexe, en l’absence de laquelle on peut reconnaître la présence d’un problème, si par exemple l’enfant n’est pas capable de reconstruire un modèle en 2D ou en 3D par l’intermédiaire du graphisme, de cubes, de puzzles, etc.
C’est une compétence qu’on travaille beaucoup dans le cadre de la prise en charge des troubles praxiques (qui concernent les maladresses, dans le cadre par exemple de l’habillage ou de l’utilisation d’outils, ou bien les dyspraxies visuo-constructives associées aux troubles de l’apprentissage).
Les fonctions cognitives instrumentales sont le langage, les praxies (c’est-à-dire les gestes orientés vers un but), le schéma corporel, les gnosies, les fonctions visuo-spatiales, le calcul. Les fonctions cognitives exécutives associées à l’attention exercent des fonctions de contrôle et permettent l’exécution d’action, de raisonnement, de planification, de résolution de problèmes, d’inhibition de réponses inadaptées, de stratégie, de prise de décision, de pensée abstraite, d’organisation et de réalisation des activités cognitives elles-mêmes.
Et vous, quels exercices faites-vous faire à votre enfant pour lui faire travailler la planification? Partagez dans les commentaires de l’article.
Avec le temps qui passe, et le fait que l’enfant acquiert de plus en plus de compétences, cela devient de plus en plus simple de travailler plusieurs choses à la fois.
Dans cette vidéo, on voit Matthieu commencer une nouvelle activité. Il a généralement un peu de mal à se concentrer sur une activité qu’il n’a jamais faite (ou juste une ou deux fois auparavant). De plus, comme l’explique Faustine à la fin de la vidéo, ce n’est pas vraiment un jeu de sa tranche d’âge, mais ça lui permet de travailler plusieurs choses:
le tour de rôle,
la retenue, en évitant de stéréotyper inlassablement sur le bouton,
la psychomotricité fine, en plaçant les figures sans faire tomber les précédentes,
l’exécution sous contrainte de temps,
les ordres oraux (compliance, compréhension),
l’espace 3D.
Faustine réussit à faire travailler toutes ces compétences à Matthieu en lui faisait travailler sa psychomotricité. Grâce à la communication parmi les intervenants de notre équipe, elle sait quels sont les points cruciaux à travailler avec Matthieu (par exemple, pas besoin de travailler les couleurs qu’il connait déjà, mais il a bien besoin de travailler la compréhension des ordres oraux).
Tout cela ne s’est pas fait en deux semaines, et il y a eu beaucoup de préparation pour en arriver là, mais il est possible de travailler de plus en plus de compétences pendant les séances. À la maison, nous continuons le travail sur la plupart de ce qui est requis.
Quels sont les jeux que vous faites faire à vos enfants ces temps-ci, et quelles compétences leur faites-vous travailler en même temps? Partagez dans les commentaires de l’article.
Avec Faustine, sa psychomotricienne, il travaille donc à nouveau la marche. Le but de l’exercice est de travailler le sensoriel sous les pieds et lui redonner l’habitude de marcher avec les talons au sol.
En même temps, Faustine est vigilante sur beaucoup d’autres détails:
elle l’empêche de se stimuler visuellement (en faisant passer les plots devant ses yeux de manière répétitive),
elle anticipe ses routines et l’empêche d’alterner plots rouges et plots bleus (on voit d’ailleurs que Matthieu est de plus en plus souple dans ce cas précis, puisqu’il enchaîne avec l’exercice sans broncher),
elle lui fait travailler ses demandes verbales,
elle travaille avec lui la précision (accrochage des plots entre eux) et le suivi des consignes.
C’est le genre d’exercice que vous pouvez très bien faire avec vos enfants à la maison, en plus du travail avec les intervenants.
Petit, il ne se passait pas un jour sans que Matthieu tombe plusieurs dizaines de fois. On le pensait turbulent et un peu « évaporé », mais depuis l’annonce de son handicap, nous savons que c’est dû à une des facettes de l’autisme.
Depuis que Matthieu a été pris en charge en psychomotricité, il a fait de nombreux progrès:
il tombe très peu, généralement quand il est fatigué,
Durant ses premières années de vie, Matthieu ne se gênait pas pour écraser tout ce qui passe: pieds, jouets durs ou mous, animaux, etc. Petit à petit, Faustine – sa psychomotricienne – lui a appris à regarder où il met les pieds, en le rappellant tout le temps à l’ordre, en lui rappellant qu’il ne faut pas marcher sur la pointe des pieds, et en organisant pour lui des parcours d’obstacles en séances de psychomotricité.
