Apprentissages et généralisation

Virginie GratiotLa difficulté de généralisation est une des spécificités des Troubles du Spectre Autistique. Prolonger, étendre, transférer ce que que la personne a appris dans une situation d’enseignement à une autre est un vrai défi au quotidien, et ce, tout au long de la vie.

Avec Camille, je me suis longtemps demandée pourquoi elle réussissait une activité à la maison et ne parvenait pas à la reproduire à l’extérieur avec une autre personne, en manifestant une forte résistance – ce qui l’amenait à un état d’anxiété incomparable lorsqu’elle dormait en dehors du domicile (pourtant dans son entourage proche, connu et accompagnée), avec des difficultés d’endormissement qui se transposaient ensuite à la maison…

Comprendre le principe de généralisation m’a alors permis de réfléchir à comment remédier à des situations problématiques, aborder des apprentissages de façon différente et progressive, en transmettant, par exemple, les mêmes supports de travail à l’école, en introduisant des variantes, en réinvestissant les jeux découvert chez l’orthophoniste, à la ludothèque…

Il m’est ainsi apparu progressivement important de diversifier et reprendre les activités, habiletés, apprises à la maison ou à l’extérieur, avec d’autres personnes et dans d’autres contextes (lieux, matériels, supports), afin que celles-ci trouvent un meilleur ancrage.

Généraliser suppose donc un travail et un ajustement permanent sur chaque apprentissage, dans les différents lieux de vie et un partenariat parents-professionnels pour:

  • partir du niveau de l’enfant,
  • communiquer sur ses centres d’intérêts,
  • travailler les mêmes compétences,
  • développer la coopération.

Lorsque cette communication est instaurée, que l’échange régulier des informations est possible, que les supports sont diversifiés, les intervenants ou l’entourage multipliés, que ce soit dans des situations d’enseignement ou en situation naturelle, l’enfant généralise. Il démontre un savoir nouveau, car il peut l’appliquer dans d’autres sphères de sa vie. Les connaissances sont assouplies, les barrières de la rigidité s’abaissent.

J’ai souhaité, aujourd’hui, étayer mes propos à travers les illustrations de deux mamans formidables: Laurence et Magalie. Ce sont deux personnes que j’admire pour l’accompagnement et la guidance qu’elles réalisent au quotidien avec leurs enfants, Sixtine, Alexandre et Raphaël. Elles m’ont inspirée et ont soutenu indirectement mes initiatives dans la mise en place des apprentissages avec Camille. Aussi, évoquerons-nous chacune, conjointement, nos expériences respectives.

Apprentissages et généralisation

Laurence: Sixtine est née en juin 2006, elle est porteuse d’une anomalie génétique unique ayant pour conséquence un retard moteur et des troubles du spectre autistique pour lesquels elle sera évaluée à la rentrée prochaine.

Quand Sixtine était toute petite,  j’ai eu très tôt la sensation qu’elle avait besoin d’un « décodeur » pour comprendre son environnement. J’avais l’impression qu’il fallait que je lui explique chaque chose, sans quoi je la sentais perdue. C’était bien avant d’avoir un diagnostic et je me revois la porter  dans son porte bébé et lui nommer tous les objets en mettant le couvert!

Je ne me souviens plus de cette période de façon précise, mais je sais que je ressentais, très fort, son besoin de médiation. Quand Sixtine a commencé à apprécier les imagiers, très souvent, je m’arrêtais dans la lecture pour aller chercher et lui faire toucher un objet qui correspondait à l’image, un fruit, une louche, ou même je m’arrêtais dans la rue pour lui faire toucher un arbre en disant simplement « arbre ».

Quand on a commencé à travailler de façon plus formelle à la table, j’ai continué à « connecter » Sixtine au concret, le plus possible. Il me semble que, pour Sixtine, ce travail qui à la base était vraiment intuitif a permis de faciliter la généralisation des tout premiers apprentissages.

Ensuite, j’ai commencé à réfléchir à la manière d’aborder chaque apprentissage, car je trouvais que, très souvent, la pédagogie n’était pas suffisamment approfondie, et je pense que Sixtine n’aurait pas adhéré à un programme éducatif trop calqué sur les programmes scolaires ou qui ne se serait pas appuyé sur ses intérêts.

