Handident

Handident

Shark teeth (photo: drmama)

Jusqu’à présent, Nicolas n’avait pas eu de problèmes dentaires. Pour ses 9 ans, j’avais reçu une invitation  dans le cadre de « MT Dents  » pour un bilan dentaire gratuit, ce que j’ai fait chez mon dentiste. Nicolas a à peine ouvert la bouche mais le docteur a eu le temps de voir une carie sur une dent de lait.

Il y a deux mois, mon fils s’est plaint de sa carie au point d’en pleurer et de se réveiller dans la nuit. Il a donc fallu passer aux choses sérieuses et j’ai contacté Handident. C’est un réseau régional aux soins bucco-dentaires pour personnes en situation de handicap.

Le principe est le suivant: les patients (et leurs parents) remplissent un questionnaire de coordination lors du premier appel: savoir le handicap, savoir le degré de coopération de la personne à soigner, etc. Un dossier est envoyé à remplir, ainsi qu’une fiche de renseignements à l’attention du médecin traitant. Le réseau vous oriente ensuite vers le praticien le mieux adapté aux besoins du patient. L’adhésion que l’on reçoit également à remplir est gratuite, mais nous pouvons faire un don à l’association.

Les praticiens adhérant à Handident ont signé la charte du réseau et ont reçu une formation spécifique sur le handicap. En ce qui me concerne, j’ai contacté Handident PACA qui se trouve à l’hôpital de la Timone à Marseille.

Pour la petite histoire, Nicolas s’est laissé soigner la carie avec piqûre, roulette sans utiliser le MEOPA, un gaz agissant par inhalation qui a un effet anxiolytique pour les patients moins coopératifs. Tout ça grâce au fameux renforçateur, j’ai nommé McDo! J’avais également préparé auparavant Nicolas en lui expliquant et en mimant sur moi. Il n’était donc pas surpris. Bien sûr, il a pleuré un peu au début, mais j’ai réussi à le raisonner.

Avantages

Très à l’écoute, d’une grande gentillesse et disponibilité au téléphone avec des infos précises. L’accueil téléphonique est supervisé par des docteurs, c’est pourquoi dans notre cas j’ai reçu un fax pour une ordonnance d’Atarax, un demi comprimé à prendre deux heures avant le rendez-vous.

Inconvénients

Il est très difficile d’obtenir un rendez-vous rapide, car les dentistes consacrent en général à peu près une journée par semaine aux soins dans le cadre d’Handident, donc le temps d’attente est long. Je vous suggère de ne pas attendre la rage de dents pour les contacter. Je veux tout de même saluer cette initiative et préfère attendre longtemps mais que tout se passe bien.

Nicolas retourne chez le dentiste dans dix jours pour un détartrage. Il me pose des questions mais parait moins angoissé. Bien sûr j’ai préparé la récompense.

Voyager avec un enfant autiste: partage d’expériences

Voyager avec un enfant autiste: partage d'expériences

suitcases (photo: Phineas H)

Ce n’est pas toujours simple d’emmener son enfant autiste avec soi pendant les vacances. Discutons ici des moyens que vous avez employé, ce qui a marché ou n’a pas fonctionné pour votre enfant, et échangeons nos trucs et astuces.

Le voyage en voiture, en train ou en avion

À quoi faut-il penser quand on fait un voyage, en voiture, train ou avion avec son enfant autiste?

  • Il faut qu’il soit calme.
  • Il faut qu’il ne soit pas malade.
  • Il faut qu’il ne dérange pas trop les personnes autour de lui.

Ce n’est pas toujours simple de voyager en famille avec un enfant handicapé, et ça demande beaucoup de réflexion pour simplifier le trajet à tout le monde.

Pour qu’il soit calme:

  • préparez un sac avec plein de jouets qu’il adore, et profitez-en pour les cacher au moins deux semaines à l’avance, qu’il puisse les redécouvrir avec plaisir,
  • offrez-lui éventuellement un nouveau jouet (ça vaut le coup d’attendre le départ en vacances pour lui offrir une console de jeu ou un lecteur DVD portable pour qu’il ait de quoi s’occuper pendant le trajet),
  • laissez-lui à portée une bouteille de jus de fruits, un sachet de gâteaux ou un petit paquet de bonbons – on est moins excité la bouche pleine.

