J’ai envie de rebondir, ce matin, sur une partie de l’article d’Anne Idoux-Thivet, Des 5 compétences visuelles à la « mélodie de la parole », en passant par le « sixième sens » vestibulaire, sur son blog Écouter l’autisme.
« Le docteur nous a rapidement expliqué que la mélodie de la parole, la musicalité, n’était pas traitée dans la même partie du cerveau que les syllabes, par exemple.
D’où ma question : est-ce parce qu’en chantant beaucoup, nous avons sollicité une partie du cerveau de Matthieu qui fonctionnait plutôt mieux que son cerveau gauche, que nous l’avons aidé à accéder au langage verbal ? Je n’ai hélas pas pu poser la question à Eva Touaty. Mais elle a mentionné l’approche par « mélodithérapie » d’un orthophoniste, monsieur Van Eeckhout, aux travaux desquels j’aimerais avoir le temps de m’intéresser. »
- Anne Idoux-Thivet, Des 5 compétences visuelles à la « mélodie de la parole », en passant par le « sixième sens » vestibulaire
Benjamin, l’orthophoniste de Matthieu, m’avait dit un jour que je m’y prenais plutôt bien pour faire passer les messages à Matthieu:
- tout d’abord, en gardant présent à l’esprit qu’il faut utiliser des mots simples, faire passer les informations importantes clairement, au lieu de les noyer au milieu d’une longue phrase que mon fils n’entend tout simplement pas comme ayant un sens, mais plutôt étant un genre de bruit.
- ensuite, il m’avait dit que mon intonation et la musicalité de mes mots aident Matthieu à mieux me comprendre. C’est quelque chose que je fais inconsciemment, m’étant sans doute adaptée au fur et à mesure que je me suis rendue compte que Matthieu me comprenait mieux si j’ai la voix « chantante » plutôt que si je dis les choses platement.
J’avais été étonnée quand le pédopsychiatre de Matthieu m’avait demandé de lui apprendre une comptine, au début, lorsque nous avons commencé les séances. Je me demandais comment Matthieu allait pouvoir apprendre « Frère Jacques » alors qu’il n’était pas capable de dire un seul mot – et pourtant il a réussi!
Je crois que Matthieu ne met pas forcément de sens aux mots que nous disons, à part quelques uns, et qu’il déduit le contexte à partir de ces mots et de notre intonation. C’est peut-être aussi pour ça qu’il a du mal à les réutiliser par la suite. Contrairement à un enfant Asperger ou autiste de haut niveau, le langage se développe très très lentement chez Matthieu, malgré le fait que nous soyons tous sur son dos pour le faire parler. En effet, Matthieu parle rarement à part pour nous signifier ses besoins ou envies (« faire pipi », « bonbon », « gateau », « compote », « saucisse », et les mots « s’il te plait » et « merci », sans lesquels il sait qu’il n’obtient rien).
Je pense que les mamans apprennent d’instinct le meilleur moyen de communiquer avec leur enfant. La preuve, c’est toutes les mamans qui parlent « bébé » à leur nouveau né, instinctivement, car c’est le meilleur moyen de communiquer avec un nourrisson qui ne comprend pas les mots mais les intonations.
Matthieu a dépassé le stade où il ne comprenait rien, et je me rappelle que très tôt on se disait qu’il comprenait tout. Mais je pense maintenant que c’est plutôt certains mots qu’il arrive mieux à distinguer que d’autres, comme s’il avait entraîné son cerveau à reconnaître les mots « utiles » ou « agréables ». Par exemple, il réagit très bien à des mots comme « jouer », « sortir », « chaussures », « bain », etc.
Je pense que le travail de concert avec l’orthophoniste est très important pour le développement des enfants autistes. Qu’en pensez-vous? Comment ça marche avec vos enfants?



