Le timer, ou l’outil à double tranchant

Le Timer, ou l'outil à double tranchantLe Time Timer, ou n’importe quel minuteur de cuisine, est un outil très utile pour aider votre enfant à travailler.

Cela lui permet de visualiser combien de temps durera une activité, que ce soit pour travailler ou en renforçateur.

Par exemple, Faustine, la psychomotricienne de Matthieu, en utilise un pour gérer le temps de renforçateur après un exercice. Pendant trois minutes, elle fait des bulles avec lui, pas plus, pas moins. Matthieu a appris à respecter ce temps petit à petit, comprend que c’est la règle, et cela simplifie le passage à une autre activité.

Le changement d’activité peut aussi être facilité ainsi. Les enfants autistes n’aiment pas le changement, et peuvent être très perturbés s’il y a un changement d’activité. Quand il était petit, Matthieu faisait des crises quand je voulais qu’il change de jeu, ou qu’il arrête de jouer pour venir manger (et pourtant, il adorait manger, mais il était coincé dans son activité). Nous n’avions pas de timer à l’époque, mais le seul fait de signaler « dans cinq minutes on change d’activité » suffisait à le prévenir et il pouvait alors mieux gérer le changement.

Donc, le timer est vraiment un outil très utile pour les enfants autistes. Mais attention! Il peut être à double tranchant. Nos enfants sont autistes, pas idiots. Du coup, quand Matthieu, à l’école, doit faire un exercice qui ne lui plait pas, ou qu’il a décidé de ne pas faire à ce moment-là, le timer est notre ennemi, car il sait qu’il ne lui reste plus que le temps affiché à tenir pour éviter de faire l’activité! Le timer doit donc être utilisé judicieusement, et jamais pour travailler la compliance.

Avez-vous eu, vous aussi, à discriminer les moments d’utilisation du timer? Partagez vos expériences dans les commentaires de l’article.

Tableau de comportements réussis

Un des rituels agaçants de Nicolas est de répéter jusqu’à 10 fois des phrases stéréotypées telle que « Nicolas très gentil », « Je ne suis pas vilain », « tape là » (dans la main), etc. Je sais bien que tout cela est rassurant pour mon fils, mais je commençais à ne plus supporter son écholalie incessante. Il y a d’autres moyens plus ordinaires pour se rassurer.

Après avoir essayé l’ignorance, un scénario si gentilment dessiné par une amie, j’en ai parlé à sa nouvelle psychologue à domicile (qui s’ajoute à la première qui travaille les troubles cognitifs) et peut donc travailler entre autre en milieu ouvert, pour l’autonomie urbaine, par exemple.

Aussitôt dit, aussitôt fait: elle m’a préparé un tableau de comportements réussis.

Le principe est le suivant: le tableau est divisé en cinq créneaux horaires pour chaque jour de la semaine. À l’intersection de chaque créneau et jour, il y a une case que l’on coche en rouge, par exemple, lorsque l’enfant n’a pas suivi la consigne – à savoir « ne plus faire un comportement inadapté », ou, pour Nicolas, « ne plus répéter telle ou telle phrase ». Vous modifiez le tableau au gré des impératifs et horaires de l’enfant.

Lorsqu’il est à l’école, les cases sont noires (puisque vous ne pouvez vérifier). En bas du tableau, il y a la case journée réussie ornée d’une croix bleue si effectivement l’enfant a respecté la consigne. Pour plus d’aisance, je vous conseille de plastifier le tableau pour pouvoir utiliser un feutre  Veleda. Je ne doute pas de vos compétences pour utiliser la plastifieuse avec brio. En bas de la grille, j’ai scratché quatre renforçateurs au choix.

Tableau de comportements réussis

Cliquez sur l'image pour la voir en plus grand

Voilà à peu près deux mois que nous utilisons ce tableau. Nicolas est très réceptif. En général, il se trompe la première journée, puis réussit les autres jours de la semaine.

Ce qui est très positif, c’est qu’une fois réussi, c’est acquis et Nicolas ne répète effectivement plus les phrases mentionnées, même s’il n’a plus de récompense à la clef et si nous sommes passés à autre chose.

Travaux pratiques à la maison avec son enfant autiste

C’est l’été, les prises en charge se font plus légères pendant que les intervenants et votre enfant prennent un repos bien mérité. Plus d’école non plus. C’est l’occasion de travailler un peu avec votre enfant, à la maison, en tête-à-tête ou avec l’aide de sa famille et/ou de ses amis.