Pour la numération, par exemple, j’ai travaillé très longtemps sur les trois premiers nombres, et, en dehors des séances de travail où je proposais déjà un matériel varié, le jeu qui l’a motivée était de « jouer au Mac Do » avec de la dinette. Je passais commande, ou plutôt le boitier du DVD représentant son personnage préféré du moment (un canard) était son client, et commandait deux paquets de frites, une glace ou trois cookies. Elle le servait avec une application étonnante! Bien sûr, ce jeu était lié à ses intérêts du moment.

L’utilisation des centres d’intérêt de Sixtine,  en générant simplement  des moments de plaisir, est favorable au transfert de connaissances dans des situations variées, mais le sens que les apprentissages ont pour elle peut également avoir beaucoup d’impact sur la généralisation.

Par exemple, quand nous avons abordé la reconnaissance des chiffres écrits, un jour, alors que je lui mettais un DVD de Tchoupi, en choisissant l’épisode, elle a reconnu un chiffre. À partir de là, je lui demandais quel chiffre elle voulait, et l’apprentissage a été boosté! Elle a ensuite réutilisé cet acquis pour choisir seule les chansons qu’elle préférait sur son poste CD. Dans la voiture, n’ayant pas accès au choix des CD, elle a continué à progresser, en parallèle du travail à la table, sur la connaissance ordinale des chiffres, puisqu’un de ses intérêts est de savoir ce qu’il y a avant ou après tel numéro de chanson.

Et puis, encore actuellement, pendant les exercices de kiné où elle compte à l’envers à partir de 10 pour terminer un exercice. Je me souviens aussi lui avoir demandé combien elle voulait de chips un jour à table, elle a commencé par donner le plus grand chiffre qu’elle connaissait bien, qui était  « 3″ à l’époque, mais déçue par le contenu de son assiette elle a fini par dire 20 – pourtant on n’avait pas été aussi loin!

J’ai été très longtemps seule à stimuler Sixtine (sans l’aide de professionnels), et j’ai dû diversifier au maximum les supports, ou faire en sorte qu’ils soient le plus modulables possible.

Par exemple, quand on a commencé à travailler la lecture de syllabes, Sixtine avait un petit livret d’autocollants à compléter, et en haut de chaque page il y avait les « déclinaisons » de syllabes. Après l’avoir aidée à les déchiffrer 2 ou 3 fois, Sixtine les lisait très facilement en variant la consonne sans soucis à chaque page. On aurait pu penser que c’était acquis, mais elle avait surtout retenu la « petite chanson » que ça faisait… De la même manière, je ne peux pas utiliser de manuel de lecture, car si nous recommençons la même page deux ou trois fois, elle la connaitra par coeur.

Apprentissages et généralisation

Magalie: Quand Alexandre avait entre 2 et 3 ans, il était très enfermé dans une bulle. Je me suis focalisée sur la gestion de ses troubles du comportement. Mon seul objectif, à l’époque, était d’essayer d’interagir avec lui et de lui apprendre des comportements adaptés. Je ne pensais pas encore aux apprentissages, et encore moins à leur généralisation.

Après ses 3 ans, j’ai foncé tête baissé dans les premiers apprentissages (tri de couleurs, encastrements…), en m’aidant principalement du fameux Activités d’enseignement pour enfants autistes d’Eric Schopler, mais aussi de Task Galore. Au fur et à mesure de ses progrès, j’ai tenté de généraliser certaines compétences acquises sur d’autres supports d’activités, et ça a coincé. Ce n’est qu’à partir de ce moment-là que j’ai compris qu’une compétence n’est réellement acquise avec un enfant autiste que quand elle est généralisée à plusieurs supports et à plusieurs contextes (dans d’autres lieux et/ou avec d’autres personnes).

Apprentissages et généralisation

Raphaël a bénéficié, en quelques sortes, de mon expérience avec Alexandre, et surtout de tout le matériel « sur-mesure » que j’ai fabriqué pour lui.

Aujourd’hui, je propose donc de façon régulière à mes deux fils autistes, Alexandre et Raphaël, des activités structurées sur table et hors table. Elles sont, selon moi indispensables pour aborder certaines compétences – car c’est bien souvent le cadre structuré et le caractère répétitif qui leur permet de les intégrer – et ensuite les généraliser aux situations de la vie courante.

Je pense aux apprentissages comme l’imitation, la compréhension, la perception, l’attention conjointe, la catégorisation, les émotions, le développement du langage, la motricité fine, la reproduction de modèles, etc. Je diversifie beaucoup le matériel pour éviter toute rigidité et amorcer le travail de généralisation.

