Lettre ouverte à Mme Huguette Bello, Député de la Réunion

Madame, j’ai découvert avec grand plaisir la question que vous posez au gouvernement concernant la scolarité des enfants autistes et je voulais vous en remercier vivement.

Je suis la maman de Léonard, un enfant porteur d’autisme de 11 ans. Dans notre « malchance », je peux dire que nous avons de la chance, car Léonard a toujours été scolarisé en milieu ordinaire et a pu bénéficier de l’aide d’une AVS (Auxiliaire de Vie Scolaire) dès que nous en avons fait la demande (lorsqu’il était en grande section de maternelle).

Bien sur, à son entrée en CP, j’ai dû un peu batailler (mais que serait la vie d’un parent d’enfant différent s’il n’avait pas quelques batailles à mener?!) pour qu’il entre au CP, et non pas qu’il soit orienté en CLIS comme me le préconisait son psy (que nous avons quitté depuis, car il était d’orientation psychanalytique et me proposait une prise en charge en hôpital de jour), mais comme j’avais l’enseignante et le docteur de la MDPH de mon côté, je n’ai même pas dû batailler très dur. ;)

Il semblerait que j’ai fait le bon choix, puisque mon fils est maintenant en CM2, qu’il a su lire dès le mois de janvier de son CP, et que depuis tout roule plus ou moins bien pour lui.

Seulement voilà, maintenant, il est en CM2, et son entrée au collège est déjà à préparer.

Nous avons deux possibilités: une 6ème traditionnelle dans le collège de notre secteur, avec un éventuel aménagement, ou une ULIS spécialisée en TED. Son enseignant et l’équipe du SESSAD (où il a sa prise en charge) me conseillent l’ULIS.

La décision finale appartient aux parents, alors, depuis le mois de mai 2011, je réfléchis. Je ne suis pas complètement contre une ULIS, même si jusqu’à présent je préférais une scolarisation en milieu ordinaire avec des enfants ordinaires (mon fils agit beaucoup par mimétisme, et je crains qu’il se mette à  « copier » les troubles du comportements des autres enfants autistes), mais je dois bien aussi me rendre à l’évidence: mon fils est différent des enfants ordinaires, il est en décalage avec eux, il est de plus en plus seul car ne il partage pas les mêmes centres d’intérêts qu’eux, et commence à souffrir d’être mis à l’écart.

J’espère qu’avec des jeunes atteints de TED il pourra nouer certains liens, et ne pas souffrir de solitude. Je rêve même qu’une certaine solidarité pourrait se nouer entre eux. Alors, en septembre, j’ai écrit à deux collèges privés pour savoir s’ils peuvent accueillir mon fils en ULIS.

J’ai voulu tenter le privé parce qu’il n’y a que trois ULIS TED publiques dans notre ville (j’habite à Paris), et qu’avec l’avis d’orientation de la MDPH je n’aurai  pas la possibilité de choisir dans quelle ULIS publique il irait.

Or, je pense que tous les toutes les personnes TED sont différentes, qu’il y a différents profils, et j’ai envie de « choisir » dans quelle ULIS mon fils pourrait aller; aussi, parce que ça me semble important que nous soyons d’accord avec l’enseignant, le projet, connaître les activités que propose le collège, etc.

Un des collèges privés m’a répondu qu’il n’y a pas de place pour septembre prochain. L’autre m’a répondu que mon fils sera vu en stage d’observation au début de l’année 2012, pour voir s’il correspond au projet de l’établissement, et que j’aurai une réponse à la suite de ces deux jours d’observation.

À la fin du mois de janvier, Léonard est allé passer deux jour au collège. Il en a été enchanté! Il a déjà sympathisé avec deux garçons, qui ont, semble-t-il, le même « profil » que lui. Il trouve l’enseignante « extra », et il a très envie de participer aux activités proposées par le collège: théâtre et chant.

L’enseignante nous a dit que ces deux journées se sont très bien passées, et que Léonard a adhéré au projet du collège. Il pourrait être intégré, il correspond aux élèves admis en ULIS de ce collège.