Voici quelques travaux pratiques que nous vous avons proposé auparavant…

Conseils pour bien travailler à la maison

Compétences utiles

Psychomotricité

Communication

Compréhension et logique

Autonomie

Comportement

Apprendre en jouant

Et vous, que faites-vous travailler à votre enfant en ce moment? Partagez vos exercices avec nous dans les commentaires!

Les meilleures astuces sur la propreté

Les meilleures astuces sur la propreté

(photo: Todd Morris)

L’année dernière, à l’âge de cinq ans, je réussissais enfin à rendre Matthieu complètement autonome aux toilettes et propre, de jour comme de nuit. Ce fût une longue bataille, où il a fallu subir « les horreurs de la guerre » et les visions apocacalyptiques sans broncher pendant des mois.

Nous avons souvent parlé de la propreté sur Autisme Infantile, car c’est une des préoccupations principales des parents:

  • quand mon enfant deviendra-t-il propre?
  • mon enfant peut-il devenir propre?
  • comment le rendre propre?
  • que faire quand mon enfant refuse d’être propre?
  • etc.

Aujourd’hui, je vous propose de retrouver ces articles:

Je me suis remise au travail sur la propreté avec mon fils cadet, qui lui n’est pas autiste, et je me rends compte que ce n’est toujours pas simple.

Dans le but de réussir à rendre mon fils propre, et de profiter de ce second passage dans l’apprentissage de la propreté pour écrire mon deuxième tome sur l’autonomie (Autisme et l’autonomie à la maison: La propreté), je vous propose de partager vos trucs et astuces, témoignages, expériences, histoires d’horreur ou danses de la victoire dans les commentaires de l’article!

Travailler l’attention conjointe

Travailler l'attention conjointe

World Science Festival Webb Telescope LEGO set (photo: NASA Webb Telescope)

L’absence d’attention conjointe est un signe caractéristique de l’autisme. Vous avez beau essayer d’attirer l’attention de votre enfant autiste sur ce que vous voulez lui montrer, il regarder immanquablement votre doigt ou par la fenêtre au lieu de partager avec vous un moment de complicité.

Si c’est positivement énervant et frustrant, il y a tout de même plusieurs manières d’essayer d’apprendre les principes de l’attention conjointe à votre enfant. Armez-vous de toute votre patience – votre enfant n’est pas comme ça pour vous énerver personnellement, il n’est tout simplement pas capable de le faire de lui-même.

Voici quelques idées pour travailler l’attention conjointe:

  • Déplacer son attention d’une chose à l’autre: votre enfant est probablement souvent en train de faire la même chose, répétitivement, en fixant toute son attention dessus et en ignorant royalement ce que vous essayez de lui montrer. Trouvez une manière d’attirer son attention vers autre chose (avec un bruit ou quelque chose qui clignote, par exemple).
  • Regarder quelque chose ensemble: pointez du doigt quelque chose d’intéressant, et cherchez à le faire regarder la même chose que vous. Récompensez fortement chaque réussite en le félicitant et en applaudissant, qu’il sente que c’est une bonne chose.
  • Partager une émotion: lorsque votre enfant exprime une émotion, partagez-la avec lui. Pour les émotions faciles (la joie, par exemple), entraînez-le à les partager avec vous, par exemple en l’entraînant dans une ronde joyeuse, en faisant des petits sauts de joie, ou en applaudissant très fort.
  • Faire des choses ensemble: dans ce cas précis, il ne faut pas hésiter à choisir une activité qui l’intéresse. Par exemple, s’il aime les Legos, construisez quelque chose de nouveau ensemble. Guidez sa main pour l’aider, donnez-lui des pièces pour qu’il les ajoute à la construction, prenez-lui en gentilment des mains en le remerciant de vous les avoir passées (« ah, tu me donnes un Lego rouge, merci, justement il m’en fallait un! »).