En dehors de nos séances de travail, nous jouons à de nombreux jeux de société tels que Pic’Pirate, Tenta’Poulpe, SOS Ouistiti… Ils permettent d’apprendre le tour de rôle, l’utilisation du dé, de développer certaines habiletés, notamment en motricité fine.

Nous jouons aussi souvent à des jeux d’imitation avec des petites voitures ou des animaux, des instruments de musique, des jeux de construction type Duplo ou Smartmax, avec des Playmobils…

J’ai remarqué qu’Alexandre est beaucoup plus à l’aise pour les activités sur table, tandis que Raphaël apprend davantage dans un cadre moins structuré. Je pense que l’essentiel est que chacun parviennent à entrer dans une logique d’apprentissage, tant pour la remédiation cognitive que pour l’autonomie personnelle, c’est ce qui facilitera le travail de généralisation.

Virginie: Avec Camille, c’est en début d’année de grande section de maternelle que je me suis rendue compte qu’il fallait agir au plus vite sur les comportements problèmes et canaliser son agitation. Ses facultés de mémorisation et sa réactivité avaient souvent été mises en valeur, de même que son intérêt pour les activités concrètes, manuelles et du quotidien.

Lors de la première réunion éducative,  je me souviens encore parfaitement des propos de l’enseignante: « Camille ne rentre pas dans les apprentissages scolaires ». Son discours m’a fait l’effet d’une bombe.

J’ai alors ressorti du placard des jeux de discrimination visuelle partant de ses centres d’intérêts (mémorys, lotos et jeux d’observation), et j’ai commencé à jouer quelques minutes auprès d’elle. Petit à petit, elle a regardé ce que je faisais, s’est assise, a pris ses jetons, et c’était parti.

Mon objectif premier était de la faire adhérer aux jeux, de susciter sa curiosité, de développer l’attention conjointe et la position assise. Avec le jeu de l’autobus, elle travaillait indirectement sur la notion de couleurs, mais cela n’était pas suffisant car, hormis le rose, lorsque je lui demandais de manière informelle de trouver un objet dans la maison d’une des six couleurs précédemment abordées, les erreurs se multipliaient. Je lui ai ainsi proposé d’autres activités réinvestissant les couleurs: tri de pinces à linge dans des gobelets de couleurs associées, lotos des couleurs… Et les apprentissages, associés à la mise en place de la généralisation, ont ainsi débuté.

Aujourd’hui, en plus des interventions structurées en situation de bureau dans lesquelles nous abordons plusieurs domaines d’apprentissage, les jeux de société ou jeux coopératifs (tour de rôle) nous permettent de ré-exploiter des connaissances et de développer des habiletés sociales. Le jeu devient un moment de plaisir familial et d’amusement, et contribue au maintien de ce que j’aime appeler les apprentissages « mine de rien »:

Et vous? Comment vous y prenez-vous pour généraliser? Partagez vos idées et vos expériences dans les commentaires de l’article.

Puzzles et compétences de jeu

Puzzles et compétences de jeu

L’élaboration du Programme Educatif Individualisé de Camille en avril 2011 a été le point de départ d’un nouveau centre d’intérêt avec, au préalable, l’apprentissage puis l’émergence de nouvelles compétences de loisirs: les puzzles, jeu d’hypothèse, de manipulation et de stratégie.

Camille, qui n’avait jamais réalisé de puzzles d’encastrement bébé de par une difficulté à rester assise et à maintenir une attention prolongée, a découvert:

  • en un mois, la manipulation de pièces avec embout (tourner, soulever, déplacer, utiliser ses deux mains, développer la pince). Chaque pièce était retournée pour trouver sa place. Aussi, aux habiletés motrices émergentes s’est associée une meilleure représentation de l’espace.
  • en deux mois, la recomposition de personnages ou de scènes à l’aide de trois morceaux. Elle s’est ainsi entraînée à analyser les détails de l’image, à émettre des hypothèses et à développer une meilleure connaissance du schéma corporel (puzzles de personnages). Des puzzles, sur les compétences mathématiques et de lecture, s’y sont ajoutés.
  • en trois mois, l’assemblage de quatre à huit pièces éparses. Nous avons alors encouragé l’observation et privilégié le repérage de la forme des pièces et des indices (détails, couleur).

Après six mois d’intervention, Camille réalise des pièces de 15 pièces en activités structurées et en temps libre. La guidance physique s’est estompée, la guidance orale reste présente, mais son intérêt pour les puzzles et le plaisir d’y jouer l’amènent chaque jour à plus de dextérité, de rapidité, de flexibilité, de concentration, et de logique. Je suis alors émue de la voir tatônner, comparer, faire de multiples essais avec patience et détermination, mettre de côté, élaborer ses premiers raisonnements.