Pour qu’il ne soit pas malade:

  • si votre enfant a tendance à vomir en voiture, prévoyez de rencontrer le médecin pour qu’il lui fasse une prescription,
  • choisissez un trajet de nuit (c’est plus fatiguant pour les parents mais votre enfant dormira peut-être pendant la majeure partie du voyage).

Pour qu’il ne dérange pas trop les autres passagers:

  • faites-lui dire bonjour s’il le peut aux autres passagers, les gens sont plus sympas quand il y a eu une connexion avec vous que si vous les avez snobés,
  • prévenez-les que votre enfant est handicapé mais que vous allez tenter de garder le dérangement au minimum,
  • cherchez à prendre un compartiment privé dans le train si c’est possible, afin que votre enfant puisse bouger sans marcher sur les pieds des autres voyageurs,
  • prévoyez des écouteurs pour les consoles et lecteurs DVDs portables.
  • mettez de la musique qu’il aime sur le lecteur de la voiture.

La nuit à l’hôtel, en maison louée ou chez des amis

Moi, ce qui m’angoisse à l’idée d’une nuit hors de la maison, c’est le risque que mon enfant s’échappe. Heureusement, Matthieu a un bon sommeil maintenant, il ne se réveille plus toutes les deux heures, donc c’est peu probable. Voici mes réflexions sur le sujet:

  • choisissez de préférence une chambre d’hôtel où vous pourrez dormir tous ensemble, il vaut mieux ne pas le laisser dans une chambre à part sous risque qu’il ne parte de l’hôtel – pareil en maison louée ou chez des amis si vous pensez qu’il peut s’enfuir
  • demandez s’il y a possibilité de fermer la chambre d’hôtel à clé (prévoyez une chambre avec toilettes et douche, dans ce cas), et chez vos amis, demandez s’il est possible de fermer portes et fenêtres avant d’aller se coucher – le bruit fait par des petites mains qui ouvrent les volets sera suffisant pour vous réveiller
  • prenez avec vous un coussin ou une couverture à laquelle il est habitué si vous pensez que ça peut le rassurer – de même, emmenez ses doudous et jouets (silencieux) préférés, pour qu’il puisse avoir un environnement connu
  • essayez de garder un emploi du temps relativement proche de celui de chez vous, votre enfant risque d’être nerveux si, par exemple, vous ne lui donnez pas le bain avant d’aller se coucher – tout ce qui peut rester pareil est une ancre à laquelle vous pourrez vous raccrocher pour lui demander d’être patient jusqu’à la prochaine activité habituelle

Les excursions

  • Essayez de choisir des activités qui vont plaire à votre enfant, pour éviter qu’il ne fasse des crises parce qu’il s’ennuie.
  • Prévoyez des promenades dans des lieux sans trop de trafic, histoire de laisser votre enfant courir à droite à gauche sans danger – c’est doublement utile car comme cela il sera fatigué le soir et s’endormira plus facilement.

Manger au restaurant ou sur le bord de la route

  • Choisissez un restaurant où votre enfant aura du choix sur le menu, pour qu’il ne se retrouve pas à devoir manger quelque chose qu’il n’aime pas – le but c’est de passer un voyage détendu, pas de batailler pendant toutes les vacances!
  • Si vous savez où vous allez manger, appellez avant le patron du restaurant pour lui expliquer la situation, et lui demander s’il ne peut pas vous réserver une table à un endroit calme du restaurant, pour éviter que votre enfant ne stresse trop au milieu de la foule. Profitez-en pour lui poser des questions sur le menu et lui faire part des restrictions alimentaires de votre enfant, s’il en a – si vous demandez gentilment, il y a sûrement moyen d’arranger un plat spécialement pour votre enfant.
  • Si vous mangez sur une aire d’autoroute, mettez la voiture le plus loin possible des autres voitures et partez manger sur une table où il n’y a pas trop de passage. Gardez toujours votre enfant à l’oeil quand il se lève de table, un accident est vite arrivé.