Pour les enfants verbaux, il y a aussi d’autres choses à travailler:

  • Lui demander ce que quelqu’un d’autre pense ou ressent: en lisant un livre, demandez-lui comment se sent tel ou tel personnage, ce qu’il pense à ce moment-là, et aidez-le à trouver des réponses, car lire les émotions sur des visages ou comprendre ce que les autres pensent ou ressentent est très difficile pour un enfant autiste. Soyez précis, expliquez exactement comment vous savez que tel personnage est triste (« il a les coins de la bouche qui tirent vers le bas », « il a une larme qui coule », « il baisse la tête vers le sol », etc.).
  • Trouver des moyens imaginaires de réguler une émotion: quand votre enfant est en colère, par exemple, demandez-lui de trouver un moyen acceptable de réagir. Ça vous permet de rappeller les règles (« on ne tape pas », « on ne jette pas les jouets par terre ») et de faire travailler son imagination – vous pouvez même rajouter du farfelu: « je vais raconter ce qui m’a énervé à mon doudou », « je prends un gâteau dans la boîte à Gâteaux Énervés et je le mange pour me calmer », etc.

Et vous, comment faites-vous travailler l’attention conjointe à votre enfant? Partagez vos trucs et astuces dans les commentaires de l’article.

Utiliser les pictogrammes: Se laver les mains

Pour aider votre enfant à apprendre à se laver les mains, rien de mieux que de lui proposer une séquence avec des pictogrammes.

Utiliser les pictogrammes: Se laver les mains

Cliquez sur l'image pour la voir en plus grand

 

L’important est de bien apprendre à décomposer les actions que votre enfant doit effectuer, en mettant un pictogramme pour chacune. Ainsi, votre enfant pourra suivre la séquence pour apprendre à se laver les mains tout seul, avec tout de même de l’aide de votre part au début.

Vous pouvez faire vos séquences vous-mêmes, avec des pictogrammes trouvés gratuitement sur le net, ou bien vous pouvez commander la banque de pictogrammes sur lespictogrammes.com. Ils sont très bien faits et couvrent beaucoup de situations.

Je ne m’en sors pas, il y a trop de choses à travailler à la fois!

Je ne m'en sors pas, il y a trop de choses à travailler à la fois!

Walk on the Edge (photo: Leland Francisco)

Il est impossible de tout travailler à la fois. Vous pouvez essayer, bien sûr, mais pour nos enfants différents, en particulier ceux qui ne sont pas de haut niveau, il y a tellement d’objectifs à travailler que c’en est effrayant.

Mais réfléchissez-y: est-ce que, à la naissance, vous saviez déjà parler, marcher, faire des calculs avec des fractions et des inconnues? Non, évidemment pas. Et vous avez mis du temps à acquérir ces compétences.

Moi, ça m’aide de penser que l’annonce du diagnostic de Matthieu a été comme une seconde naissance: j’allais pouvoir l’accompagner une seconde fois, et cette fois plus efficacement (puisque je savais son handicap et quoi faire pour l’aider), afin qu’il acquière les compétences qui lui manquent.

Je sais que certaines compétences mettront du temps à être comprises et utilisées, en particulier de manière autonome, mais quand on vit avec l’autisme on apprend vite que le temps ne passe pas à la même vitesse pour nos enfants, et qu’on ne peut pas toujours leur demander d’évoluer aussi vite que les autres.

Alors comment faire? S’épuiser à essayer de régler tous les problèmes à la fois, et risquer par là de braquer son enfant qui en aura vite assez? Non.

Un unique objectif principal

Pour moi, les premiers temps, il est important de se fixer un objectif principal, et de s’y tenir. Cela doit être le point focal de toute votre attention. Par exemple, quand j’essayais d’apprendre à Matthieu à manger seul, j’accordais toute mon attention à ce moment du repas et aux compétences que je pouvais lui faire travailler en dehors pour lui faciliter la tâche (tenue de la cuillère, boire au verre, manger de tout, etc.).

Si vous essayez de tout faire en même temps, vous n’arriverez à rien. Choisissez quelque chose de vraiment important, comme la propreté par exemple, et agissez sur cette compétence pour l’aider à apprendre à être propre. Le reste ne doit être fait que si votre enfant se met en danger ou oublie une compétence acquise précedemment (et qui ne devrait nécessiter qu’un simple rappel de votre part).

Pourquoi une seule à la fois? Parce que parfois on doit y mettre toute son énergie, lutter contre un enfant qui se débat, qui refuse, qui jette ses affaires par terre, qui hurle… et que c’est essentiel de ne pas se battre sur tous les plans pour garder un semblant de santé mentale, et pouvoir aussi avoir des bons moments avec son enfant – parce que, il ne faut pas l’oublier, nous sommes ses parents aussi, et pas simplement ses éducateurs, et que notre enfant a besoin de notre attention et de notre affection dans un environnement plus détendu.