Aujourd’hui, douze mois plus tard, Camille joue en autonomie sur des puzzles de façon spontanée. Elle agence maintenant jusqu’à cinquante pièces: des puzzles aux nuances subtiles comme le poisson Arc-en-ciel, des puzzles sous forme de contes avec une chronologie d’événements et une répétition de personnages, comme les contes du petit chaperon rouge et des trois petits cochons.

Après avoir dû composer et venir à bout des résistances de Camille, j’entrevois ici et maintenant l’aspect pragmatique de l’éducation structurée et de la stimulation par le jeu. Camille prend maintenant  plaisir à réaliser des puzzles; lorsque son excitabilité augmente, ou qu’elle se disperse, je la dirige vers une activité puzzle de son choix, et après quelques manipulations, elle s’apaise.

Steven Degrieck, dans son ouvrage Autisme et loisirs, Temps « mort » ou temps « libre »?, explique avec clarté comment l’intérêt et la motivation apparaissent chez l’enfant autiste, dès lors que l’activité est organisée par l’apport d’un nouveau matériel visualisé et que l’accompagnement est pensé en petites étapes. La table d’apprentissage est le point de départ d’une nouvelle compétence de loisirs éventuelle; aussi, l’entraînement au jeu est-il primordial pour « orienter » et enrichir les compétences de loisirs.

Mes plus grandes satisfactions :

  • Accompagner et soutenir Camille dans un objectif d’ »apprendre à apprendre »,
  • diversifier ses compétences de jeu pour les transposer dans d’autres contextes,
  •  la voir s’épanouir et s’éveiller chaque jour un peu plus,
  • accéder à une meilleure autonomie dans l’utilisation du matériel et l’exécution d’activités.

Et vous, comment les intérêts inattendus de votre enfant sont-ils apparus, alors qu’ils n’étaient pas toujours perceptibles au départ? Comment développez-vous ses loisirs et ses temps libres? Quelles ont été vos grandes surprises et les résistances rencontrées?

[Évaluer l’autonomie de son enfant] Habiletés d’habillage

Pour pouvoir travailler efficacement sur l’autonomie d’un enfant autiste, il faut pouvoir cibler les forces et faiblesses de son enfant. Je vous propose de faire ensemble le bilan des habiletés de votre enfant. Nous proposerons ensuite, sur Autisme Infantile, des activités destinées à améliorer ces compétences.

Évaluer les habiletés d’habillage de son enfant autiste

Votre enfant peut il baisser et remonter ses sous vêtements (slip/culotte) sans aide pour aller aux toilettes?

  • Il peut faire les deux (baisser et remonter)
  • Il peut faire un comportement, préciser lequel: ____________________

Votre enfant peut-il mettre et enlever ses chaussures sans aide (sans être obligé de faire ses lacets)?

  • Il peut faire les deux (mettre et enlever)
  • Il peut faire un comportement, préciser lequel: ____________________

Votre enfant peut-il mettre et enlever son pull sans aide?

  • Il peut faire les deux (mettre et enlever)
  • Il peut faire un comportement, préciser lequel: ____________________

Votre enfant peut-il mettre et enlever les boutons de sa chemise sans aide?

  • Il peut faire les deux (mettre et enlever)
  • Il peut faire un comportement, préciser lequel: ____________________

Votre enfant peut-il mettre et enlever ses sous-vêtements (slip/culotte) sans aide?

  • Il peut faire les deux (mettre et enlever)
  • Il peut faire un comportement, préciser lequel: ____________________

Votre enfant peut-il mettre et enlever ses chaussettes  sans aide?

  • Il peut faire les deux (mettre et enlever)
  • Il peut faire un comportement, préciser lequel: ____________________

Votre enfant peut-il mettre et enlever son manteau sans aide (pas forcément pression ou fermetures éclair)?

  • Il peut faire les deux (mettre et enlever)
  • Il peut faire un comportement, préciser lequel: ____________________

Votre enfant peut-il ouvrir des fermetures éclair (sur ses habits, un sac à dos, ou d’autres objets, sans aide)?

  • Il peut ouvrir une fermeture éclair, quand l’ouverture est déjà démarrée, sur un vêtement, un sas à dos ou un objet similaire, avec seulement des aides verbales ou gestuelles
  • Il peut ouvrir une fermeture éclair sur un vêtement, un sac à dos, ou un autre objet similaire, seul

Votre enfant peut-il fermer des fermetures éclair (sur ses habits, un sac à dos, ou d’autres objets, sans aide) et aussi les enclencher?

