
Cécile est venue vers moi l’autre jour avec une bonne idée, qu’elle a rondement menée: elle a récupéré des témoignages autour de la découverte d’Autisme Infantile, et m’a demandé de dire comment il est né puis devenu la plateforme que vous connaissez aujourd’hui, tout ça à l’occasion de son anniversaire, aujourd’hui, le 4 mai.
Je vous avoue que j’ai les chevilles qui ont vachement gonflé, mais pas seulement: le coeur aussi. J’ai chialé, encore une fois, comme une madeleine, ce qui devient une norme dangereuse ces derniers temps grâce à l’affection de l’équipe géniale des crocobics!
Merci à tous ceux qui ont participé à ce témoignage, je vous en serai éternellement reconnaissante. Merci à vous tous qui faites vivre le site et la communauté. Ça y est, notre « bébé » est sorti de ses « terrible twos » et s’envole vers l’enfance!
Ça va chier des ours en tutu et bobs Ricard, c’est promis!
Autisme Infantile est né un peu par hasard, mais je pense qu’il se serait imposé à moi tôt ou tard.
Je trainais sur plusieurs fora parlant d’autisme, mais je ne souhaitais pas vraiment intervenir. J’étais un peu perdue dans la nouveauté du handicap, et je voulais éviter les guéguerres psychanalyse/méthodes qui existaient déjà à l’époque.
J’avais écrit quelques articles sur mon blog personnel, qui faisaient un peu un pense-bête pour moi: les signes de l’autisme, le dépistage. Et puis un jour, j’ai reçu un commentaire de Julie, la maman de Maëlys, qui passait par des interrogations qui me semblaient tellement légitimes, et qui était sur le net à la recherche de réponses et de solutions pour sa fille, non diagnostiquée à l’époque. Après notre discussion autour des signes de Maëlys, en vérifiant mes statistiques de visite, je me suis rendue compte qu’il manquait un réel site, facile, clair, direct, pour les parents qui comme nous galèrent avant, pendant et après le diagnostic: la quasi-totalité des gens qui visitaient mon site arrivaient depuis Google avec une recherche ayant rapport à l’autisme.
Autisme Infantile a commencé, comme mes quelques trois milliards de projets, tout petit: juste quelques articles. Puis il a grandi peu à peu grâce à l’aide de Julie, et de nos autres auteurs qui nous ont rapidement rejoints. Mais contrairement à la totalité de mes autres projets, celui-ci a pris rapidement de l’ampleur, comblant le manque d’information non psychanalysante en français, apportant un lieu plus serein que les fora de l’époque pour parler autisme, et surtout, donnant des informations claires, qui ne demandent pas de faire des études pour en appliquer les principes de base.
Je ne regrette pas une minute d’avoir continué dans ce chemin, car j’ai plus appris sur l’autisme, avec la communauté d’Autisme Infantile et ses auteurs, sur comment aider nos enfants, et sur la réalité de ce handicap, que si j’avais continué à lire dans mon coin.
Je ne sais pas à quel point Autisme Infantile aura joué dans la balance, mais Matthieu a été accueilli avec bienveillance et douceur partout où nous l’avons inscrit, et ça c’est un plus non négligeable.
Je sais que je peux compter sur les gens qui se sont unis autour d’Autisme Infantile.
Je sais que j’ai trouvé des vrais amis.
Je sais que les personnes seules sont accueillies avec bienveillance et conseillées.
Et je sais qu’ensemble on va briser le mur, aider nos enfants, et pousser au maximum pour que l’autisme devienne une réalité, un challenge, une « normalité » pour tout plein de gens.
Pour que nos enfants puissent tous vivre, parmi les autres, acceptés pour ce qu’ils sont.
Différents, pas moins bien.
Ma grande fille, qui s’était tant battue avec sa grande prématurité, qui s’en était sortie haut la main, ma grande fille n’évoluait pas normalement.
Tout le monde me disait: « Laisse lui du temps », « C’est une grande prématurée, ça va venir », « Arrête de chercher la petite bête ».
Ah oui, c’est la prématurité qui faisait que ma fille de 16 mois ne répondait pas à son prénom? Ne montrait rien du doigt? Ne babillait pas? N’interagissait pas avec nous? Ne jouait pas comme les autres enfants?
Non, ma fille A UN PROBLEME, je le savais!
Je commence les recherches sur internet, en parallèle des examens pour l’audition de ma fille, qui est, au final, normale…
Ah, tiens un blog?! Oh, une maman qui décrit, ben, euh, ma fille?!
Comment s’appelle-t-elle? Nathalie. Et son fils? Matthieu.
Il est beau, il est mignon, c’est ma fille à tout point de vue, mais en garçon.
Et si je lui laissais un petit commentaire? Juste un? Pour voir ce qu’elle en pense?
Oh, une réponse! Un mail, un tas d’échange de mails! Elle me COMPREND, elle m’AIDE! Elle est GENIAAAAAAALLLLLLE, elle me SAUVE.