Trucs et astuces

Voici quelques idées à mettre en place, et qui s’adaptent à tous les cas de figure:

  • faites un scénario avec des pictogrammes expliquant les étapes, comment va se dérouler le voyage, où vous allez, ce que vous allez y faire, etc. et lisez-le avec lui chaque soir pendant les deux semaines avant le voyage, pour qu’il puisse l’intégrer (et n’oubliez pas de l’emporter dans le sac pour le lui montrer pendant le voyage)
  • faites un scénario avec les règles sur des pictogrammes: ne pas crier, ne pas sortir de la chambre, etc. et gardez-les à disposition.
  • emportez un timer pour expliquer à votre enfant combien de temps va durer telle activité, et ce qu’il a le droit de faire en attendant que ce soit fini.

Et vous, comment voyagez-vous avec votre enfant autiste? Avez-vous des conseils à donner? Partagez dans les commentaires de l’article.

Comment nous avons vaincu l’horrible monstre Popo

Ceux qui suivent les tribulations de Stan au fil de mes billets et de mes commentaires savent qu’un terrible monstre venait hanter ses nuits: le monstre Popo himself avait pris ses quartiers chez nous depuis près de deux ans, et venait gâcher tous nos jolis rêves et nos douces nuits.

Stanislas souffrait d’encoprésie primaire nocturne. Une drôle de bestiole. Super sournoise, et vraiment emmerdante, c’est le mot qui convient (un autre plus vulgaire me vient au lèvre, mais je suis une fille bien élevée).

L’encoprésie, c’est la rétention des selles et leur évacuation incontrôlée. Elle est primaire lorsque l’enfant n’a jamais fait caca dans un pot ou des toilettes, et nocturne lorsque l’évacuation incontrôlée se fait pendant le sommeil.

J’arrête tout de suite les copines bienveillantes qui vont voir dans le qualificatif « nocturne » l’avantage formidable d’avoir un enfant propre de  jour. Moi aussi, je croyais que c’était parfait, jusqu’au jour où il a fallu enlever les couches, de jour comme de nuit, et où je me suis retrouvée avec une œuvre d’art comparable au Piss Christ chaque nuit sur les draps, les murs de la chambre, et le tapis, mais sans le Christ, et pas seulement avec du pipi.

On est entre nous, donc nous n’allons pas nous cacher derrière notre petit doigt, et si je partage ici mon expérience, ce n’est pas pour satisfaire les bas instincts scatophiles de notre déesse à toutes – Nathalie – mais plutôt pour partager mon expérience, qui, je le sais, sera utile à beaucoup.

Pourquoi l’encoprésie nocturne s’est-elle installée?

C’est ma faute, ma très grande faute! Nous avons fait une boulette en mettant en place le programme propreté diurne. Par négligence, flemme, fatigue, ou les trois à la fois, j’ai viré toutes les couches de jour, mais pas celle de nuit. Mon petit lutin, dont l’intelligence et la malice n’ont d’égal que la beauté (cet enfant me ressemble affreusement), a logiquement restructuré son organisation cacatesque. Et ce qu’il faisait au cours de la sieste dans une couche confortable, il l’a décalé dans la couche de nuit. À bon entendeur, salut!

Pourquoi cette encoprésie a-t-elle été primaire?

L’une des toutes premières choses que Stanislas a dites lorsqu’il a commencé à parler, c’est que sa nounou l’avait grondé une fois lorsqu’il avait fait caca au cours d’un change. Conditionnement aversif puissant. Il a peut-être suffi d’une fois pour que la défécation devienne totalement aversive. Ajoutez à cela une selle plus dure que d’habitude, qui fait un peu mal, et voilà, le tour est joué!

Comment nous en sommes-nous débarrassés?

L’idée est de défaire ce conditionnement aversif très puissant. Le premier objectif a donc été d’établir une routine de mise au toilette, en position adaptée – genoux légèrement relevés avec un tabouret -, vingt minutes après chaque repas, afin de rééduquer le péristaltisme. Chaque mise aux toilette étant bien sûr renforcée par une chose agréable, une histoire, par exemple.