Où est le problème, alors? Pour septembre 2012, il n’y a qu’une place qui se libère… Une seule!

Or, l’enseignante a « sélectionné » une demie douzaine d’autres élèves, pour qu’ils puissent être « observés » aussi  en stage, et des dossiers continuent encore à arriver. Il y aura une sélection terrible! Je n’ai aucune idée de comment se fera cette sélection.

La réunion de l’Equipe de Suivi de Scolarisation aura lieu au début de la semaine prochaine, je vais probablement signer les papiers pour une demande d’ULIS. Si mon fils ne va pas dans l’ULIS du collège privée où il a fait son stage, la MDPH et l’Education Nationale lui trouveront probablement une ULIS publique (puisqu’il aura 11 ans, il doit être scolarisé), mais nous ne choisiront rien, ni le lieu, ni le projet éducatif, rien.

Si je ne signe pas la demande d’ULIS, mon fils ira probablement au collège de notre secteur, sans avoir pu parler au préalable avec l’équipe éducative d’un éventuel aménagement, sans savoir s’il aura une AVS, à temps plein ou non. C’est-à-dire: en ne sachant rien.

Mais, malgré tout cela que je trouve désastreux, je sais que nous avons de la chance, car mon fils est scolarisé, alors que 80% des enfants porteurs de TED ne le sont pas.

Merci de m’avoir lue.
Merci de vous soucier de la scolarité des enfants porteurs d’autisme.

Bien à vous,
Muriel Hamon

Lettre ouverte à Madame la Présidente de l’UNAPEI

Madame,

J’ai lu le communiqué de presse de l’UNAPEI dans lequel vous disiez être en désaccord avec le projet de loi de Mr Fasquelle qui prévoit l’interdiction de la psychanalyse dans l’accompagnement des personnes atteintes d’autisme, ainsi que vos échanges de mails avec Magali Pignard, membre du Collectif « Soutenons Le Mur et Défendons les Droits de la Personne Autiste en France ».

Je vous écris à mon tour pour vous dire que je trouve scandaleuse votre prise de position. Je ne comprends même pas quel sens a votre demande de retrait de cette proposition de loi, alors qu’elle représente une victoire pour les parents d’enfants autistes, et qu’elle nous donne énormément d’espoir: enfin, nous sommes entendus!

Vous ne pouvez pas ignorer que les médecins d’orientation psychanalytique ne proposent que des prises en charge inadaptées aux enfants autistes. Les parents doivent se renseigner par eux-mêmes et se « dépatouiller » seuls pour trouver une prise en charge qui permettra à leur enfant de devenir le plus autonome possible.

Or, ces prises en charge sont rares (certains départements en sont complètement dépourvus) et coûteuses (toutes les MDPH ne fonctionnent pas de manière égalitaire d’un département à l’autre: elles ne prennent pas en compte les devis de prises en charge de la même façon, et n’attribuent pas les compléments de l’allocation de base de la même façon).

Comment peut-on parler de choix, alors, dans ces conditions?

Quelques soient les différents des diverses associations de parents, elles sont toutes d’accord pour dénoncer la même chose: la psychanalyse n’a pas sa place dans les prises en charge des personnes autistes, car elle ne leur apporte rien.

De plus, ces associations tiennent toutes les mêmes discours: la psychanalyse a déjà fait assez de mal aux personnes autistes et à leur famille, il faut que cela cesse maintenant. Nous n’en voulons plus.

Quel choix un parent d’enfant autiste a-t-il, quand il rencontre un psychiatre d’orientation psychanalytique (ils le sont tous pour la plupart)?

  • Il n’en a pas, parce que son enfant a eu le diagnostic très tard puisqu’il y a un énorme retard dans le diagnostic, voire pas de diagnostic du tout, ou un mauvais diagnostic (puisque, pour certains, l’autisme est encore vu comme une psychose – ou alors ils ne donnent pas de diagnostic, sous prétexte qu’ils ne veulent pas mettre d’étiquette), ou un diagnostic qui ne veut absolument rien dire: dysharmonie évolutive, troubles autistiques « mais pas autiste », etc.Si  l’autisme n’est pas sévère ou typique, il ne sera pas reconnu par ces médecins qui connaissent si mal les troubles du spectre autistique qu’ils pensent qu’une personne autiste ne parle pas, ne regarde pas, n’est pas capable d’être en relation, etc.

