Utiliser les pâtes de rééducation

Utiliser les pâtes de rééducation

On a découvert un matériel sympa, avec Matthieu, l’autre jour chez Faustine (sa psychomotricienne). Alors du coup on en a profité pour faire un petit film pour vous le faire partager, afin que vous voyez comment on peut l’utiliser.

Elle est disponible chez Wesco en plusieurs coloris, et semble avoir une densité différente selon la couleur. Faustine en a une rouge, moins résistante, et une verte, plus résistante.

Faustine fait travailler à Matthieu la force musculaire, la prise pouce-index, et la posture avec ces petits jeux avec la pâte de rééducation.

Votre enfant utilise-t-il ces pâtes de rééducation en psychomotricité? Comment les utilise-t-il? Avez-vous d’autres astuces? Partagez dans les commentaires de l’article.

Travailler la planification

Travailler la planification

Faustine fait travailler plusieurs compétences à Matthieu à chaque exercice, mais, ce jour-là, elle lui faisait travailler la planification. C’est la capacité d’anticiper un geste ou une action afin de les réaliser.

Dans ce cas-ci, il faut que Matthieu arrange les pièces de manière à compléter le château sans laisser de trous et sans dépasser hors des limites du château.

L’agencement spatial d’information nécessite un traitement secondaire adapté de l’information, qui est ce qu’on travaille afin d’avoir une bonne planification du geste. Ça requiert une manipulation mentale cognitive complexe, en l’absence de laquelle on peut reconnaître la présence d’un problème, si par exemple l’enfant n’est pas capable de reconstruire un modèle en 2D ou en 3D par l’intermédiaire du graphisme, de cubes, de puzzles, etc.

C’est une compétence qu’on travaille beaucoup dans le cadre de la prise en charge des troubles praxiques (qui concernent les maladresses, dans le cadre par exemple de l’habillage ou de l’utilisation d’outils, ou bien les dyspraxies visuo-constructives associées aux troubles de l’apprentissage).

Les fonctions cognitives instrumentales sont le langage, les praxies (c’est-à-dire les gestes orientés vers un but), le schéma corporel, les gnosies, les fonctions visuo-spatiales, le calcul. Les fonctions cognitives exécutives associées à l’attention exercent des fonctions de contrôle et permettent l’exécution d’action, de raisonnement, de planification, de résolution de problèmes, d’inhibition de réponses inadaptées, de stratégie, de prise de décision, de pensée abstraite, d’organisation et de réalisation des activités cognitives elles-mêmes.

Et vous, quels exercices faites-vous faire à votre enfant pour lui faire travailler la planification? Partagez dans les commentaires de l’article.

La fricassée autistique et laxative des Galápagos

Chères et mères,

Au sein de l’oeuvre éternelle merveilleuse de la soeur froncée du grand Anus, qui rayonne toujours avec autant de splendeur sur la plupart de nos temples autistiques, nous avons jusqu’à présent exploré ses travaux concernant l’autisme primaire.

Celui-ci peut être considéré comme normal jusqu’au moment où le petit d’Homme, guidé par sa mère, parvient à donner une consistance « suffisamment bonne » à ses excréments.

Dans le cas contraire, l’autisme primaire devient anormal. L’absence de moulage défécatoire finit par faire acte de parallélisme avec le psychisme du petit d’Homme qui entame irrémédiablement sa mutation en amibe: une structure flasque et non délimitable, car en constante trans-dé-formation, à l’image d’un inconscient qui ne saurait distinguer le soi du non soi.

Introduction

L’autisme secondaire à carapace (ASC), dont il sera question en ce jour délicieux, survient lors d’une prise de conscience douloureuse, celle d’un non soi terrifiant, un phénomène consécutif à la séparation symbolico-physico-obligatoire d’une mère dont nous reparlerons, évidemment…

Les enfants ASC semblent s’être soigneusement enveloppés eux-mêmes, afin d’affronter le traumatisme oral de la perte de l’unité originaire avec la mère.

1. Le pourquoi du comment

Livré à un monde extérieur abominable et apocalyptique, le petit d’Homme se voit dans l’obligation de se confectionner, en toute hâte, une carapace afin de s’en protéger. Ne bénéficiant guère de revenus suffisants pour obtenir un crédit et investir dans la pierre, dans le bois ou dans la paille (référez vous au Loup anal et aux trois petits cochons), notre « crustacé » post-amibien se voit dans l’obligation de bâtir avec la matière à disposition, à savoir et à nouveau: fécale.