Vous pouvez, vous aussi, aider votre enfant à la maison, en laissant plein d’objets de consistences différentes étalés dans une même pièce, et en lui demandant de faire attention quand il traverse. Il faut attirer son attention sur les objets, l’aider à les enjamber, et lui dire non quand il marche sur l’un d’entre eux. Si votre enfant, la prochaine fois qu’il tombe, se retourne pour voir ce qui l’a fait tomber, c’est bon signe!
Comme Matthieu marchait souvent sur la pointe des pieds, et qu’il ne regardait pas où il mettait les pieds, Faustine, sa psychomotricienne, lui a confectionné des parcours d’obstacles de fortune en étalant des boîtes en carton assez basses dans toute la pièce. Elle initiait alors une activité qui lui plait (les bulles, par exemple), et le reprenait à chaque fois qu’il trébuchait en lui demandant de regardait où il mettait les pieds.
Maintenant, au lieu d’écraser tout ce qui est étalé dans la pièce, Matthieu fait plus attention où il marche, et il évite la plupart des obstacles. Cela lui évite de se prendre les pieds tout le temps dans les meubles, ou dans nos propres pieds, qu’il a cessé d’écraser à tout bout de champ.
Votre enfant regarde-t-il où il met les pieds? Comment l’y avez-vous aidé? Racontez-nous vos astuces dans les commentaires.
Matthieu m’a épatée l’autre jour en faisant une activité de psychomotricité avec Faustine.
Il fallait qu’il fasse rentrer des formes d’une même couleur dans un espace réduit, en deux dimensions.
Il fallait encastrer les formes les unes dans les autres pour qu’elles rentrent toutes dans le camion de déménagement.
Ceci est un pas de plus que le travail dont je parle dans l’article Travailler les formes et les couleurs, car il faut utiliser la logique pour que tout rentre convenablement, c’est-à-dire maîtriser l’espace et savoir s’adapter.
Matthieu a donc dû respecter les deux consignes à la fois: trier par couleur, et aménager les pièces du puzzle de manière à ce que tout rentre dans le cadre. Ça n’a pas été automatique, il a d’abord dû apprendre les couleurs, puis les formes, avant de pouvoir faire des activités qui contiennent ces deux consignes.
Alors, avant tout, je voulais vous mettre en garde par rapport à ce jouet, car sans surveillance il y a possibilité qu’un enfant autiste mette les billes aimantées à la bouche et les avale, ce qui peut le rendre très gravement malade. Donc, ces objets doivent toujours être utilisés sous très haute surveillance de votre part.
Matthieu a utilisé les jeux de construction aimantés avec Faustine, sa psychomotricienne, pour apprendre la minutie, la précision, et l’imitation. Elle lui a fait toucher comme les aimants s’attirent, ce qui lui a bien plu, et il a aussi compris que certains aimants se repoussent selon leur face.
Faustine a fait des formes et a demandé à Matthieu de les reproduire. C’était une nouvelle activité, qu’il est allé choisir de lui-même, et que nous nous sommes empressés d’adapter à son niveau, pour qu’il puisse en tirer un enseignement et faire progresser son habileté à manipuler les objets.
Voici quelques liens pour trouver ces jeux de construction:
Pour les plus grands, il existe aussi des modèles à construire, avec des voitures à monter ou des manèges à construire, par exemple.
Comme c’était la première fois que Matthieu travaillait avec ce matériel, Faustine lui a laissé un peu la liberté de le découvrir sans donner trop de contraintes, afin que Matthieu ne s’énerve pas trop vite et puisse se l’approprier un peu. Le but, par la suite, sera de reproduire des formes en deux dimensions, et pourquoi pas en trois dimensions aussi! Pour les plus doués, on peut aussi demander à respecter la couleur des bâtonnets par rapport au modèle, ou bien de reproduire la figure après avoir regardé le modèle une minute, le modèle caché pendant l’exercice, etc.
Avez-vous proposé ce genre d’exercice à votre enfant? Quels en sont les pour et les contres? Quels autres exercices que ceux que j’ai cité vous paraissent intéressant à faire avec ce matériel?