    Combien de personnes, atteintes du syndrome d’Asperger ou d’autisme de haut niveau, n’ont jamais été reconnues autistes par ces médecins?

    Et tout ce temps perdu dans l’annonce du diagnostic est perdu pour la prise en charge, qui aurait permis à l’enfant d’entrer en communication, ou d’être propre, ou d’entrer dans les apprentissages scolaires grâce à un accompagnement de type AVS, etc.

  • Il n’en a pas, parce qu’il est complètement « assommé » par les discours culpabilisants qu’il a entendus de la part de ces médecins, qui, avec leurs questions insidieuses ou leurs remarques du style « vous êtes trop fusionnelle », aura fini par croire qu’il est responsable de l’état de son enfant (vous ne pouvez pas ignorer cela: Internet regorge de blogs, de sites et de forums où des parents racontent leurs parcours – nous avons tous le même!), alors il sera tellement mal qu’il suivra ce que le médecin lui dira, sans comprendre grand-chose à ce qui lui arrive.

Ces médecins proposent de prises en charges inefficaces dans des IME ou des hôpitaux de jour, où il n’y a aucune volonté éducative puisqu’il faut attendre l’émergence du désir… Pour un médecin d’obédience psychanalytique, la personne autiste a « choisi » de devenir autiste, parce que sa réalité (familiale) est trop difficile à affronter et il faut respecter cet état de fait.

Dès le départ, il n’y a donc de leur part aucun désir de faire progresser ces enfants. On leur propose uniquement des activités occupationnelles, et, une fois majeures, ces personnes ne sont absolument pas autonomes, et leur famille n’a pas d’autres choix que de les placer en foyer médicalisé… quand il y a de la place (vous avez certainement vu le film que Sandrine Bonnaire a fait sur sa soeur? Il décrit très bien la situation des prises en charges psychiatriques institutionnelles pour les personnes autistes).

Pourquoi continuer à condamner des personnes à être aussi peu autonomes à l’âge adulte, alors qu’avec d’autres méthodes elles pourraient avoir accès à une vie « normale », plus ou moins indépendante?

Pourquoi continuer à financer des établissements (IME, hôpitaux de jour, etc.) avec l’argent public, alors que maintenant nous savons que ce qu’ils proposent n’est, ni plus, ni moins, un préambule d’enfermement à long terme?

Pour que les familles aient véritablement le choix, il faudrait:

  • qu’elles rencontrent des psychiatres qui ne soient pas d’obédience psychanalytique, que le diagnostic soit donné tôt, et pour cela que les troubles de la sphère autistique soient réellement connus de tous (médecins, bien sûr, mais aussi tous les professionnels de la petite enfance: puéricultrices, personnels des crèches et des PMI, enseignants, etc),
  • qu’on leur explique véritablement ce qu’est un hôpital de jour (un hôpital psychiatrique pour enfants), ce qu’on y fait, et dire si l’on en sort ou pas,
  • qu’on leur explique ce qu’est un IME et ce qu’on y fait, comment on peut en sortir, et avec quel bagage,
  • qu’on leur dise les différentes possibilités qui existent pour scolariser leur enfant, etc.

Ce n’est pas ce qui est fait actuellement,absolument pas, et par conséquent les parents n’ont pas la possibilité de choisir.

Mon fils aîné est autiste. Il a eu une prise en charge pendant près de deux ans dans un CMP où on ne lui proposait rien d’autre que de venir toutes les semaines pour que je parle de notre situation familiale et de ce que nous avions fait durant notre semaine.

Nous avons obtenu le diagnostic de psychose infantile, et on nous a proposé une prise en charge en hôpital de jour, sans avoir aucune précision de ce qu’il y ferait, ni de pourquoi on nous proposait cela.