Une prise de conscience trop brutale, trop soudaine, de la séparation d’avec la mère est vécue comme rupture de la continuité corporelle. Les convulsions de panique et de fureur que l’enfant manifeste à ces moments-là signifient que cette expérience est vécue comme une épuisement de la substance corporelle, sous forme d’explosion catastrophique. Le type de matériel fourni par David montre que la tentative de colmatage de la brèche – enduite de matières corporelles opaques – crée le délire d’une barrière impénétrable, dressée contre les stimuli. Cette dernière peut aller jusqu’à masquer complètement les objets extérieurs. Pour décrire cette situation, la psychanalyse a inventé le terme d’hallucination négative.

Je vous vois venir au galop, chères et mères, mais loin de nous l’idée de limiter l’âme humaine si complexe à une banale histoire de torchis. Ces édifices atteignent des niveaux de sophistication inouïs, tels de véritables cathédrales ou gratte-culs, pardon, gratte-ciels, qui nécessitent des heures d’entretien par jour, notamment en ce qui concerne le colmatage des fuites.

À vrai dire, plutôt que d’édifices, il s’agirait en réalité de « cuirassés », comme nous le rappelle volontiers la soeur froncée:

Animisme et autisme constituent deux démarches opposées dans l’esprit primitif. L’animiste consiste à attribuer une vie aux objets; l’autisme pathologique, lui, est un processus de mortification, qui vise à rendre les choses inexistantes, en les recouvrant de substance corporelle. Il réduit également les êtres vivants à l’état de choses inanimées.

Je n’ose guère vous relater avec précision l’état dans lequel ces petits crustacés laissent mon bureau à la fin d’une consultation: un vrai champ de bataille nauséabond…

2. Le comment du pourquoi

Intéressons-nous désormais à la genèse de telles apocalypses « sanitaires ». La mère insuffisamment bonne y joue un rôle tout à fait prépondéral, pour ne pas dire laxuriant, et surtout pendentif. Voici quelques facteurs déterminants selon la soeur froncée du grand Anus:

  • Prolongation anormale de l’autisme primaire, qui fait que, lorsque l’enfant prend soudain conscience de la séparation corporelle d’avec sa mère, c’est pour lui un choc auquel il n’est pas préparé.
  • Séparation géographique d’avec la mère, lorsque l’utilisation des Objets autistiques est à son point culminant.
  • Maladie physique pendant la petite enfance.
  • Troubles in utero et résonance à ce moment-là.
  • Immobilisation des membres dans la toute première enfance.
  • Sensibilité anormale d’un ou de plusieurs organes sensoriels.
  • Intelligence très élevée.
  • Réactions hypersensibles aux stimuli sensoriels.
  • Mauvaise tolérance de la frustration.
  • Dépression de la mère, ouverte ou dérivée.
  • Mère préoccupée ou insécurisée qui n’offre pas au nourrisson une protection adaptée.
  • Mère déprimée qui a du mal à apporter à son bébé toute l’attention et la stimulation dont il a besoin.
  • Mère non soutenue par le père, du fait de l’indifférence, de la passivité, de l’absence, de la maladie ou de la mort de ce dernier.
  • Mère dont la confiance est sapée par ses propres expériences infantiles: l’ingérence des parents, ou déménagements trop fréquents.
  • Le désir de perfection conduit la mère à « pousser » l’enfant à des activités qui ne sont pas à la mesure de ses capacités. L’enfant se retire pour échapper à cette poussée.
  • La mère est vécue comme Objet « engloutissant » (peut-être parce que les tendances de l’enfant à avaler ne se sont pas suffisamment modifiées du fait de toute une variété de facteurs). Cela peut devenir de l’ASR.
  • Mauvais traitements physiques de l’enfant (décrits par G.Strob), comme par exemple des lavements abusifs…

De manière générale, chères et mères, vous auriez dû, et devriez, rester simples, rester à votre place comme l’atteste notre soeur froncée:

Certains parents ont un sens trop développé de leur individualité, qui leur donne le sentiment d’être tout à fait distincts l’un de l’autre. Mari et femme mènent leur vie, chacun de leur coté, et n’ont d’ordinaire aucun contact approfondi entre eux ou avec leur progéniture, laquelle, de toute manière, menace leur mode de comportement, qu’ils ont établi avec soin et depuis longtemps, afin d’affronter le monde extérieur et leurs propres problèmes. C’est souvent le cas chez des parents qui exercent une profession libérale ou se consacrent avec ardeur à une activité créatrice. Ceux-ci ont l’esprit froid et clair et un sens trop aigu de leur propre individualité. Par conséquent, ils ont du mal à favoriser chez leurs enfants des expériences transitionnelles appropriées. Une mère plus simple, qui réagit spontanément au monde extérieur, en est davantage capable. Elle sait intuitivement quand elle peut laisser son bébé la parasiter, quand le réprimer et le reprendre en main, pour lui donner des repères par rapport aux autres et à elle-même. Grace à ce type de mère, l’enfant se trouve face à de nombreuses possibilités, si bien que ses sentiments et ses énergies ont plusieurs échappatoires.