Elle a des idées extras, et entre autre celle de créer un site pour tous les parents comme nous. Elle veut que je l’aide… mais évidemment, tout ce qu’elle veut!
Grâce à elle, ma fille a avancé, été diagnostiquée, et moi, à mon échelle, j’aide et je fais avancer l’aide aux parents et la prise en charge de l’autisme en France.
Merci Nathalie, merci, merci. Tu fais maintenant partie de ma vie, et de celle de Maëlys. Autisme Infantile, c’est une bouée de sauvetage, une mine d’informations, et l’oeuvre d’une femme et d’une maman extraordinaire.
Après des années sans savoir ce qu’avait mon fils, et après un an d’attente au CRA Lenval de Nice, j’obtiens le diagnostic le 19 juin 2009: autisme infantile léger.
À cette date ont succédé quelques jours d’errance physique et morale. Je me promenais sans savoir où j’allais, en tenant fort la main de Nicolas, munie bien sûr de lunettes noires pour pleurer comme bon me semblait.
Puis un matin, j’ai pris l’ordinateur et j’ai saisi, dans le moteur de recherche, « autisme infantile », pour m’informer. Je suis tombée de suite sur le blog d’une maman, Nathalie Hamidi. Je le parcours. Il est déjà bien fait, bien clair, et j’ai pensé qu’il témoignait d’un formidable geste d’amour pour son fils. Peu de gens le connaissent alors, mais j’en suis déjà satisfaite.
Je décide d’écrire à Nathalie pour lui faire part de ma satisfaction. S’installe très vite une correspondance où le tutoiement est de rigueur. Nous parlons de nos enfants, Nicolas étant plus âgé que Matthieu. Je lui explique mon parcours du combattant pour avoir enfin un diagnostic aux 10 ans de mon fils.
Nathalie me demande très vite d’écrire des articles sur notre vécu. J’avoue avoir été flattée, mais stressée aussi de ne pas être à la hauteur. Mon premier article fût sur les AVS, qui ont permis à mon fils d’avoir une scolarité à la maternelle dans le bonheur, et je voulais les mettre à l’honneur.
Les deux premières années ont été prolifiques en ce qui concerne les articles. Au fur et à mesure, l’équipe des auteurs s’est agrandie, les lecteurs ont été de plus en plus nombreux, et de nombreux changements ont été nécessaires pour le site d’Autisme infantile pour devenir ce qu’il est maintenant: un réseau de parents, d’auteurs, une plate-forme monumentale où l’entraide et l’échange d’astuces tiennent une grande place.
Bien sûr, on rencontre des grincheux mais on ne peut pas plaire à tout le monde.
En toute franchise, il y a trois ans, Autisme Infantile, l’écoute de Nathalie et la rédaction des articles m’ont permis de garder la tête hors de l’eau après le choc terrible de l’annonce du diagnostic. Évidemment, il y a des hauts et des bas, mais quel plaisir de lire tous les soirs les infos d’AI.
Autisme Infantile m’a permis aussi de me faire des amies virtuelles, puis réelles, avec qui j’entretiens une relation amicale chaleureuse et exceptionnelle.
Après toutes ces lignes, je n’ai pas à vous expliquer pourquoi je suis toujours fan d’Autisme Infantile, vous l’aurez compris.
Je terminerai en disant simplement merci à Nathalie, à toutes et tous, et à ma jumelle de coeur. Bon anniversaire Autisme Infantile.
Je me souviens très bien de ma première rencontre avec Autisme Infantile. Ce devait être très tard, comme ce soir, très certainement en Hongrie, au bureau d’une chambre d’hôtel, comme ce soir.
Je me souviens bien de la frénésie avec laquelle je cherchais désespérément de l’information à propos de l’autisme de Stan qui venait tout juste d’être diagnostiqué.
Je me souviens bien aussi de l’abîme d’incertitude qui s’était ouvert sous mes pieds: oui, il était bien possible qu’en France, au 21ème siècle, rien ou presque n’existe pour prendre en charge convenablement un enfant autiste de moins de 3 ans.
C’était donc en Août, en 2009.
J’ai envoyé un mail désespéré à Nathalie, qui m’a répondu, avec la gentillesse et le sens de la main tendue qu’on lui connait. Depuis, on ne s’est plus lâché la main, et j’en attrapé d’autres qui ont saisi la mienne à leur tour.
Autisme Infantile, c’est une grande chaîne de 10000 personnes maintenant, en 3 ans.
Une communauté minuscule est devenue ce terreau fertile, nourri par l’amitié, la rencontre, la même Foi en nos gosses et en nos capacités, leur capacités, de surmonter leur handicap et d’avancer.
Communauté de rencontres, de partage d’expérience, d’échange de connaissances, de ressources, d’entraide, qui met à la disposition de tous l’information disponible en la mettant en perspective, mais aussi plateforme militante qui donne une voix à celles et ceux qui ne peuvent adhérer à une association, ou prendre une part régulière et active à l’action militante.