J’ai dû m’informer par moi-même pour savoir qu’autre chose était possible. De plus, j’ai la chance d’habiter dans une ville où – en cherchant bien – j’ai pu trouver d’autres possibilités que l’hôpital de jour, et d’être dans un département où la MDPH est assez « ouverte ». Je sais que tous les parents n’ont pas ces chances.

Or, sans cela, je n’aurais pas eu d’autre choix que de suivre les préconisations de ce médecin, puisqu’il ne m’avait pas dit les autres possibilités que j’avais!

Est-ce que les parents qui habitent ailleurs et qui n’ont pas accès aux informations que j’ai eues ont le choix?

Et si c’était toi…

Une fois n’est pas coutume, je vais vous parler de ma plus grande peur.

J’ai appris hier que Sébastien, un jeune autiste de 16 ans, qui avait disparu suite à une sortie en montagne avec sa classe spécialisée, a été retrouvé mort de froid, au bout de quatre jours de recherches. Il avait retiré ses vêtements parce qu’il ne supportait pas d’être mouillé.

Je mets de côté toute l’horreur que j’ai ressenti à cette nouvelle, elle n’est rien face à la douleur des parents de Sébastien. Je vous dirai seulement que c’est ce type de drame qui me fait le plus peur: que l’un de mes enfants meure seul, sans réconfort , perdu, sans que je puisse faire quoique ce soi pour le protéger, le défendre, l’aimer. Encore plus s’il s’agit de Samuel.

Samuel est fort physiquement, une vraie carrure de rugbyman, mais paradoxalement c’est le plus fragile de mes trois garçons. Il ne sait pas dire son nom, ni son adresse. Il est ultra naïf, il est désarmé face au danger. Et avec notre magnifique système de prise en charge à la française, ce n’est pas prêt de changer.

Suite à ce drame, j’ai réalisé que je travaille dur avec Samuel sur la verbalisation, les règles de vies en société, les apprentissages divers… mais je ne lui ai pas appris à se protéger, à survivre. Alors oui, j’ai pris la décision de coller une étiquette sur chacun de ses vêtements, et de lui faire graver une gourmette avec son nom et notre numéro au cas ou il se perdrait. Mais encore faut-il que quelqu’un le trouve!

Il est encore jeune, les gens le prendront en pitié, mais quand il aura 16 ans, qu’il fera 1 mètre 90 et 80 kilos, avec un comportement « bizarre »… qui voudra aller vers lui? Surtout s’il ne veut ou ne sait pas aller vers les autres, s’il est non verbal, qui voudra l’aider? N’avons-nous pas appris à nous méfier des gens « anormaux », ne les évitons-nous pas?

Bref, que se passera-t-il si un jour nous manquons de vigilance et qu’il se perd?

Je ne peux m’empêcher de me dire qu’avec une bonne prise en charge, on aurait pu apprendre à ce jeune homme à ne pas s’éloigner du groupe, à demander de l’aide aux autres, à ne pas retirer ses vêtements dehors quand il fait froid, même s’il sont humides, à retrouver sa route, enfin, à survivre…

J’espère que nous trouverons tous un moyen pour que ce genre de chose n’arrive plus, et que ce jeune homme autiste soit le dernier à mourir de froid, perdu, seul, fragile.

Lettre ouverte à Monsieur le Député Fasquelle

Monsieur le Député,

Quelle surprise, ce jour, d’apprendre que vous déposerez un projet de loi ce vendredi à l’Assemblée Nationale visant l’arrêt des pratiques psychanalytiques dans l’accompagnement des personnes autistes, la généralisation des méthodes éducatives et comportementales, et la réaffectation des financements existants à ces méthodes.

Et je pense que ce fut une surprise aussi, et une bonne nouvelle, pour tous les parents concernés. Enfin, à nouveau, une loi visant à faire bouger les choses, après la loi de 2005 sur le droit à l’éducation des enfants handicapés.

Mais il a fallu sept ans, sept longues années, pour que le handicap de nos enfants soit à nouveau sur le devant de la scène. En sept ans, combien de familles sont encore sur la touche malgré la loi sur l’école? Combien d’enfants non scolarisés, ou si peu? Combien ont perdu tellement de temps à ne pas être scolarisé qu’il est maintenant trop tard? On ne les prendra plus à l’école.