3. Le comment du comment

Lorsqu’il s’agit d’aborder les perspectives d’entrevoir la possibilité d’envisager la mise en place d’une démarche thérapeutique en matière d’autisme secondaire à carapace, il convient de prendre les précautions nécessaire en ce qui concerne la protection individuelle: une combinaison intégrale en plastique transparent permettra au thérapeute d’envisager la concrétitude d’une mise en marche d’un processus d’acceptation globale et personnalisée, de prendre en compte la singularité du sujet, et de faire entrer le crustacé dans le bien nommé « cabinet ».

Nous ne saurions oublier que la fameuse carapace, outre son rôle de protection contre le terrifiant « non-moi », est aussi et surtout un cocon qui permet d’assurer la cohésion d’une personnalité intégrée trop tôt. Voilà pourquoi tout effort, stupide il en convient, pour rompre cette cuirasse trop tôt, ne peut qu’aboutir à une explosion de type grenade à fragmentation fécale, non sans un tir de barrage préalable. Nombreux sont les comportementalo-fachos à s’être purement et simplement conduits en kamikazes. Paix à leur âme, et à leur inconscient. Mais ces comportementalo-fachos parviennent, parfois, à rompre cette carapace plus délicatement, à profaner la cathédrale autistique, laissant entrevoir une personnalité embryonnaire et donc impropre à la vie. Essayez donc d’ouvrir un oeuf trop tôt, et vous verrez…

Voilà pourquoi, chères et mères, il est essentiel d’attendre l’émergence du désir du petit crustacé qui viendra spontanément fêler, puis déchirer, sa coquille, avant d’en sortir sous des acclamations neutres et bienveillantes d’un thérapeute satisfait de ce qu’il revendique en tant que devoir non accompli. Les nombreuses heures et années passées avant cette émergence glorieuse seront consacrées aux divines interprétations qui valent bien mieux qu’une méga-diarrhée explosive:

Le patient enfermé dans l’autisme secondaire a le sentiment, semble-t-il, que c’est l’écoulement de ses propres substances corporelles dans l’analyste (la mère) et autour d’elle qui fait exister celle-ci. Il a l’impression que ses substances corporelles se gonflent et que la privation s’amenuise. Il imagine que les mouvements de son corps ont un pouvoir de vie et de mort similaire. […] Il se sent obligé de faire marcher le monde.

Oui, donc, là, le petit d’Homme est passé de « mortifère » à « animiste », si je ne m’abuse, et si tant est que le fait de s’abuser soi-même n’est pas assimilable à un viol.

Un enfant psychotique, dans cette position, suce sa langue, fait des bulles ou des gargouillis dans la bouche, afin de sentir qu’un morceau vital de sa mère le réconforte et l’emplit. Cela tient en échec la crainte que les aliments vitaux ne s’épuisent définitivement, de façon traître et cruelle.

Laisser donc les autistes faire des bulles, comme pourrait le requérir de façon signifiante notre ami Laurent Danon « la bulle boit l’eau »!

La bouche se sexualise, tout comme les autres parties du corps, assimilées à la bouche: l’anus et les mains, par exemple. L’enfant, en proie à un délire, encercle les parties du corps maternel, comme si elles étaient des parties inanimées et phalliques de lui-même, par exemple: le mamelon, les mains, les cheveux, le collier de perles. Les parties de son corps se sexualisent également: ses doigts, ses cheveux, ses selles. Sa mère est utilisée à la façon d’un instrument, d’une extension maniable de ses propres organes, d’une sorte de fleur phallique qu’il porte à la boutonnière, pour se sentir « spécial » et « sous protection spéciale ». (Il a alors le sentiment qu’il doit être un phallus pour sa mère.)

Vous aurez sans doute perçu l’influence légendaire de la grande soeur Mélanie Klein dans cette dernière tirade, dont j’ai ôté volontairement les considérations concernant le rêve autistique d’un bol de lait crémeux dans lequel apparaît une touffe de poils pubiens masculins terrifiante = apparition sexuelle orale d’un père phallique, nom du père!

Conclusion

Pour conclure, rien ne vaut le témoignage d’un principal intéressé, à savoir d’un autiste traité à une époque ou les comportementalo-fachos n’avaient pas encore opté pour la solution finale d’éradication désintégrative des carapaces, à une époque ou nous pouvions aider les autistes à s’en accommoder, voire à les rentabiliser pour le bien de l’humanité.

Tortue GénialeAinsi, c’est en partie grâce à sa carapace que Tortue Géniale est devenu l’un des plus grand maîtres d’arts martiaux.

Ayant pris l’habitude de porter celle-ci à l’entraînement, il se sent bien plus léger et plus fort lors des combats durant lesquels il s’en sépare temporairement.