  • Il peut fermer une fermeture éclair déjà enclenché sur un vêtement, un sac à dos, ou un objet similaire, avec seulement des aides verbales ou gestuelles
  • Il peut enclencher  et fermer une fermeture éclair sur un vêtement, un sac à dos, ou un autre objet similaire, seul

Votre enfant peut-il utiliser des fermetures éclair (ouvrir, enclencher et fermer) sur ses vêtements?

  • Il peut faire les trois comportements
  • Il peut faire un comportement, précisez lequel: _____________________

Votre enfant est-il capable de défaire et de fermer des boutons sur ses vêtements sans aide?

  • Il peut défaire de gros boutons sur des objets autres que des vêtements
  • Il peut défaire des gros boutons sur une chemise
  • Il peut fermer des gros boutons sur des objets autres que des vêtements
  • Il peut fermer les boutons d’une chemise

Votre enfant est-il capable de fermer et de défaire des boutons-pression sur des vêtements sans aide?

  • Il peut fermer et défaire des boutons-pression sur des objets autres que des vêtements
  • Il peut fermer et défaire des boutons-pression sur un vêtement

Votre enfant est-il capable de fermer et de défaire des ceintures sans aide?

  • Il peut fermer et défaire des boucles (ceintures) sur des objets autres que sur des vêtements
  • Il peut fermer et défaire des boucles (ceintures) sur un vêtement

Votre enfant peut-il ajuster ses vêtements quand cela est nécessaire?

  • Il peut ajuster ses vêtements quand on lui donne une aide verbale
  • Il peut ajuster ses vêtements sans aide

Votre enfant peut-il lacer ses chaussures sans aide?

  • Il peut faire au moins une étape dans le processus de laçage
  • Il peut lacer ses chaussures sans aide

[Évaluer l'autonomie de son enfant] Habiletés d’alimentation

Pour pouvoir travailler efficacement sur l’autonomie d’un enfant autiste, il faut pouvoir cibler les forces et faiblesses de son enfant. Je vous propose de faire ensemble le bilan des habiletés de votre enfant. Nous proposerons ensuite, sur Autisme Infantile, des activités destinées à améliorer ces compétences.

Évaluer les habiletés d’alimentation de son enfant autiste

Votre enfant est-il capable de manger de la nourriture en utilisant ses doigts?

  • Seulement avec des aides verbales et gestuelles
  • Indépendamment

Votre enfant est-il capable d’utiliser une paille pour boire?

  • Seulement avec des aides verbales et gestuelles
  • Indépendamment

Votre enfant est-il capable de boire dans une tasse sans renverser?

  • Seulement avec des aides verbales et gestuelles
  • Indépendamment

Votre enfant est-il capable de se nourrir avec une cuillère ou une fourchette, quand la nourriture est présentée en morceaux?

  • Seulement avec des aides verbales et gestuelles
  • Indépendamment

Votre enfant est-il capable de tartiner avec un couteau?

  • Seulement avec des aides verbales et gestuelles
  • Indépendamment

Votre enfant est-il capable de verser du liquide dans une tasse, à partir d’un pichet, sans renverser?

  • Seulement avec des aides verbales et gestuelles
  • Indépendamment

Votre enfant est-il capable de couper sa nourriture avec un couteau?

  • Seulement avec des aides verbales et gestuelles
  • Indépendamment

Votre enfant est-il capable de prendre le plat prêt et le ramener à table, sans guidance physique ou assistance?

  • Seulement avec des aides verbales et gestuelles
  • Indépendamment

Votre enfant est-il capable de nettoyer la table après les repas, sans assistance?

  • Seulement avec des aides verbales et gestuelles
  • Indépendamment

Votre enfant est-il capable de ne pas salir la table en mangeant?

  • Seulement avec des aides verbales et gestuelles
  • Indépendamment

[Évaluer l'autonomie de son enfant] Habiletés de propreté

Pour pouvoir travailler efficacement sur l’autonomie d’un enfant autiste, il faut pouvoir cibler les forces et faiblesses de son enfant. Je vous propose de faire ensemble le bilan des habiletés de votre enfant. Nous proposerons ensuite, sur Autisme Infantile, des activités destinées à améliorer ces compétences.

Évaluer les habiletés de propreté de son enfant autiste

Votre enfant urine-t-il aux toilettes au moins deux fois par jour?