Une loi pour eux, pour leur autisme, pour interdire à des personnes « soi-disant bien intentionnées » (et bien payées…) de nous mettre au placard, nous parents, pour « sauver » nos enfants. Une loi parce que c’est la grande cause de l’année 2012. Mais après? En 2013? Notre grande cause à nous, parents, n’est pas celle de cette année, mais celle des années passées, et sera celle des années futures.

C’est pourquoi, Monsieur le Député, je me permets de vous remercier, et de vous demander de ne pas lâcher NOTRE combat, malgré les querelles et les rébéllions qui seront sans doute au coeur du débat. Que cette interdiction ne plonge pas votre projet dans les méandres des « pour » et des « contre », des « je défends mon beefsteak ». À la limite, j’aurais tendance à dire, laissons les penser ce qu’ils veulent, et si toutefois cette interdiction ne passait pas, alors donnez-nous les moyens de nous battre contre eux.

Que la prévalence soit faite et donnée aux méthodes qui font leurs preuves, que les parents soient en mesure d’accompagner leur enfant, que de vrais professionnels soient formés, qu’on nous laisse le choix pour nos enfants, qu’on nous donne les moyens de les intégrer.

Encore merci, Monsieur le Député. Soyez assuré de notre soutien, et permettez-nous de vous souhaiter bon courage.

Charlie Hebdo has been?

Charlie Hebdo has been?

Mère Cassandre répond à l'article de Antonio Fischetti paru dans Charlie Hebdo du 14 décembre 2011

Monsieur,

Décidément vous êtes le deuxième journaliste à qui je me sens le devoir de répondre, car dans votre article datant du 14 décembre 2011 concernant le procès intenté à Sophie Robert par trois psychanalystes de l’Ecole de la Cause Freudienne, vous énoncez des « propositions » tout à fait fantasques.

Je ne sais si c’est par un manque de temps ou un manque de courage, mais vos propositions sur le thème de « Je réconcilie tout le monde » sont pour le moins aberrantes.

Quand vous dites: « Pour autant, le dogmatisme de certains psys doit-il conduire à rejeter toute approche psychanalytique? », je me demande si nous parlons bien des mêmes « psys ». Ceux du documentaire? Ceux qui occupent les postes clés de la santé mentale en France?

Quand vous dites « psy », il serait bon de préciser si vous parler de « psychologues », « psychiatres », « psychanalystes » ou encore « psychiatres psychanalystes »… C’est totalement flou, les différences sont énormes, et les conséquences aussi.

Le « dogmatisme », Monsieur, n’est pas un terme qui appartient à la science et à la recherche, car celles-ci sont toujours en constante évolution et n’émettent que des hypothèses, qu’elles valident ou non par la suite, en fonction des résultats obtenus.

En conséquent, vous comprendrez aisément qu’une « troisième voie« , telle que vous la désignez comme « la neuro-psychanalyse« , est donc un non-sens, et votre idée de « réconcilier les deux grilles de lecture » concernant la prise en charge de l’autisme est parfaitement scandaleuse.

Le fait que les parents ne soient pas la cause du handicap de leur enfant et le fait de tenir compte des troubles cérébraux (encore que, il faudrait préciser de quels troubles cérébraux nous parlons) me paraît tout juste évident.

En revanche, considérer que la psychanalyse puisse être utile dans le cadre de la prise en charge d’un trouble tel que celui du spectre autistique est parfaitement insensé.

Qu’elle apporte du bien-être à des adultes consentants et demandeurs de ce type de thérapie est une chose bien différente, et nous ne sommes pas dans ce débat qu’on veut bien vous faire croire.

Nous ne faisons pas le procès de la psychanalyse dans l’absolu, et nous sommes encore moins dans une « guerre de tranchées« . Là n’est pas le sujet.

Le problème est bien plus grave, Monsieur Fischetti, et le seul moyen d’ »ouvrir l’horizon » de nos enfants atteints de ce handicap est le suivant: diagnostics précoces posés par des thérapeutes reconnaissants la CIM10, et par conséquent prises en charges immédiates adaptées à chaque profil.