Le second objectif a été de rendre les selles indolores, et casser le phénomène de rétention et de constipation. Là, je dirai très simplement que je suis prête à embrasser le crâne chauve de l’inventeur du Forlax. Deux sachets tous les matins, et Ô Saint Graal, le popo est là, chaque jour, un à 14 heures, un à 20 heures, que du bonheur…

Pas du jour au lendemain certes, mais un big renforcement en appelant un autre, nous avons vu nos nuits se transformer en 5 à 6 semaines. Nous sommes aujourd’hui en phase de stabilisation et de généralisation du comportement (faire caca même à l’école, par exemple), puis nous diminuerons ensuite petit à petit les doses de Forlax.

Quand on se débarrasse du popo planqué nocturne, on se débarrasse par la même occasion de tous les autres comportements problèmes:

  • plus d’emballement artistique à base de caca frais, plus de séance de tripotage, tout part dans les toilettes, et maman veille au grain plus facilement
  • plus de séances de douche nocturne (jusqu’à 3, parfois) qui tuaient nos nuits.
  • adieu le caca sous les ongles ou coincé dans les lunules – qui n’a jamais dû brosser les ongles d’un enfant autiste ne connait pas le côté obscur de la force…
  • adieu les odeurs pestilentielles, combattues à coup d’huiles essentielles diverses et variées, qui coûtent toutes un bras.

Donc, en résumé: rythme implacable de la mise aux toilettes avec position adaptée, Forlax en soutien, renforçateurs++ et patience…

Mauvaises évaluations lors des bilans: on se calme!

Mauvaises évaluations lors des bilans: on se calme!

Don't Panic Badge (photo: Jim Linwood)

Tout le monde n’a pas la chance d’avoir une psychomotricienne aussi géniale que la nôtre: lorsqu’elle nous a délivré les résultats du premier bilan de Matthieu, qui était plutôt catastrophique, elle a su nous rassurer.

Avant de faire le bilan avec Matthieu, Faustine avait passé une séance avec moi pour me poser des questions sur ce que savait ou ne savait pas faire Matthieu. En lui donnant des exemples des comportements que je remarquais chez mon fils, elle a pu déduire quelles compétences pouvaient être acquises ou en cours d’acquisition chez lui.

Donc, une fois qu’elle a fait faire les exercices à Matthieu, et qu’elle n’a pas pu en tirer beaucoup de résultats, elle a su que ce n’était pas parce que nous lui avions menti sur les capacités de Matthieu, et que c’était un défaut d’attention et de compliance. Matthieu, par exemple, savait parfaitement, depuis des mois, encastrer, empiler, ses couleurs, ses chiffres, lorsqu’il a été bilanté à l’âge de deux ans, mais il préférait s’éparpiller dans la salle de psychomotricité, toucher tout ce qu’il ne connaissait pas et s’auto-stimuler (et se rassurer dans un lieu qui lui était inconnu) en s’acharnant sur les portes et les interrupteurs.

Ainsi, la première chose qu’elle nous a dit, avant même de nous livrer les résultats du bilan, c’est que les résultats n’étaient pas bon car elle est obligée de noter comme non réussi un exercice qui n’a pas été fait, et que ça ne reflétait probablement pas les compétences de Matthieu. Du coup, le coup a été moins dur pour nous lorsque nous avons vu qu’il avait de très gros retards sur tous les points du bilan.

Environ trois ans plus tard, Matthieu est toujours difficile à bilanter, mais beaucoup moins, et comme Faustine sa psychomotricienne le connait bien, elle sait déjà ce qu’il est capable de faire, et ne lâche pas tant que ce n’est pas fait.

Alors parents, quand vous sortez d’un bilan et que vous avez l’impression qu’on vous dit que votre enfant est atteint de problèmes mentaux sévères, qu’il est irrécupérable… calmez-vous, n’abandonnez pas de suite! Il est très probable que le professionnel de la santé n’ait pas eu l’intelligence de vous prévenir qu’un enfant autiste, surtout très jeune, est quasiment impossible à bilanter sur ses capacités réelles. Avec un travail constant et une équipe impliquée, les progrès se verront bientôt et vous pourrez être rassuré.

Et votre enfant, a-t-il eu un bilan initial très mauvais comme celui de Matthieu? Avez-vous été prévenu de ne pas paniquer? Partagez dans les commentaires de l’article.

