Hyperacousie

Céline BruntzCéline Bruntz, psychologue spécialisée en autisme, répond à vos questions sur la psychologie et l’autisme. Écrivez-lui à celine@autismeinfantile.com pour lui poser des questions plus spécifiques.

Christelle a contacté Céline parce que sa fille, qui a un frère autiste, semble avoir une hyperacousie, une condition qui donne une très grande sensibilité à certains bruits qui peuvent rendre la vie insupportable à ceux qui en souffrent.

Ma fille souffre de bruits tels que moto,voiture, avion, feux d’artifice… Elle se bouche sans cesse les oreilles comme si elle semblait en souffrir. À coté de cela, elle a peur des personnes en trop grand nombres, a des soucis de sociabilisation, elle est souvent triste et prend tout mal comme si elle se sentait agressée.

Je consulte mais rien de probant pour le moment. Je sais qu’elle n’est pas autiste car mon fils en souffre et j’en connais les troubles. Mais cela pourrait-il être de l’hyperacousie?
— Christelle

Comme vous le dites, les personnes qui souffrent d’hyperacousie comme votre fille souffrent des bruits. En effet, l’hyperacousie se caractérise par une diminution du seuil de tolérance aux bruits d’intensité normale. C’est à dire que des bruits simplement désagréables en temps normal deviennent insupportables pour la personne qui souffre de ce trouble.

Vous faites bien de l’emmener consulter et je pense qu’il ne faut pas vous décourager car ça peut prendre du temps. Je ne vais pas m’avancer plus car ce n’est pas mon domaine de compétences mais je vous recommande d’en parler avec votre médecin. Vous pouvez aussi vous référer au site Conseils ORL. C’est un site où des médecins ORL donnent des explications sur l’hyperacousie et le traitement de ce trouble.

Confrontations et provocations dans la famille

Céline BruntzCéline Bruntz, psychologue spécialisée en autisme, répond à vos questions sur la psychologie et l’autisme. Écrivez-lui à celine@autismeinfantile.com pour lui poser des questions plus spécifiques.

Céline donne des pistes à explorer en cas de confrontations et de provocations au sein de la famille lorsqu’un des enfants est autiste.

Je suis grande sœur d’un jeune adulte autiste et d’un petit garçon. Mes interrogations ne concernent pas directement mon frère autiste mais mon second frère. Il est très calme à l’école, presque effacé, mais à la maison c’est une confrontation permanente avec mes parents et plus particulièrement ma mère.

J’ai longtemps attribué ses réactions à des caprices (enfant très entouré, un peu gâté…) mais en faisant quelques recherches sur Internet je suis tombée sur enquête canadienne expliquant que les frères et sœurs d’autiste sont plus « sensibles » à certains troubles du comportement (et notamment confrontation et provocation comme mon petit frère).

La situation m’inquiète quelque peu et la detresse de mes parents me brise le cœur. J’aimerai donc avoir votre avis sur la situation ou le nom d’un spécialiste à contacter le cas échéant.

Votre question est importante et je comprends que le comportement de votre petit frère à la maison vous inquiète, car c’est effectivement le signe d’un appel à l’aide. Les frères et soeurs d’un enfant autiste peuvent avoir besoin, comme dans le cas de votre petit frère, de parler avec un professionnel de leurs difficultés liées au handicap. Il est important quand le besoin se fait ressentir de consulter un psychologue ou un pédopsychiatre qui pourra aider l’enfant à verbaliser ses ressentis pour qu’il aille mieux. Selon le cas et en fonction de la demande, il sera proposé une thérapie individuelle ou la participation à des groupes de parole spécifiques aux frères et soeurs d’enfants handicapés.

Je recommande vivement aux personnes intéressées de lire l’article sur les frères et soeurs d’enfants autistes dont vous parlez qui est publié par le Réseau Canadien de Recherche d’Intervention sur l’Autisme. Je vous remercie pour cette information qui, je pense, pourra intéresser du monde, car il y a aussi plein d’autres informations enrichissantes sur ce site. Enfin, je conseille aussi la lecture du livre de Régine Scelles: Fratrie et Handicap: L’influence du handicap d’une personne sur les frères et soeurs.

L’hypersensibilité aux bruits et les troubles du sommeil sont-ils signe d’autisme?

Céline BruntzCéline Bruntz, psychologue spécialisée en autisme, répond à vos questions sur la psychologie et l’autisme. Écrivez-lui à celine@autismeinfantile.com pour lui poser des questions plus spécifiques.