Voilà l’horizon pour lequel je me bats. Il me semble plus que légitime

Il s’appelle Julien

Il s'appelle Julien

Réponse de Mère Cassandre à l'article de Catherine Vincent paru dans Le Monde du 8 Décembre 2011

À la lecture de votre article dans le Monde du 8 décembre 2011 concernant le documentaire Le mur: la psychanalyse à l’épreuve de l’autisme, des sentiments d’incompréhension et de désarroi m’ont envahie. Et ce, dès la première ligne.

Je vous cite:

« Les sujets les plus complexes sont parfois ceux qu’on évoque de la façon la plus simpliste. »

À cela, je ne peux que me demander ce que vous savez de ce sujet plus exactement, mais les lignes suivantes nous le diront. Je ne peux que vous répondre en parallèle: « Les sujets les plus sensibles sont parfois ceux que la presse évoque de la façon la plus manichéenne ».

L’usage des mots que vous employez pour parler de la réalisatrice de ce documentaire et des protagonistes de ce film ne laissent que peu de chances à cette dernière.

En effet, les mots tels que « y met en scène » en parlant de Sophie Robert sur les interviews des psychanalystes ou encore « affirment » pour les parents en opposition avec un si humble « peut-être » d’un psychanalyste qui parle d’un lien cause/conséquence entre la dépression maternelle et l’autisme de son enfant m’interpellent sur votre positionnement.

Sophie Robert ne met pas en scène des psychanalystes, ils le font eux-mêmes dans une pleine démonstration de leur narcissisme surdimensionné.

Quand vous dîtes que les parents « affirment » en parlant de la prise en charge de leur enfant, un léger questionnement m’envahit. De quels parents parlez-vous? Car il y avait deux couples de parents avec deux enfants souffrant d’autisme. L’un n’était malheureusement pas en mesure d’affirmer quoi que ce soit, car il n’a pas accès au langage. Mais peut-être ne l’avez-vous pas vu. Un deuxième visionnage me paraît nécessaire. Il s’appelle Julien.

Quand vous émettez un « peut-être » en parlant de paroles entendues de la bouche de psychanalystes, je me demande alors si nous avons visionné le même documentaire.

« Sans guère convaincre, tant aucune vraie parole n’est finalement donnée ni aux uns ni aux autres« 

Vous n’êtes pas convaincue par l’inefficacité de la psychanalyse sur le traitement de l’autisme? C’est votre point de vue.

Qu’entendez vous par « vraie parole »? Les psychanalystes n’ont pas eu tout le loisir de s’exprimer sur ce sujet? Leurs tirades ne vous ont-elles pas convaincues?

La « vraie parole » n’est pas donnée à Julien, effectivement. Ce jeune garçon que vous n’évoquez pas dans votre article et que vous n’avez peut-être pas remarqué. Il s’appelle Julien.

Donc, pour nous convaincre, madame Vincent, vous donnez la parole à ces messieurs Golse et Delion. C’est à peine croyable pour une journaliste d’un si grand quotidien de ne pas être allée chercher d’autres témoignages de professionnels ayant une toute autre vision. Mais visiblement, les scientifiques ne font pas partie de votre cercle.

« Là est le vrai problème« , quand vous parlez de l’insuffisance de la prise en charge, est très réductrice voir « simpliste » pour reprendre vos mots. Non, madame, le problème est multiple puisque les diagnostics précoces en France sont rares – en moyenne 6 ans – et messieurs Golse et Delion savent de quoi nous parlons. Ensuite, les prises en charge ne sont pas insuffisantes, les prises en charge efficaces sont insuffisantes et onéreuses.

C’est étrange que vous parliez de TED, car vous faites référence à la classification CIM10, alors que vos chers docteurs n’en font pas référence et s’obstinent à utiliser la CFTMEA, non reconnue par la communauté scientifique internationale.

« Et l’opposition entre psychanalystes et partisans des thérapies cognitivo-comportementales » est si facile. Je peux faire exactement la même chose pour décrédibiliser l’inverse. Regardez: « Et l’opposition entre thérapeutes respectant les avancées scientifiques et les partisans de la psychanalyse ». On lit à peine entre vos lignes.