Problèmes d’oralité alimentaire

Il y a plus de 2 ans, alors que nous n’avions pas de diagnostic pour Esteban, je cherchais ici et là sur Internet des solutions à notre problème majeur de l’époque, à savoir: Esteban, 30 mois, ne mange aucun morceau. Il ne savait pas mâcher et s’étouffait à se faire vomir si un grumeau n’était pas mixé dans sa purée.

Mes purées « made in Babycook » n’allaient pas, elles n’étaient pas assez lisses pour lui, et les repas se finissaient en général mal. Surtout qu’un aliment mixé qui causait une fausse route était banni, par lui, de son alimentation, et ceci depuis qu’il était bébé.

Il acceptait parfois quelques gâteaux mous qu’il fait fondre entre sa langue et son palais pendant un temps assez long, pour l’avaler ensuite. Pour couronner le tout, il ne mangeait pas seul, et n’avait jamais eu la moindre envie de tenir une cuillère, qu’il regardait comme un objet étrange avant de la reposer.

Pour situer plus précisément ses problèmes d’alimentation, voici quelques points important concernant Esteban bébé:

  • il n’avait pas su têter au sein,
  • il faisait beaucoup de fausses routes, même avec les liquides et le lait épaissi,
  • il n’avait ABSOLUMENT jamais rien porté à sa bouche: ni nourriture, ni jouet… rien. Ah, il ne risquait pas de mettre une petite roue ou une pièce à la bouche!
  • au biberon, il est longtemps resté avec des tétines à débit faible.

Quel fut donc notre soulagement de lire sur un forum que des « logopèdes » pouvaient rééduquer la mastication et la déglutition. Après une recherche infructueuse de logopède sur les pages jaunes, je me tourne vers Wikipédia: un logopède est un orthophoniste en français belge ou suisse! Super! Je dois pouvoir trouver cela parmi les 8 orthophonistes en libéral de ma ville.

Eh bien, ça ne court pas les rues: c’est une spécialisation récente et donc rare! Une seule orthophoniste, jeune et nouvelle sur la ville, fait cette rééducation. Nous sommes sauvés!

Les médecins et les pédiatres ne connaissent pas cette spécialisation. Quand j’ai demandé une ordonnance pour un bilan, mon pédiatre m’a dit « l’orthophonie, c’est à partir de 4 ans ». Après lui avoir expliqué que ce n’était pas pour le langage, mais pour l’alimentation, il a accepté de nous prescrire le bilan et les séances.

La partie mastication de l’activité de manger n’était pas rééduquée jusqu’il y a peu. Cela s’adresse aux enfants hypotoniques, comme aux enfants chez qui le réflexe n’est pas apparu, comme chez Esteban (un réflexe qui doit apparaître dans la première année de vie du bébé).

Esteban commence donc les séances en juin 2009, à raison d’une séance par semaine. Quand je rencontre l’orthophoniste pour la première fois, je lui dis, pour résumer la situation, que si Esteban était né à un autre siècle que le nôtre, il n’aurait pas survécu: il était incapable de têter au sein et incapable de manger solide!

Pendant le bilan, elle vérifie la déglutition salivaire (OK), la déglutition des liquides (au biberon à l’époque – OK) et des aliments (aucune mastication, micro-morceaux refusés ou crachés). Elle examine ensuite la bouche, les gencives, les dents, la position de la langue, le palais et la mobilité des mâchoires: OK. Ensuite viennent les réflexes oro-faciaux, comme le réflexe nauséeux (qui est normal), la sensibilité du visage et la sensibilité gustative.

Les séances ont lieu à l’heure du goûter: j’apporte un gâteau/une banane qu’il sait faire fondre. Et elle va le mettre en confiance, par des jeux, par des exercices. Tout d’abord, elle va lui apprendre quoi faire s’il a un morceau non désiré: le ramener sur le devant de la bouche pour le cracher. Ce fut un gros point pour lui: il avait un moyen de s’en sortir. Elle va lui apprendre à souffler aussi.

Petit à petit, il faisait fondre des morceaux plus gros. Puis, elle lui a appris à couper avec ses incisives, à écraser avec ses molaires, à passer d’un côté à l’autre de la bouche et à avaler.