Trois objectifs mineurs

Une fois que vous êtes en bon chemin pour aider votre enfant à acquérir la compétence choisie, que c’est moins la guerre avec lui pour qu’il vous obéisse, choisissez trois objectifs mineurs. Par exemple:

  • Propreté: retirer son pantalon et son slip, s’asseoir seul sur la cuvette, s’essuyer – garder le reste à travailler au fur et à mesure que les premiers objectifs seront atteints.
  • Alimentation: manger avec la cuillère, rester assis à table, s’essuyer la bouche en cas de salissure.
  • Langage: utiliser trois mots du vocabulaire jusqu’à ce qu’ils soient acquis (par exemple: boire, gâteau, donner)
  • Hygiène: savoir se laver les mains, les dents, accepter qu’on rince le shampooing.
  • Jeux: jouet correctement avec trois jouets, ou avec trois personnes différentes au même jeu, etc.

Si votre enfant ne semble pas être intéressé par les objectifs que vous avez fixé, changez-en. Son bon-vouloir sera très précieux pour avancer, et même si parfois il vous faudra insister pour certains objectifs malgré ses refus, vous aurez tout de même les objectifs atteints précédents sur lesquels vous appuyer (et ce qui est acquis n’est plus à refaire, même si parfois il faut rappeller les règles).

J’ai envie de rajouter: commencez à enseigner en priorité les compétences que votre enfant apprécie afin de le valoriser et de rendre votre travail ensemble un exemple de sa réussite. Si vous lui demandez des choses trop difficiles au début, il risque d’être rebûté. C’est à vous de faire la part des choses et de gérer la difficulté de ce que vous lui demandez selon ce que vous le savez capable de supporter ou de faire.

Diriger les écholalies et obtenir un début de langage

Diriger les écholalies et obtenir un début de langage

Maxim wants a cracker (photo: Leonid Mamchenkov)

Votre enfant répète tout ce qu’il entend? Il utilise des slogans publicitaires pour vous faire comprendre ce qu’il veut manger au petit-déjeuner? Il dit vos fins de phrases juste après vous? C’est bon signe. L’écholalie est un début de communication et d’accès au langage.

Seulement, il ne faut pas en rester là, et chercher à faire comprendre à votre enfant qu’il y a des moyens plus efficaces de communiquer, tout en continuant à l’encourager pour ses efforts.

Montrer que vous l’avez compris

Lorsque Matthieu, assis sur les toilettes, faisait le bruit de la sonnerie du four, au départ je n’avais pas compris, et mon mari m’a aidée à faire le rapport: il a fini, donc il « sonne » pour signaler que c’est terminé et que je peux venir l’aider!

Si votre enfant chante un jingle de pub pour obtenir ses céréales préférées, dites-lui que vous avez compris ce qu’il veut, et que c’est bien de communiquer.

Réclamer les bons mots

Votre enfant désire quelque chose. C’est le moment de lui faire répéter la bonne manière de s’exprimer! Prenez en main ce qu’il demande, mais ne lui donnez pas, et répétez le mot que vous voulez qu’il emploie (exemple: « BA-NA-NE » ou « DON-NE » en décomposant bien les mots pour que ça soit plus facile pour lui à répéter).

Avec Matthieu, nous en sommes à lui réclamer une petite phrase (« je veux de l’eau », « je veux des chouquettes », etc.). J’ai d’abord réclamé qu’il répète « GÂ-TEAU » après moi, puis quand il a acquis cette phase, rajouter « je veux » devant, puis affiner en demandant:

  • soit de compléter la phrase avec des articles définis, articles indéfinis, prépositions, adjectifs, etc.,
  • soit de prononcer mieux.

Remplacer les écholalies définitivement

Je vous le dis de suite: ce n’est pas le plus simple de remplacer une écholalie par un morceau de phrase ayant un sens, mais ce n’est pas non plus impossible.

Matthieu sait maintenant réclamer ce qu’il désire avec des petits bouts de phrases (« je veux de l’eau », « faire pipi », « aide moi », « aller dehors »). Pour lui, ça tourne surtout autour de ses besoins, et pas franchement pour nous faire la conversation, mais c’est un bon début et ça nous permet de le comprendre beaucoup mieux.

Lorsque l’enfant recommence son écholalie pour obtenir quelque chose, rappellez-lui la bonne manière de demander et insistez pour qu’il parle correctement. Ne lui donnez plus ce qu’il désire quand il fait des sons ou chante des pubs, pour qu’il comprenne que l’autre manière fonctionne et qu’il se mette à l’utiliser.