Il utilise également sa carapace comme une garçonnière pulvérisatrice de phéromones sexuelles, dans laquelle il peut attirer les plus belles jeunes filles malgré son âge avancé. Si Tortue Géniale est devenu immortel, c’est également grâce à sa carapace, dont la beauté a ébloui l’oiseau millénaire.

DonatelloLe sage Tortue Géniale nous transmet ces quelques mots:

Nous échangions naguère avec Donatello des Tortues Ninja au sujet du bienfondé et de la bienséance des carapaces autistiques.

Sans elles, nous ne serions rien, et nous n’aurions pu sauver l’humanité.

J’en appelle donc à ces chères et mères, et les encourage à entendre les sages paroles psychanalytiques sans lesquelles l’humanité est promise à un avenir au mieux sombre, au pire obscur.

Travailler plusieurs choses à la fois

Travailler plusieurs choses à la fois

Lorsqu’on débute le travail avec un enfant autiste, à moins d’être un professionnel ou suivi par l’un d’entre eux, il vaut mieux s’en tenir à travailler une compétence à la fois seulement. Surtout au début, quand on n’en est qu’aux prémisces de la prise en charge.

Avec le temps qui passe, et le fait que l’enfant acquiert de plus en plus de compétences, cela devient de plus en plus simple de travailler plusieurs choses à la fois.

Dans cette vidéo, on voit Matthieu commencer une nouvelle activité. Il a généralement un peu de mal à se concentrer sur une activité qu’il n’a jamais faite (ou juste une ou deux fois auparavant). De plus, comme l’explique Faustine à la fin de la vidéo, ce n’est pas vraiment un jeu de sa tranche d’âge, mais ça lui permet de travailler plusieurs choses:

  • le tour de rôle,
  • la retenue, en évitant de stéréotyper inlassablement sur le bouton,
  • la psychomotricité fine, en plaçant les figures sans faire tomber les précédentes,
  • l’exécution sous contrainte de temps,
  • les ordres oraux (compliance, compréhension),
  • l’espace 3D.

Faustine réussit à faire travailler toutes ces compétences à Matthieu en lui faisait travailler sa psychomotricité. Grâce à la communication parmi les intervenants de notre équipe, elle sait quels sont les points cruciaux à travailler avec Matthieu (par exemple, pas besoin de travailler les couleurs qu’il connait déjà, mais il a bien besoin de travailler la compréhension des ordres oraux).

Tout cela ne s’est pas fait en deux semaines, et il y a eu beaucoup de préparation pour en arriver là, mais il est possible de travailler de plus en plus de compétences pendant les séances. À la maison, nous continuons le travail sur la plupart de ce qui est requis.

Quels sont les jeux que vous faites faire à vos enfants ces temps-ci, et quelles compétences leur faites-vous travailler en même temps? Partagez dans les commentaires de l’article.

Le chant des Non-Psykktisans

Le chant des Non-Psykktisans

Hervé Bokobza, psychanalyste avant d’être psychiatre, fondateur du Collectif des 39,dont je vous laisse admirer la prose sur le Collectif des 39 contre la nuit sécuritaire, a publié dans l’Express un article profondément révoltant: Autisme: « Les psychanalystes vont entrer en résistance ».

Je n’entrerai pas dans les détails, cet article me donne envie de vomir.

Je dirais simplement à ce monsieur que c’est fantastique d’avoir un enfant autiste quand on peut l’éduquer et lui donner les clés comportementales pour se développer, différent parmis les autres.

Ce n’est pas l’horreur, certainement pas. L’horreur c’est de laisser, lorsque l’on est médecin psychiatre, des enfants sans prise en charge efficace de leur autisme, des familles croire que l’on est le docteur, celui qui sait, alors que l’on est un ignorant, incapable de remise en question, et qui ne prend pas la peine de se tenir au courant des approches, pourtant diverses, utilisées mondialement hors des frontières hexagonales. Par simple dogmatisme psychanalytique.

Monsieur Bokobza dit que nous ne sommes qu’une petite vingtaine de forcenés à passer notre vie sur internet pour contester la psychanalyse, mais engage malgré tout ses collègues à entrer en résistance (quelle bravoure!).

Nous voudrions par cet action d’une part le soutenir dans sa guerre contre les familles d’enfants autistes, mais aussi lui signifier que, systématiquement, une armée de crocobics se lèvera et dira son mécontentement dès lors que nous serons bafoués.

Nous ne défendons ni un dogme ni un bifsteack, nous défendons les vies de nos enfants, de leurs fratries, de nos familles. C’est pour cela que nous sommes invincibles.

Voici donc un chant de Résistants (les vrais, ceux-là), remis à la sauce autistique. Nous nous sommes bien amusés à le faire (comme quoi, nous ne vivons pas dans le Rocky Horror Picture Show).