La déglutition est encore lente, mais il mâche depuis presque un an maintenant. Pendant les vacances d’été, donc un an après le début de la prise en charge, Esteban a pris plusieurs repas de midi chez l’orthophoniste: coquillettes, saucisses de strasbourg, fromage, banane, par exemple. En septembre 2010, on est passé à deux séances par semaine. Il mâche, plus longtemps que nous, mais il le fait.

Maintenant, nous sommes confrontés au problème classique des enfants: « je veux pas goûter »! Et là, on applique la même chose qu’avec son jeune frère: s’il goûte ce qu’on lui demande, il mangera son dessert favori. Et on renforce à coup de « high five » et de sauts sur place quand ils le font!

Petit conseil de l’orthophoniste: plus c’est petit, plus c’est difficile à manger. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, les petits grains sont plus difficiles à manger, car ils se dispersent en bouche, et l’enfant ne contrôle pas et ne sait pas quoi faire. Esteban commence à manger la floraline ou le riz, mais pas encore la semoule ou le quinoa. Cela viendra quand il maîtrisera mieux sa mastication. Des petits morceaux, un à la fois, oui. De minuscules morceaux qui envahissent la bouche, non!

Autisme et sommeil: une étude

J’ai été contactée il y a quelques jours par Laetitia, une doctorante en psychologie qui étudie à l’Université du Mirail, à Toulouse avec le Pr Bernadette Rogé. Elle fait une étude sur le sommeil des enfants autistes, en collaboration avec le CeRESA qui co-finance cette thèse.

Je vous propose aujourd’hui de répondre à un questionnaire en ligne sur le sommeil de votre enfant autiste. Cette étude concerne les enfants autistes de 2 à 12 ans qui ont des troubles du sommeil, mais aussi ceux qui n’en ont pas, donc vous pouvez dans tous les cas répondre aux questions.

Cette étude permettra, en comparant les différentes approches parentales concernant le sommeil, de déterminer s’il y a une différence, entre les enfants qui ont des troubles du sommeil et ceux qui n’en ont pas, dans la gestion de comportement de sommeil chez les parents.

Allez répondre à l’étude, c’est important. Moi c’est fait! :)

Les rituels et associations bizarres, et comment lutter contre la résistance au changement

Les rituels et les associations bizarres, et comment lutter contre la résistance au changement

Autism (photo: hepingting)

On peut parfois se poser des questions sur les comportements étranges de nos enfants autistes. Pas possible de passer devant l’école sans une crise de pleurs si on ne s’arrête pas? Impossible d’aller faire du vélo sans mettre son pull jaune canari, même en plein été, tant pis si il est deux tailles trop petit?

Les enfants autistes font parfois des associations bizarres, qui sont dues en partie à leur résistance au changement et à leur besoin de ritualisation.

Pendant longtemps, mon fils Matthieu, lorsque nous passions en voiture dans la rue qui mène au cabinet d’orthophonie, ne supportait pas que l’on ne s’y arrête pas. Si, par malheur, comme nous l’avons vécu, vous décidez deux fois de suite de passer prendre des frites et du coca-cola avant de prendre l’autoroute, ça deviendra un passage obligé, et gare aux crises si vous ne vous y pliez pas!

Ce ne sont pas des règles établies par nous, ou verbalisées par l’enfant autiste, mais elles existent bien dans leur tête, et nous ne nous en rendons généralement compte que lorsqu’il est trop tard et que le rituel est déjà en place – lors d’un changement minime qui ne nous ferait pas sourciller, notre enfant peut subir un stress énorme de se rendre compte qu’on ne suit pas « la procédure », et semble décidé à nous remettre dans le droit chemin par tous les moyens à sa disposition: les cris, la force ou même dans notre dos une fois qu’on est passé à autre chose.

Ces rituels peuvent devenir très gênants, surtout si ils s’accumulent. Un enfant qui estime devoir réciter l’alphabet entre deux activités perd déjà beaucoup de temps à faire son rituel. Un jour, il se rend compte qu’il y a d’autres alphabets, et se met à les réciter en anglais, etc. De plus, si on l’interromp, il sent la nécessité de recommencer depuis le début.

