À vous, personnes qui vivez sans handicap dans votre vie
La différence, ça fait peur.
On a peur de ne pas savoir comment se comporter face à une personne qui a un handicap. On a peur de l’offenser, de la blesser, ou tout simplement de ne pas savoir comment réagir dans tel ou tel cas.
On a peur des comportements bizarres, auxquels on n’est pas habitués, qui nous étonnent, et que l’on ne sait pas gérer.
Alors on détourne les yeux. On regarde pudiquement ailleurs, pour ne pas peiner les familles, pour ne pas peiner la personne handicapée par un regard trop appuyé. Ou bien au contraire, on ne sait plus détourner le regard, perdus dans nos pensées: « Et si c’était moi? Et si c’était mon enfant? Comment réagirais-je? ».
Et oui! Et si c’était vous?
Ça y est, maintenant c’est moi. C’est moi qui vis avec deux enfants différents, c’est moi qui crains le regard, ou parfois l’absence de regard, de la part d’autrui face à mon enfant. Toutes les manières dont je ne savais me comporter, je les vois maintenant chez les autres.
Laissez-moi vous dire quelque chose, vous qui ne vivez pas avec le handicap et la différence: vous avez le droit de regarder, vous avez le droit de vous interroger. Tout parent d’enfant différent, face à des questions, sera heureux de vous répondre, parce que comme moi ils pensent que c’est important d’expliquer, de sensibiliser. La curiosité, quand elle n’est pas malsaine, est la bienvenue. Il n’y a pas de question tabou.
Tout parent d’enfant différent sera heureux que vous vous adressiez à sa progéniture. Même si au final il ne comprend pas. Même si au final il ne répond pas. Même si nous finissons par répondre à sa place, avec un « il ne parle pas » un peu gêné.
Parce que notre enfant est un être humain avant tout. Vous avez raison de vous adresser à lui. Et vous avez raison de vouloir comprendre la différence. C’est un premier pas vers l’acceptation.
À vous parents d’enfants handicapés
La personne en face de vous n’est pas forcément méchante, hautaine, mal intentionnée, malsaine, pleine de préjugés. Accueillez les questions à bras ouverts, entamez les conversations si c’est possible, faites passer le message:
Nos enfants sont différents
Nos enfants sont handicapés
Mais regardez!
Nos enfants vivent
Nos enfants respirent
Nos enfants ont leur place dans la société
Nos enfants sont des êtres humains
Nos enfants méritent d’être aimés
Nos enfants méritent d’être pris en compte
Nos enfants font des progrès
Nos enfants sont gentils
Nos enfants sont intelligents
Cherchez à vous concentrer sur leurs points forts, et pas que sur leurs points faibles
Soyez le porte-parole de tous les handicaps, soyez vous aussi en demande d’informations sur les personnes différentes que vous rencontrez, et pas juste sur le handicap de votre enfant.
Soyez une porte ouverte sur la tolérance, l’acceptation, le partage. Soyez pour les autres celui que vous voudriez que les autres soient pour votre propre enfant.


Dans la continuité de mon précédent article 
J’espère n’avoir choqué personne avec mon titre inspiré d’Intouchable. Je n’ai pas pu résister. Désolée.