Opération Autisme Infantile

Nous vous invitons à l’envoyer au Centre Psychologique où Monsieur Bokobza est médecin directeur, le Centre Psychologique de St Martin de Vigognoul, en passant par leur formulaire de contact que vous trouverez ici:

http://www.centrepsychotherapique.com/contactnf.htm

Nous vous invitons aussi à ajouter en commentaire ce lien sur l’article de l’Express ici:

http://www.lexpress.fr/actualite/societe/autisme-les-psychanalystes-vont-entrer-en-resistance_1094612.html

Enfin, les commentaires sont souvent fermés sur le blog Collectif des 39, mais j’en ai trouvé un ouvert ici (il faudra vous connecter pour laisser un commentaire en donnant un mot de passe et une adresse e-mail):

http://www.collectifpsychiatrie.fr/?p=3153&cpage=1#comment-3816

Bref, il y a de quoi s’amuser.

Pour les amateurs de karaoké, voici les paroles:

Le chant des Non-Psykktisans

Psykk, entends-tu la fin de ta profession qu’on piétine?
Psykk, entends-tu les cris de joie de nos gosses qu’on libère?
Ohé! Les parents, et tous les intervenants, c’est la fête.
Ce soir, les psykk sauront que c’est là l’heure de leur retraite.

Assaillez sans relâche de dossiers toutes les MDPH!
Insistez, exigez, que votre enfant à l’école ait sa place!
Ohé! Les orthos, plastifiez vite vos pictos, pour le PECS!
Ohé! Psykk, vraiment on s’en contrefiche si on vous vexe!

C’est nous qui ôtons les draps froids du packing sur nos gosses!
Les ateliers contes et la pataugeoire qui les cabossent!
Il est des pays où les enfants autistes sont intégrés!
Mais ici, eux vois-tu, ils sont enfermés, drogués, et brimés.

Ici les parents savent ce qu’ils veulent pour leurs gosses.
Psykk, toi qui tombes, on ne veut plus personne pour prendre ta place.
Demain, ABA, TEACCH et PECS seront légion, car on milite.
Foncez, les parents, le bonheur de vos enfants est en route.

Ami, entends-tu les cris rauques des psykk que l’on jette?
Ami, entends-tu les progrès de ton enfant qu’on éduque?

Et surtout, n’oubliez pas les paroles!

Travailler l’abandon de la marche sur la pointe des pieds

Travailler l'abandon de la marche sur la pointe des pieds

Matthieu, depuis quelques temps, s’est remis à marcher sur la pointe des pieds. Cela risque de lui poser des problèmes avec le temps qui passe, comme une hypertrophie des mollets ou un problème d’équilibre (sans compter que cela double avec son inattention, du coup il ne regarde pas forcément où il met les pieds et il peut lui arriver de tomber).

Avec Faustine, sa psychomotricienne, il travaille donc à nouveau la marche. Le but de l’exercice est de travailler le sensoriel sous les pieds et lui redonner l’habitude de marcher avec les talons au sol.

En même temps, Faustine est vigilante sur beaucoup d’autres détails:

  • elle l’empêche de se stimuler visuellement (en faisant passer les plots devant ses yeux de manière répétitive),
  • elle anticipe ses routines et l’empêche d’alterner plots rouges et plots bleus (on voit d’ailleurs que Matthieu est de plus en plus souple dans ce cas précis, puisqu’il enchaîne avec l’exercice sans broncher),
  • elle lui fait travailler ses demandes verbales,
  • elle travaille avec lui la précision (accrochage des plots entre eux) et le suivi des consignes.

C’est le genre d’exercice que vous pouvez très bien faire avec vos enfants à la maison, en plus du travail avec les intervenants.

L’amibiase intestinale et autistique

Chères et mères,

Dans le dernier épisode consacré à la soeur Froncée du Grand Anus (FGA), je vous présentais la phase d’autisme primaire normal que nous avons tous connu, et qui se caractérise par la difficulté à mouler comme il se doigt ses propres excréments.

Parfois, cette phase se prolonge, hélas, laissant transparaitre le tant redouté autisme primaire anormal (APA). Il s’agit d’une incapacité de l’enfant à se distinguer du monde extérieur, et notamment de la mère, comme le prouvent les observations attentives de la soeur FGA. Le petit psychotique se retrouve alors dans un monde où rien n’est différencié, qu’il s’agisse des sujets comme la mère ou des objets comme les déjections, dans un monde où tout se mélange au sein d’un cocktail apocalyptique, lui-même source de ce que je qualifiais jadis magnifiquement d’angoisse de la chasse d’eau (ACE).

Certes j’avais été mis sur la voie, ou plutôt dans les égouts, par les préoccupations scatofétatoires de Mélanie Klein, mais également par les fines analyses de Winnie-le-Coït qui détectait chez ses patients la fameuse impression de « ne pas cesser de tomber » car ils étaient privés de toute « situation de maintien ». Grâce à mes efforts conjugués au cours d’une étude de neuropsychanalyse intensive, j’identifiais glorieusement la cause de cette insuffisance de maintien: la lunette des WC (Winnie-le-Coït) n’est pas rabaissée par la mère après le passage urinaire du nom-du-père (n’est-ce pas?).