  • L’enfant urine aux toilettes au moins 2 fois par jour
  • L’enfant va aux toilettes au moins 2 fois par semaine
  • L’enfant va aux toilettes au moins 5 fois par semaine
  • L’enfant urine aux toilettes 2 ou plusieurs fois par jour

Votre enfant reste-il sec (se retient-il) lorsqu’on l’amène régulièrement aux toilettes?

  • Pas plus de 4 vêtements mouillés par semaine
  • Pas plus de 2 vêtements mouillés par semaine dans les environnements contrôlés (école, maison)
  • Pas plus de 2 vêtements mouillés par semaine où qu’il soit
  • Reste sec quelque soit l’environnement

Votre enfant utilise-t-il de manière indépendante les toilettes à la maison pour uriner?

  • L’enfant doit être guidé verbalement pour quelques éléments de la chaîne
  • Aller aux toilettes est totalement effectué de manière indépendante

Votre enfant demande-t-il pour utiliser les toilettes quand il en aura besoin dans le cadre familial et en public?

  • L’enfant utilise des mots ou un autre moyen de communication pour indiquer le besoin d’utiliser les toilettes si besoin dans un cadre familial
  • L’enfant utilise des mots ou ou un autre moyen de communication pour indiquer le besoin d’utiliser des toilettes si besoin en public et dans le cadre familial

Votre enfant est-il capable de s’essuyer seul après avoir uriné?

  • Il s’essuie seul mais a besoin d’aide verbale
  • Il s’essuie complètement seul sans assistance

Votre enfant a-t-il des mouvements d’inclinaisons lorsqu’il va à la selle dans les toilettes?

  • Il a déjà eut 2 mouvements d’inclinaisons aux toilettes
  • Il défèque dans les toilettes au moins 2 fois par semaine

Votre enfant reste-il propre si on l’amène aux toilettes régulièrement?

  • Il n’a pas plus de 4 culottes sales par semaine
  • Il n’a pas plus de 2 culottes sales par semaine

Votre enfant est-il capable de s’essuyer après avoir déféqué?

  • Il s’essuie seul mais avec une assistance
  • Il s’essuie complètement seul sans assistance

Votre enfant peut-il utiliser les toilettes de manière indépendante dans des endroits familiers?

  • L’enfant doit être aidé verbalement pour certaines étapes du chaînage
  • Le chaînage « aller aux toilettes » est réalisé de manière indépendante

Votre enfant est-il capable d’utiliser les toilettes de manière indépendante?

  • L’enfant doit être aidé verbalement pour certaines étapes du chaînage
  • Le chaînage « aller aux toilettes » est réalisé de manière indépendante

[Évaluer l'autonomie de son enfant] Habiletés d’hygiène

Pour pouvoir travailler efficacement sur l’autonomie d’un enfant autiste, il faut pouvoir cibler les forces et faiblesses de son enfant. Je vous propose de faire ensemble le bilan des habiletés de votre enfant. Nous proposerons ensuite, sur Autisme Infantile, des activités destinées à améliorer ces compétences.

Évaluer les habiletés d’hygiène de son enfant autiste

Votre enfant est-il capable de se laver les mains sans assistance?

  • Seulement avec des aides verbales ou gestuelles
  • Indépendamment

Votre enfant est-il capable de se sécher les mains sans assistance?

  • Seulement avec des aides verbales ou gestuelles
  • Indépendamment

Votre enfant est-il capable de se laver le visage sans assistance?

  • Seulement avec des aides verbales ou gestuelles
  • Indépendamment

Votre enfant est-il capable de se sécher le visage seul?

  • Seulement avec des aides verbales ou gestuelles
  • Indépendamment

Votre enfant est-il capable de se laver le corps seul?

  • Seulement avec des aides verbales ou gestuelles
  • Indépendamment

Votre enfant est-il capable de se laver les cheveux seul?

  • Seulement avec des aides verbales ou gestuelles
  • Indépendamment

Votre enfant est-il capable de se peigner ou de se brosse les cheveux seul?

  • Seulement avec des aides verbales ou gestuelles
  • Indépendamment

Votre enfant est-il capable de se brosser les dents en utilisant du dentifrice?

  • Seulement avec des aides verbales ou gestuelles
  • Indépendamment

Votre enfant est-il capable de se moucher le nez seul si besoin?