Joane écrit à Céline pour lui demander si l’hypersensibilité aux bruits et les troubles de sa fille peuvent être signe d’autisme.

Je me permets de vous écrire afin d’avoir votre opinion sur le comportement de ma fille (2 ans ½). Elle a une peur bleue du bruit. Elle semble hypersensible à ceux-ci. Nous sommes allés à un anniversaire d’enfant dans une « récréathèque ». Il y avait arcade, musique, plein d’enfants criant… Ça a pris 20 minutes pour réussir à la sortir de sa torpeur. Elle était en petite boule par terre, les deux mains sur les oreilles. Elle craint les autos, tous les véhicules. Elle a une peur terrible du tonnerre. Enfin, tous les bruits forts, et même les sons moins forts comme l’eau qui coule dans les tuyaux .

Outre ce comportement, elle a des troubles du sommeil depuis qu’elle est née. Elle fait ses nuits depuis moins d’un mois. Les siestes en dehors de sa chambre sont quasi impossible. Bref, elle a toujours semblée insécure de ce côté, voire même trop hypersensible pour bien dormir « sur ses deux oreilles », comme on dit si bien.

Le langage se développe bien. Elle interagit bien avec nous. Ses jeux sont diversifiés. On la trouvait très méthodique plus jeune (du genre à redresser un jouet de travers ou à aligner par ordre certains jouets, etc.), mais ce comportement s’est atténué en vieillissant. Elle craint un peu les nouveaux visages, mais après 20 minutes elle se fond dans la foule. Elle va à la garderie. De ce côté, rien de particulier: elle s’adapte bien. Elle est la plus conciliante. À part le fait qu’elle n’y dort pas du tout, on ne me rapporte rien de particulier. Elle est du genre à rester à côté du groupe et à observer au lieu de jouer dans le groupe, mais mon fils était comme ça aussi. Plus timide. À part ça elle est très sociale, et aime aller vers les autres dans un contexte « rassurant », c’est-à-dire sans bruit, sans « sur-stimulation », sans « feux d’artifices » si on peut dire.

En résumé, peut-on parler d’autisme si les seuls comportements suspects seraient sa crainte du bruit et ses troubles du sommeil? Merci pour votre réponse

— Joane

Bonjour Joane,

Je vais vous répondre de manière générale car je me dois de vous préciser que pour établir le diagnostic de l’autisme, le professionnel doit rencontrer les parents et observer l’enfant pour établir un diagnostic.

Les élements de réponse que je peux vous apporter se basent sur les Recommandations sur le dépistage et le diagnostic de l’autisme et des troubles envahissants du développement définies par la Haute Autorité de Santé et la Fédération Française de Psychiatrie. Ce document est diffusé par les Centres Ressources Autisme (CRA).

Ce qu’il faut retenir, c’est qu’il existe des signes principaux d’alerte de l’autisme. Les signes majeurs qui ont une valeur d’alerte très importante chez l’enfant de moins de 3 ans, et qui doivent conduire à demander rapidement l’avis de spécialistes tels que les Centres Ressource Autisme, sont les suivants (adapté de Baird et Al. 2003):

  • Absence de babillage, de pointage ou d’autres gestes sociaux à 12 mois.
  • Absence de mots à 18 mois.
  • Absence d’association de mots ( non-écholaliques) à 24 mois.
  • Perte de langage ou de compétences sociales quelque soit l’âge.

Voilà ce que je peux vous en dire et j’espère que cette réponse vous permettra d’y voir plus clair.

Comment réagir face à un enfant violent envers lui-même?

Céline BruntzCéline Bruntz, psychologue spécialisée en autisme, répond à vos questions sur la psychologie et l’autisme. Écrivez-lui à celine@autismeinfantile.com pour lui poser des questions plus spécifiques.

Quand l’enfant est violent envers lui-même, il est nécessaire de le contenir doucement pour l’aider à se calmer en lui expliquant avec des mots simples.

Cette approche permet d’aider l’enfant à se protéger de sa propre violence. La musique douce et les massages sur le dos ou la tête peuvent l’aider aussi à s’apaiser.

Voir aussi: Violence et dangers (comment aider les enfants qui s’auto-mutilent, et/ou qui n’ont pas conscience des dangers qui les entourent)

Quel est l’intérêt de la psychologie dans le cadre d’une prise en charge?

Céline Bruntz, psychologue spécialisée en autisme, répond à vos questions sur la psychologie et l’autisme. Écrivez-lui à celine@autismeinfantile.com pour lui poser des questions plus spécifiques.

Céline BruntzJe considère que l’approche psychologique est intéressante à condition qu’elle soit centrée sur des aspects psycho-éducatifs.