« les enfants autistes et leurs familles ont longtemps été les otages« 

Je dirais plutôt victimes qu’otages, surtout pour ceux qui ont « bénéficié » des prises en charges dites « intégratives » ou encore « psycho-dynamiques » que mettent en œuvre messieurs Golse et Delion. Julien est-il satisfait de sa prise en charge? Vous êtes vous posé la question? A-t-il les moyens de s’exprimer, d’émettre un avis critique? Il s’appelle Julien.

Que vous répondre quand vous mentionnez « Au pays de Lacan« ? C’est donc là que vous vivez?

Je vous réponds juste alors « Au pays de Louis Pasteur, Jean Itard, Claude Bernard, Marie Curie ou encore Luc Montagnier » sans aucune autre remarque supplémentaire. Ce n’est pas même nécessaire.

Mais quand vous parlez de l’autisme en affirmant qu’il touche « deux personnes sur mille de moins de 20 ans« , je me pose très sérieusement des questions sur votre professionnalisme.

Lisez les rapports de l’INSERM qui parlent plutôt de 1/166, on parlerait même de 1/150 si on englobe tous les TED (en référence à la CIM10).

Ensuite, êtes vous sérieuse ou est-ce une faute de frappe quand vous signalez une date limite? À 20 ans, que se passe-t-il? On est soudainement guéri? On n’existe plus?

Madame Christine Vincent, on nait autiste et on meurt autiste. Les enfants autistes deviennent des adolescents autistes, qui deviennent à leur tour des adultes autistes.

Guillaume dans le film est encore un enfant autiste, et Julien un adolescent autiste.

Julien.

Il s’appelle Julien.

Ensemble, c’est tout!

C’était chouette, ce 8 décembre. A Paris, à Lille. Dans le froid, et parfois entre les gouttes (conséquence sans doute de mes prouesses vocales – pour info, mon frère biologique est ténor professionnel, j’ai donc juste honte).

C’était un moment de communion. Communion d’intérêts, d’envie, d’énergies.

C’était un mouvement spontané, en dehors des mouvements associatifs, une démonstration bon enfant de notre détermination. C’était bien sympa, mais il ne faudra pas s’arrêter là. Il faut maintenant que les professionnels, les associations, les comités de recherche, les personnes qui font autorité dans le domaine de l’autisme, sortent du bois, et osent apporter leur soutien publiquement à notre mouvement. Estève Freixa i Baqué, Jacques Van Rillaer, Vinca Rivière, Thomas Bourgeron, Bernadette Roger, notamment, Brigitte Axelrad, Jean-Paul Krivine, ont apporté leur soutien, soit en participant aux rassemblements, soit en adressant un document écrit à Sophie Robert.

Nous sommes nombreux à avoir des activités associatives, à rencontrer chaque jour des professionnels. Demandons leur de prendre officiellement position!

Quelle est la position de l’ARAPI, de Sésame Autisme? Quelle est la position de votre pédopsychiatre? De votre neurologue? Quelle est la position du Centre de Ressources Autisme qui a diagnostiqué votre enfant? Quelle est la position de votre pédiatre? De votre psychomotricien? De votre orthophoniste?

Recueillez leur témoignage, leur soutien, leur position. Les grands noms anglo-saxons soutiennent le Mur. La plus grosse organisation mondiale associative, Autism Speaks (un million de personnes consultent son blog), soutient aussi le Mur. C’est le moment ou jamais de s’activer!

Une telle occasion de démontrer l’absurdité et l’inefficacité du système français ne se présentera pas plusieurs fois. Jacques Alain Miller a déclenché un effet Streisand, profitons de cette opportunité et impliquons-y les professionnels.

On va briser le Mur si l’on s’y met ensemble. C’est tout!

Rassemblement pour soutenir Sophie Robert: TOUS LÀ-BAS!

Le Mur ou la psychanalyse à l'épreuve de l'autisme

Aujourd’hui, vous vous rassemblez en masse à Lille et à Paris pour soutenir Sophie Robert, assignée en justice par trois psychanalystes qui veulent que son documentaire Le Mur ou la psychanalyse à l’épreuve de l’autisme soit censuré.