  • Seulement avec des aides verbales ou gestuelles
  • Indépendamment

[Évaluer l'autonomie de son enfant] Habiletés motrices

Pour pouvoir travailler efficacement sur l’autonomie d’un enfant autiste, il faut pouvoir cibler les forces et faiblesses de son enfant. Je vous propose de faire ensemble le bilan des habiletés de votre enfant. Nous proposerons ensuite, sur Autisme Infantile, des activités destinées à améliorer ces compétences.

Évaluer les habiletés motrices de son enfant autiste

Votre enfant est-il capable:

  1. de marcher droit devant lui avec une démarche appropriée?
  2. de s’agenouiller et de se relever?
  3. de courir de manière régulière?
  4. de faire des pas chassés?
  5. de sauter en avant?
  6. de sauter en arrière?
  7. de marcher en arrière?
  8. de sauter à pieds joints?
  9. de lancer un ballon à la poitrine ou au-dessus de la main d’une personne?
  10. de faire rouler une balle sur une distance de 2 mètres, en direction d’une autre personne?
  11. de franchir une hauteur de 1,5 mètre, sur une échelle, en alternant les mouvements des membres?
  12. de ramper sur au moins 1 mètre?
  13. de s’accroupir et de se relever?
  14. de marcher sur une poutre ou sur un bord étroit (bordure de trottoir) sur une distance de 2,5 mètres?
  15. d’attraper un ballon de n’importe quelle manière?
  16. de marcher de côté?
  17. de faire des pas chassés alternés (une jambe après l’autre)?
  18. de tenir sur un pied pendant au moins 3 secondes?
  19. de donner un coup de pied dans un ballon pour l’envoyer à une personne, ou vers un but, se trouvant à au moins 2 mètres?
  20. de supporter son poids alors qu’il est suspendu à un équipement d’aire de jeu?
  21. d’attraper un ballon avec ses mains uniquement?
  22. de lancer un ballon en dessous de la main d’une personne?
  23. de jeter une balle en l’air et de la rattraper dans ses mains?
  24. de faire rebondir la balle au moins trois fois?
  25. de taper avec le pied dans une balle qui roule doucement et l’envoyer à un endroit donné?
  26. de balancer ses jambes lorsqu’il est sur la balançoire?
  27. de sautiller?
  28. de sauter en écartant les jambes?
  29. de rouler et s’arrêter en vélo?

Apprendre à faire ses lacets

Apprendre à faire ses lacets

(photo: Joe Loong)

Un grand merci à Élise Hutin, qui a écrit cet article pour qu’il puisse être diffusé sur Autisme Infantile.

Trouver des chaussures à scratch passé la pointure 37/38? Difficile? Une seule solution: apprendre à faire ses lacets!

Les parents du jeune garçon que je garde et que j’accompagne au sport m’ont donné une mission: lui apprendre à faire ses lacets! Grande mission qu’est celle-ci. Tout d’abord, pourquoi lui apprendre à faire ses lacets? Il existe des chaussures à scratchs…

Il a 11 ans, fait du 40, et trouver des chaussures sans lacets, ça devient difficile, ou très cher. D’autant plus que, comme beaucoup d’enfants atteints d’autisme, sa motricité globale n’est pas au top. Il devient évident qu’il lui faut des chaussures qui tiennent bien le pied.

J’aime les défis. Je vais pouvoir chercher, me creuser les méninges, trouver des astuces… Allez, c’est parti, mission acceptée!

Dans un premier temps, je demande autour de moi, parmi les gens qui ont des enfants. Alors certes, leurs enfants sont ordinaires, mais je ne sais déjà pas comment se passe l’apprentissage des lacets chez les autres. Est-ce facile? Naturel? Combien de temps leur faut-il? Quelles sont les techniques utilisées par les parents?

Un enfant apprend à faire ses lacets au alentour de 7 ans, pour des raisons de latéralisation. La plupart des parents utilisent une comptine avec un arbre, un serpent, et un trou… je ne suis pas convaincue, il y a trop de symbolisme. En revanche, il faut environ un an pour que le laçage soit acquis et que le noeud tienne. Donc, patience, mais pas encore de solution sur comment m’y prendre. Ce n’est pas grave, j’ai une mission: j’irai au bout.

J’ai cherche sur Internet, et certains parents utilisent des lacets qui ne se lacent pas. Comment est-ce possible? Je me suis posée la même question.