Comme vous l’imaginez, ça peut devenir très envahissant et preneur de temps. Dans cette optique, j’essaie de casser les rituels de Matthieu dès que je les remarque: faire des claquettes avant de mettre son pantalon, me forcer à dire « slip » avant d’accepter de l’enfiler seul, avoir absolument deux sortes de céréales dans son bol du matin, aller à tout prix voir le timer du four quand je fais cuire quelque chose, etc.

Il faut être vigilant à empêcher les rituels de s’installer, à part quand ce sont de bons rituels (se laver les dents avant d’aller au lit, éteindre la lumière avant de dormir, etc.), mais même les bons rituels peuvent être à double-tranchant: et si un soir il n’y a plus de dentifrice? Et si la personne à côté de soi veut lire, doit-on tout de même éteindre?

Comment faites-vous pour limiter rituels et associations bizarres? Quels sont ceux qui vous ont le plus marqué, le plus ennuyé, le plus fait rire? Partagez dans les commentaires.

L’inexplicable lien entre la poussée de dents et la propreté

L'inexplicable lien entre la poussée de dents et la propretéJe vous l’avoue, je ne me l’explique pas encore moi-même, et je vais en parler dès demain aux intervenants de Matthieu, mais il semble qu’il y a un lien direct entre la poussée des dents définitives et la propreté.

Âmes sensibles, allez faire un tour, ça va parler excréments… Désolée!

Il y a quelques temps, Matthieu a eu sa première dent définitive qui a poussé. Je suis d’ailleurs étonnée de ne pas en avoir fait un article ici (je deviens gâteuse). L’inquiétude se lisait clairement sur son visage, jusqu’à ce qu’on le rassure, qu’on lui dise que c’est parce qu’il devient grand (Matthieu aime qu’on lui dise que c’est un grand, ça veut dire plus de privilèges!) et que tous les enfants perdaient leurs dents, et que c’est parce qu’une dent nouvelle pousse sous les autres qu’elles tombent.

Pour faire bref, la petite souris est passée, on a réussi à récupérer la première dent de lait, joie, liesse et feux d’artifice. Sur le coup, au même moment, on avait eu droit à ce que j’appelle des « traces de pneu » dans le slip. Vu que ça n’a que peu duré, tout est revenu très vite à la normale, et je n’y ai plus pensé.

Il y a quelques jours, les traces de pneu sont revenues, avec plus de vigueur. Et, visiblement, une nouvelle dent définitive est en train de pousser sous les autres. Je vous le dis parce que j’ai vérifié, car en essayant de me rappeller la dernière fois que Matthieu avait été sale, c’est quand il avait fait sa première dent définitive. Matthieu est devenu propre du jour au lendemain, avec très peu de « rechutes« .

Une fois, deux fois… c’en est arrivé à un slip à changer pratiquement toutes les quinze minutes! Nous nous sommes retrouvés dans une spirale de l’horreur, à s’imaginer lui remettre des couches (il a fallu que je lui en remette une pour dormir, après qu’il ait sali la quasi-totalité de ses slips et pantalons, et sa literie au passage).

Nous nous sommes posé de multiples questions:

  • Est-ce que quelque chose a changé depuis qu’il était propre? (Réponse: oui, il a reçu un baladeur mp3 pour Noël, et il l’écoute dans sa chambre – il aurait pu ếtre trop absorbé pour penser à aller aux toilettes. Une fois le baladeur mis de côté, le comportement persiste).
  • Est-ce son alimentation qui pose problème?
  • Est-ce qu’il veut faire comme son frère, qui persiste à faire dans sa couche?
  • Est-ce qu’il est malade, est-ce qu’il souffre quelque part?

Nous avons même réfléchi à la possibilité qu’il ait associé l’apparition des douleurs aux dents avec le fait de grandir, et ait décidé de refaire sur lui pour « rester petit » et ne plus avoir de dents définitives qui poussent.

Personnellement, je reste persuadée que ce sont ses dents qui le font souffrir, et qui entraînent ces laisser-allers. D’ailleurs, quand je lui donne du Doliprane, les traces de pneu s’estompent, ce qui semble aller dans mon sens. J’aurai sans doute plus de précisions demain.

Avez-vous eu le même genre de problème avec vos enfants? Les signes vous disent-ils quelque chose? Je vous écoute dans les commentaires de l’article.