L’objectif de la prise en charge psychologique de l’enfant autiste doit à mon sens s’axer sur l’ouverture à la relation et à la communication.

Ces axes de travail sont primordiaux pour faire évoluer l’enfant au niveau de son comportement et de ses capacités cognitives.

cognitif:
mot qui représente les grandes fonctions de l’esprit comme le langage, la mémoire, la perception, la décision, le mouvement, le raisonnement.

fonctions cognitives supérieures:
le raisonnement logique, le jugement moral, le jugement esthétique, etc.

Quels sont les points positifs et négatifs de la méthode ABA?

Céline BruntzCéline Bruntz, psychologue spécialisée en autisme, répond à vos questions sur la psychologie et l’autisme. Écrivez-lui à celine@autismeinfantile.com pour lui poser des questions plus spécifiques.

Je commencerai par les points positifs:

  • L’efficacité de la méthode ABA a été démontrée par des études scientifiques recensées par les Centres Ressources Autisme (CRA) qui prônent que cette méthode aide les enfants autistes à faire des progrès au niveau des apprentissages, de la communication et du langage.
  • Il a également été montré que ces progrès durent dans le temps.
  • Cette méthode est aussi intéressante car elle permet aux parents de stimuler leur enfant et d’établir une communication avec lui.
  • Si vous souhaitez aller plus loin, il existe des formations ABA destinées aux parents.

J’en viens aux points négatifs:

  • Cette méthode a ses limites car elle donne des résultats fluctuants en fonction du degré de déficience intellectuelle de l’enfant associé à l’autisme.
  • Cette méthode purement éducative peut amener à interpréter des comportements inadaptés de l’enfant comme volontaires tandis que c’est lié à l’autisme.
  • Il faut aussi être vigilant à ne pas être que dans un rapport d’apprentissage avec l’enfant, avec des renforçateurs comme c’est prévu dans cette méthode, mais être aussi dans un registre de jeu et d’ouverture relationnelle.
  • Il est vraiment important de tenir compte de la singularité de l’enfant en tant que sujet pour communiquer avec lui, et être à l’écoute de vos ressentis.

Faut-il mettre en place le PECS dans le cas d’un enfant autiste verbal?

Céline BruntzCéline Bruntz, psychologue spécialisée en autisme, répond à vos questions sur la psychologie et l’autisme. Écrivez-lui à celine@autismeinfantile.com pour lui poser des questions plus spécifiques.

C’est une question compliquée et j’ai eu au recours aux éclairages d’une collègue orthophoniste pour vous donner une réponse au plus juste. Cette question est intéressante car elle permet de faire le point sur ce qu’on entend par autiste verbal.

On peut différencier les enfants qui utilisent les mots en les répétant mais qui ne communiquent pas avec une autre personne, et les enfants autistes verbaux qui commencent à entrer dans le langage pour communiquer ou qui parlent. J’observe également cette même distinction chez les enfants autistes avec qui je travaille à l’IME.

Dans les deux cas, ma collègue conseille d’utiliser le PECS, car dans le premier cas ce code va aider les enfants à s’ouvrir à la communication et dans le deuxième cas cela peut les aider à affiner leur communication. Je suis aussi assez de cet avis car on s’est posé les mêmes questions à l’IME avec l’utilisation du langage des signes et des pictogrammes avec des enfants verbaux et ça n’a pas affecté leur communication verbale.

Cependant, il faut tenir compte de la singularité de l’enfant c’est pour cela qu’il est nécessaire de demander l’avis d’un professionnel (pédopsychiatre, orthophoniste) qui vous guidera dans l’utilisation du PECS avec votre enfant en cas de besoin.

Comment réduire les stéréotypies?

Céline Bruntz, psychologue spécialisée en autisme, répond à vos questions sur la psychologie et l’autisme. Écrivez-lui à celine@autismeinfantile.com pour lui poser des questions plus spécifiques.

Céline BruntzLes jeux visant l’échange peuvent aider l’enfant à sortir de ses stéréotypies.

On détourne l’attention de l’enfant pour l’aider à entrer en relation et par conséquent diminuer ses stéréotypies. Si on n’utilise pas de médiateurs, l’enfant reste souvent dans le repli.

Cependant, on sait que les stéréotypies ont une valeur rassurante pour l’enfant ce qui explique qu’on ne pourra pas les éliminer complètement.

Par contre, proposer à l’enfant des stimulations comme des jeux sur des séquences courtes mais répétées l’aident à ne plus avoir à un recours systématique aux stéréotypies.