Cessons un peu cette autopromotion, et revenons un peu plus en détail sur la KKanalyse qui, bien réalisée, permet d’établir le diagnostic d’autisme primaire anormal – à l’instar du vécu de l’enfant, les excréments n’ont pas de limites propres puisqu’il s’agit d’une diarrhée sale comme le remarque la soeur FGA:

Toute explosion de colère ou de panique semble ignorée, si bien qu’il se crée des tensions internes. L’irritabilité en question n’étant pas soulagée, tous ces enfants souffraient de maladies intestinales, accompagnées de fièvre.

Ce caractère flou et incertain des limites corporelles et fécales incita la soeur FGA à métaphoriser sur le thème de l’amibe, ce délicieux protozoaire à pseudopodes capable de multiples déformations. Il n’est donc pas rare de voir ces autistes amibiens évoluer vers une carrière de contorsionniste à haut niveau, si tant qu’est qu’ils puissent sublimer leur amibiase intestinale en jouissance pure et simple.

En ce qui concerne les causes de l’APA retenues par la soeur FGA, cette dernière tient à dissiper tout malentendu:

Il n’est pas question ici de désigner des coupables, mais de comprendre les données de la situation

Ainsi, vous découvrirez que les causes sont « multiples », qu’il s’agit d’employer le terme « multifactoriel », et qu’il ne sera pas question de mères ou de soins maternels mais de figures nourricières ou de soins nourriciers. Nous avons donc:

1. Absence totale du nourrissage essentiel

Lorsque les mères, ou plutôt les nourricières, abandonnent leurs petits dans certaines institutions rétrogrades, ceux-ci finissent rapidement par manquer de stimulations tactiles.

Cette absence totale de stimuli sensoriels venus de l’extérieur, et de soulagement des excitations venues de l’intérieur, entraînait des états catastrophiques et parfois la mort, avant deux ans et demi.

Parfois, l’abandon n’est pas si flagrant:

On peut en dire autant des nourrissons qui, élevés au sein de leur famille, passent le plus clair de leur temps dans le berceau ou dans le parc et n’ont que peu de contact avec les êtres vivants.

Ce défaut de nourrissage est si toxique qu’il peut aussi donner l’illusion d’une maladie génétique (sournoises nourricières…):

De telles carences interviennent si tôt que leurs effets sur l’enfant semblent presque constitutionnels.

2. Absence partielle du nourrissage essentiel

a) dû à des déficiences graves des figures nourricières

La soeur FGA nous illustre ce cas de figure par la présentation du petit Tom:

Tom, deux ans et huit mois, fut envoyé à la clinique pace qu’il ne parlait pas et avait des crises de hurlements lorsqu’on le sortait de chez lui. À la clinique, il parlait une sorte de langage « gribouilli », que seule la mère pouvait déchiffrer. Le père et la mère s’adressaient rarement la parole et la différenciation entre eux étant assez vague, ils n’apparaissaient pas comme des personnes distinctes. La mère était en proie à des peurs et, pendant les deux premières années qui suivirent la naissance de Tom, elle sortit rarement l’enfant de la maison. Dans son enfance, elle avait été reconnue mentalement anormale et avait du suivre un traitement d’orthophonie; examinée à la clinique, elle ne parut pas présenter d’anomalies mentales. Le pédiatre qui l’avait soigné la qualifiait d’ »éteinte » et c’est d’ailleurs l’impression qu’elle donnait; sa locution était bonne.

Elle se souvenait, enfant, d’avoir été écrasée par sa sœur ainée; elle se sentait humiliée de devoir aller à la clinique d’orthophonie et, une fois là-bas, elle eut une explosion de colère. On avait l’impression qu’elle éprouvait les mêmes sentiments à l’égard du personnel de la clinique où était soigné son enfant. Mais elle ne l’admit jamais ni ne le nia. Elle semblait accepter passivement ce qu’on faisait. L’enfant ne voulait pas se séparer de sa mère et, après avoir parcouru la pièce en ouvrant et refermant toutes les portes qu’il pouvait apercevoir, il s’assit sur ses genoux, se mit à sucer son pouce et à se tripoter une mèche de cheveux, donnant l’impression d’un enfant qui aurait grandi trop vite.

En général, il échoua à certains tests Merrill-Palmer, mais émergea parfois du brouillard et en résolut quelques-uns avec une rapidité étonnante. Il réussit à résoudre ceux qui consistaient à enfoncer des formes géométriques dans des trous correspondants et à assembler les morceaux d’un mannequin. Il totalisa à ces tests un nombre de points nettement supérieur à la moyenne de son fonctionnement d’ensemble.