Si, comme moi, vous ne pouvez pas y être, mais que vous vous sentez terriblement concernés, vous pouvez suivre le déroulement du rassemblement sur les pages Facebook suivantes:

Vous pouvez aussi vous inscrire sur les pages appartenant à Sophie Robert:

Au fur et à mesure, durant la journée, je posterai ici les photos et vidéos que j’aurai reçues. Vous pouvez m’envoyer les photos sur mon adresse e-mail nathalie@autismeinfantile.com, et m’envoyer les liens vers vos vidéos YouTube, Dailymotion, etc., pour que je puisse en inclure certaines sur cette page. Faites aussi passer les liens vers vos sites, si jamais vous couvrez le rassemblement de votre côté, que je référence vos articles ici.

Tous avec Sophie! La psychanalyse et la censure ne gagneront pas!

Vos photos

Un aperçu du Mur!

Un aperçu du Mur!

Rassemblement pour soutenir Sophie Robert: TOUS LÀ-BAS!

Arrivée devant l'École de la Cause Freudienne

Rassemblement pour soutenir Sophie Robert: TOUS LÀ-BAS!

Ça fouette dans les caleçons!

Rassemblement pour soutenir Sophie Robert: TOUS LÀ-BAS!

Les psychanalystes, surtout pas dans le domaine de l'autisme! IGNORANTS, NÉFASTES, DANGEREUX

Rassemblement pour soutenir Sophie Robert: TOUS LÀ-BAS!

Les crocodiles commencent à se rassembler

Rassemblement pour soutenir Sophie Robert: TOUS LÀ-BAS!

Halte aux charlatans!

Rassemblement pour soutenir Sophie Robert: TOUS LÀ-BAS!

Crocos et Bics unis contre la psychanalyse

Rassemblement pour soutenir Sophie Robert: TOUS LÀ-BAS!

LE MUR!

Rassemblement pour soutenir Sophie Robert: TOUS LÀ-BAS!

THIS IS SPARTA!

Rassemblement pour soutenir Sophie Robert: TOUS LÀ-BAS!

Les enfants autistes aiment leur maman crocodile

Rassemblement pour soutenir Sophie Robert: TOUS LÀ-BAS!

Rassemblement de crocobics à Lille devant le Tribunal

Rassemblement pour soutenir Sophie Robert: TOUS LÀ-BAS!

Foufie ♥

Rassemblement pour soutenir Sophie Robert: TOUS LÀ-BAS!

Sophie Robert en pleine interview

Rassemblement pour soutenir Sophie Robert: TOUS LÀ-BAS!

Avec Albert Algoud

Rassemblement pour soutenir Sophie Robert: TOUS LÀ-BAS!

AH LES CROCOCO LES CROCOCO LES CROCODILES!

Vos affiches

Rassemblement pour soutenir Sophie Robert: TOUS LÀ-BAS!

Donnez-lui un avenir, pas l'hôpital psychiatrique!

Rassemblement pour soutenir Sophie Robert: TOUS LÀ-BAS!

Robin des Bois luttait contre l'oppression des plus pauvres, ma maman lutte pour que son Robin des Bois reste à l'école!

Rassemblement pour soutenir Sophie Robert: TOUS LÀ-BAS!

Rassemblement pour soutenir Sophie Robert: TOUS LÀ-BAS!

LE MUR

Rassemblement pour soutenir Sophie Robert: TOUS LÀ-BAS!

Libérez l'autisme de la psychanalyse

Rassemblement pour soutenir Sophie Robert: TOUS LÀ-BAS!

Construisons un mur entre l'autisme et la psychanalyse

Rassemblement pour soutenir Sophie Robert: TOUS LÀ-BAS!

L'autre MUR

Rassemblement pour soutenir Sophie Robert: TOUS LÀ-BAS!

Merci Sophie

Rassemblement pour soutenir Sophie Robert: TOUS LÀ-BAS!

Psykk, tu es le seul sans avenir

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