Il existe des lacets élastiques. Ce sont des lacets, soit en colimasson, soit avec des crans. Il suffit de tirer dessus, et le tour est joué. Je me dis tout d’abord « pourquoi pas », cela peut être une solution. Avec un peu plus de réflexion, je me dis qu’en fait, non, ce n’est pas une bonne idée. L’enfant que je suis aime tellement ce qui tourne, qu’il jouerait bien plus avec ses lacets, à les enlever, qu’à leur laisser leur utilité première. Je ne suis pas plus avancée, mais je garde toutefois ça en tête, on ne sait jamais.

Il n’y a pas grand chose sur Internet en ce qui concerne l’apprentissage des lacets pour des enfants avec des TED. Bon, ben, ce n’est pas grave, je vais chercher dans ma tête!

Apprendre à faire ses lacets

J’ai appris une chose essentielle auprès des personnes atteinte de TED, et d’autisme: il faut décomposer! Les psychomotriciens avec qui j’ai pu discuter m’ont expliqué qu’il fallait être latéralisé pour y arriver. Grand mot: connaitre sa droite de sa gauche, et la reconnaître. Je me suis souvenue aussi des Kickers, les chaussures qui ont un code pour reconnaitre la droite de la gauche. De là, j’ai décidé de prendre des lacets blanc, et teindre la moitié en rouge et l’autre en vert. Le vert pour la droite, et le rouge pour la gauche, comme ça, plus de soucis pour la latéralisation: reconnaître le lacet droit du lacet gauche est faisable.

Maintenant, les noeuds! Et oui, les lacets sont faits de plusieurs noeuds, cinq exactement. Décomposer, avons-nous dit? Alors, décomposons! Un à la fois. En tout il y a six étapes pour le laçage: les cinq noeuds plus le serrage. J’ai trouvé un support visuel pour matérialiser les 6 étapes.

Apprendre à faire ses lacets

De plus, j’ai renforcé et stimulé le laçage par un tableau de récompense, afin de mettre en avant la progression, et stimuler son envie de continuer au maximum. Le tableau reprend chaque étape. J’ai divisé le tableau en trois lignes, une avec ses parents, une avec moi, et une seul. Il était important d’inclure les parents dans cet apprentissage, et surtout qu’il soit motivé à faire ses lacets dans toutes les circonstances. À chaque fois qu’un noeud était acquis, je mettais une gommette dans la case avec moi, ou seul. Les parents de leur côté remplissait la case avec eux, ou seul. Quand, pour un noeud, c’était tout rempli, je passais au suivant. Et ainsi de suite. À vous de voir quand vous mettez une récompense. Pour lui, la récompense est à la fin, quand tout le tableau sera rempli. Il a 11 ans, les récompenses sont plus dispersées dans le temps, et il apprend vite.

Pour lui apprendre à faire les noeuds, j’ai d’abord pris le temps de lui montrer, de faire, de refaire, encore et encore. Par la suite, j’ai pris ses mains, pour le faire avec lui. Et j’en suis venue à lui demander de le faire seul, en l’aidant de moins en moins. Une fois le noeud réussit, je lui remonte ce noeud, et enchaîne sur le suivant, et c’est reparti. Il faut le faire, le refaire, encore et encore. Et ce, pour chaque noeud. Certains sont plus ou moins faciles. D’autant que, chacun a sa méthode, ses habitudes. Prenez le temps de trouver une position dans laquelle il se sent bien. Le plus compliqué est l’étape 6: serrer, pas trop, mais assez, sans défaire les boucles…

La patience, voilà le maître mot. Cela demande du temps, et surtout d’avoir le temps. Ne lui faites pas faire ses lacets juste avant de partir, alors que vous êtes en retard. N’hésitez pas à prendre le temps de s’entraîner, sans qu’il soit le moment de mettre ses chaussures. Vous pouvez aussi essayer avec les cordons de jogging, ou avec une ficelle et du carton. Ne vous mettez pas la pression, et ne lui mettez pas la pression!

Voilà neuf mois que nous avons commencé, et il sait enfin faire ses lacets. La languette n’est pas son amie, le serrage n’est pas acquis, mais il peut aller jouer dans les jeux du Mc Do et remettre ses chaussures sans l’aide de ses parents. Il s’habille comme ses copains au sport, et est très fièr de lui. De leur coté, les parents ne s’arrachent plus les cheveux pour lui trouver des chaussures.

L’apprentissage des lacets était essentiel pour les parents, mais cela lui a apporté plus d’autonomie, une meilleure motricité fine, et ça lui demande de se concentrer et de regarder ce qu’il fait. Cette activité est très riche, et apporte tellement! De plus les chaussures à lacets ont un meilleur maintien du pied.

Mission réussie! Bon courage à vous tous!