Les deux parents, et surtout la mère, semblaient avoir développé un système d’inertie et de passivité tel que les problèmes posés par la différenciation restaient dans le brouillard. L’enfant suivait le même modèle de comportement. Lorsque temporairement, le brouillard se dissipait, et que la conscience de la séparation corporelle et de la distinction d’avec la mère s’imposait trop brusquement, l’enfant réagissait en hurlant. Sa mère était trop apathique pour l’apaiser ou l’aider. La plupart du temps, il tenait cette menace en échec par la passivité et l’inertie.

J’en suis venue à appeler ce type d’enfant « amibe ».

Cette magistrale démonstration illustre parfaitement qu’en prenant acte et compte de la singularité d’un sujet, il n’est nul besoin de désigner le moindre coupable pour accéder à l’évidence. Je ne sais pas ce que ce petit Tom est devenu, mais il ne fait aucun doute que sa mère, ou plutôt sa nourricière, était sur le bon divan.

b) dû à des empêchements de la part de l’enfant

Lorsque le nourrissage n’est pas suffisamment bon (WC) car ne tient pas compte des déficiences sensorielles (surdité, cécité, etc.) ou mentales de l’enfant, celui-ci peut évoluer vers l’autisme primaire anormal. Attention, il ne s’agit pas de prétendre que la nourricière serait responsable de la déficience en question, seulement de dire que tous les sourds, les aveugles et les trisomiques ne deviennent pas forcément autistes, donc, enfin, vous l’aurez compris comme vous voulez bien le comprendre, selon la disposition de votre inconscient.

c) dû aux facteurs (a) et (b) conjugués

Selon moi: (a) = (b) = (a) + (b), ce que manqua hélas de remarquer la soeur FGA…

Avant de nous quitter, je tiens à revenir, à nouveau en compagnie de ce cher Winnie-le-Coït, sur le concept du « suffisamment » et de la nécessaire « tiédeur » maternelle à poing nommé. Vous pourriez croire qu’il suffit de vous réchauffer, or point trop n’en faut:

Shevrin et Toussieng (1965) ont montré que le manque de stimulation tactile, chez les nourrissons élevés en institution, avait des effets désastreux; ils ont, d’autre part, démontré les effets nocifs d’une trop grande stimulation tactile. Dans les deux cas, les nourrissons présentent des réactions autistiques pour faire face à l’irritabilité non soulagée, dans la première situation, et à la stimulation excessive, dans la deuxième.

Nous verrons, dans l’épisode suivant consacré à la soeur Froncée du Grand Anus, qu’un nourrissage rigide et inflexible ou, à l’inverse du contraire opposable, incohérent, peut conduire à l’autisme secondaire, ou plutôt aux autismes secondaires.

Amibement vôtre,
JMDL

Défécation normale et pathologique

Chères et mères,

Je prends aujourd’hui la ferme décision d’adopter une résolution non peu convaincue en rapport avec la nécessité profonde et parlante d’élever l’insuffisance préalable liée à la double condition féminine et de toxicité qui vous rattache à la nature et contrarie ainsi une élévation spirituelle à laquelle vous pourriez aspirer si ce n’était pas le cas.

En d’autres termes, je vais vous apprendre la vie.

Défécation normale et pathologiqueNous commencerons ce jour l’analyse en plusieurs partie d’un ouvrage de référence publié par la soeur « du grand Anus froncé » Tustin, et intitulé Autisme et Psychose de l’Enfant. Cette vénérable soeur dont le sexe féminin ne lui a, hélas, pas permis d’accéder au statut, pénien par essence, cardinalytique, a travaillé pendant près de trente ans auprès d’enfants psychotiques. Cette longue et riche expérience lui a permis d’élaborer une classification à partir de ses descriptions cliniques personnelles, puis d’attribuer des causes à ses différents types d’enfermement autistique, toujours sur la base de ses observations, et enfin d’en définir les principaux axes thérapeutiques basés encore et toujours sur son propre travail acharné auprès des petits d’Homme.

Nous voyons donc bien à quel point la soeur froncée faisait déjà honneur, dans les années soixante-dix, à notre sacrosaint principe de l’approche intégrative, et ce n’est surement pas pour rien que son oeuvre pionnière demeure utilisée de nos jours, chaque jour, et jour après jour, au sein de nos temples magiques et thérapeutiques de l’inconscient autistique.

Avant d’aborder le pathologique, il convient d’aborder le non pathologique, ou plutôt de rappeler que la maladie et la santé n’existent pas. Ce que les scientistes appellent autisme n’est qu’une particularité, un trait de l’existence, une façon de réagir au monde qui nous entoure, et dont nous partageons tous la responsabilité à un niveau bien moindre que la société facho-capitalisto-comportementale dont nous repoussons l’invasion depuis des siècles.

En d’autres termes, nous sommes tous des autistes.

En guise de preuve, nous traversons tous une phase que la soeur froncée dénomme autisme primaire normal (APN), et qu’il convient d’expliciter.

Au début, il n’y a rien, ou plutôt: il y a un tout. La « côtelette à peine pissée » selon une expression certainement très chère à Mélanie Klein (de laquelle s’inspire au passage la soeur froncée), n’a pas de limites, qu’elles soient propres ou sales, au niveau de l’intégrité physico-symbolique du ressenti de la peau et de ses écoulements. Voilà pourquoi, depuis des millénaires, les petits d’Homme sont emmaillotés selon les modalités de l’empaquetage non humidifié, de manière à leur procurer une contenance que toute mère ne peut résolument apporter en permanence, car fondamentalement défaillante par essence, ou diesel sur remise à la pompe à fric.

Je vous propose d’étudier un passage très signifiant de l’ouvrage de la soeur froncée, qui montre l’importance capitale pour une mère de bien gérer ses défaillances:

Au cours d’une maturation normale, les réponses de la mère, attentive aux communications physiques de son bébé, sont différentes (dans les limites du supportable pour le bébé) de celles du nourrisson, du fait qu’elle peut réfléchir sur les expériences qu’elle a vécues. Elle n’est pas absorbée par ses propres préoccupations au point de ne pas pouvoir aider le nourrisson à affronter les siennes. Elle n’a pas de réaction empathiques exagérées, qui la conduiraient à être paralysée par les mêmes souffrances que lui. Grâce au détachement qui caractérise la sympathie, elle peut soulager l’enfant. Il semble que, lorsque la mère s’occupe bien de son bébé, lui prodigue des soins appropriés et l’aide progressivement à se débrouiller tout seul, elle lui permet par là de développer son psychisme; le nourrisson a alors l’impression que les éruptions de substances corporelles sont retenues et se modifient de façon à devenir quelque chose qui puisse être formé et modelé de manière réfléchie. L’identification à un être humain ordinaire commence à se substituer à l’identification à un objet extraordinaire, fabriqué à base de substances et de mécanismes corporels. Personnes et « choses » sont différenciées. Ainsi l’introjection d’une mère capable de supporter la douleur de la séparation physique et l’identification à cette mère commencent à intervenir. Le nourrisson se met à percevoir la mère comme une créature vivante et pensante.

Winnie le Coït n’aurait certainement pas mieux présenté sa théorie universaliste de « la mère suffisamment bonne », à savoir ni trop chaude ni trop froide. La soeur froncée constate en effet l’importance d’une tiédeur maternelle adaptée qui lui permettra, en premier lieu et avant toute chose, de lui inculquer l’art de la défécation.

J’insistais sur ce point lors de mon dernier prêche aux soirées libertines de la COPPA: « un développement normal ne saurait exister sans le préalable anticipatoire de quelques crottes bien moulées ». L’irruption de ces excréments, formés et modelés de manière réfléchie, marque officiellement la fin de cette phase d’autisme primaire normal, et consacre ainsi une mère dont la toxicité n’est pas autistisante.

Dans le cas contraire, l’autisme primaire normal ne sera pas qu’une passade, et le petit d’Homme sera précipité vers les territoires autistiques par l’insuffisance fécale maternelle. Mais ça c’est une autre histoire, que nous aborderons dans l’épisode suivant concernant l’autisme primaire anormal (APA).

Vous comprendrez aisément ce qui « poussa » les disciples de soeur Tustin à l’affubler de la si glorieuse particule « du grand Anus froncé », une particule qui en dit « long » également sur les principes thérapeutiques logiquement et légitimement préconisés en cas d’échec, non pas du langage, mais du moulage.

Si ces gredins de scientistes se penchaient davantage sur la formation des selles chez le nourrisson, plutôt que d’aller farfouiller dans des gènes que l’inconscient érige en grande diversion, ils s’approcheraient bien davantage de notre vérité, donc de notre amitié, et ainsi de la prise en charge de nos jeunes psychotiques de l’empire franco-argentin. Tant que ça ne sera pas le cas, nous ne libèrerons pas nos jeunes psychotiques!

PS: depuis plus de trente ans, la communauté psychanalytique internationale reconnaît l’autisme comme une psychose résultant d’une mauvaise relation maternelle. Tous les autistes présentent des difficultés à former et à modeler leurs matières fécales de manière réfléchie, des identifiés par la soeur « froncée du grand Anus » Tustin en 1972. Hélas, en France, la psychiatrie scientifique ignore résolument ces découvertes. Pour les scientistes, l’autisme serait un trouble génétique et neurologique entrainant un handicap dans l’interaction sociale, et associé à des anomalies dans une zone du cerveau.