Autisme Infantile a bien grandi, s’est bien épanoui, depuis 3 ans, un peu comme Stan – parce que ma rencontre avec AI se confond aussi avec ma vie
Il fait chaud en ce mois d’août 2009. Comme je suis toute seule au bureau, j’en profite pour lire le journal sur le net entre midi et deux.
Ce jour-là, j’interromps ma lecture et je tape sur mon moteur de recherche « autisme infantile ». Voilà bien longtemps que je ne me suis pas connectée sur les sites d’Autisme France & co. Il faut dire qu’à force de baigner dans l’autisme depuis plus de quatre ans (et encore plus longtemps en ce qui concerne mes recherches internet), j’ai fait le tour des principaux sites (français et canadiens francophones) et des informations que je peux y glâner.
Au milieu des différentes occurrences qui s’affichent à l’écran, je découvre un nouveau site: autismeinfantile.com. Par curiosité, je m’y rends aussitôt, et je trouve que les articles sont bien rédigés, clairs et précis. Sur les thèmes déjà abordés, ils apportent des réponses concrètes aux problèmes que nous rencontrons toutes et tous avec nos enfants autistes, d’autant que les commentaires enrichissent les discussions.
Au fil de mes lectures, je constate également que nous rencontrons tous des situations comparables: diagnostic tardif ou pas de diagnostic du tout, mauvaises prises en charge fréquentes, pas ou peu d’aide des professionnels, analyses psychanalytiques ébouriffantes dispensées aux familles pour expliquer l’autisme, scolarité chaotique…
Cela m’effraye tout en me faisant réfléchir, et je décide de rédiger un premier article que j’envoie à Nathalie, pour faire part de mon témoignage sur la vie que je mène avec mon fils autiste, nos bagarres, nos succès. Je n’ai qu’un petit recul sur la question mais si quelques bribes de ce que nous avons vécu peut être utile à d’autres parents, ce sera toujours ça. D’autres articles suivront, et AI me permettra de rencontrer « pour de vrai » des parents contactés virtuellement.
Depuis, le cercle des auteurs s’est considérablement élargi, et les articles se sont multipliés, faisant d’AI un formidable lieu d’échanges, de discussions et d’entraide pour que les parents d’enfants autistes ne se sentent plus seuls et puissent trouver un lieu d’écoute et de réponses à leurs questions.
Nathalie souhaitait faire d’AI une plateforme d’information sur l’autisme. Son objectif est atteint. Longue vie à Autisme Infantile!
Il y a deux ans, j’étais perdue dans les méandres de l’autisme.
J’avais lu beaucoup de livres, en six ans de vie autistique imposée. Mathilde faisait son « tout petit » bonhomme de chemin, et je suivais derrière péniblement, sans faire grand-chose, pensant que les prises en charge suffisaient.
Et puis un jour, la mouche de la connaissance est revenue me piquer. J’ai parcouru quelques sites, sans être très convaincue de ce que je lisais: les signes de l’autisme, les démarches administratives, point barre – lorsque s’afficha à l’écran « THE » site, hors association, hors blog de mamans faisant plein de pictogrammes dont on ne sait pas à quoi ils servent. Bref, j’ai rencontré AUTISME INFANTILE.
J’ai adhéré tout de suite à l’idée du site pour les parents par les parents, où l’on a le droit de pleurer et de déconner (enfin, ça dépend de l’humeur des cheffes
), où, grâce à l’expérience des autres, on en apprend plus en deux heures sur l’ordi qu’en six ans dans la vie. Enfin des gens comme moi.
Et puis j’ai voulu apporter, moi aussi, mes témoignages et expériences. Voilà pourquoi maintenant, c’est un réel plaisir de livrer « ma » vie autistiquement correcte, parce que je n’aurais jamais autant appris sans AI. Sans compter que certaines rencontres sur l’ordi grâce à AI ont agrandi mon cercle d’amis et entre autre pour ça, ENCORE MERCI!
Autisme Infantile ou comment trouver des réponses quand tout le monde vous dit que vous vous inquiétez pour rien!
Esteban est né en Octobre 2006. On s’est posé des questions très tôt: un bébé calme, sauf pour la sieste, qui ne savait ni téter au sein, ni mâcher. Un bébé très observateur mais qui ne montrait rien du doigt. Un bébé “GPS” qui reconnaissait toutes les rues, mais qui savait aussi où étaient les magasins avec ventilateurs, toutes les climatisations sur les façades. Un bébé qui parlait avec nous, mais mutique chez sa nounou. Un enfant qui ne mangeait pas autre chose que des plats bébé remixés, qui répétait des phrases, qui faisait beaucoup de colères, qui n’essayait jamais de faire quelque chose par lui-même, qui tordait ses doigts et bougeait les bras et qui marchait en suivant des lignes. Un enfant qui griffait le visage de son petit frère à la moindre occasion, qui a dit “non” à 24 mois et “oui” à 31 mois.
À la visite des deux ans, le pédiatre nous a dit “Esteban présente des symptômes autistiques, il ne faut pas les laisser s’installer”. Débrouillez-vous avec ça! Nous l’avons scolarisé à 26 mois, pensant que c’était la meilleure solution pour qu’il apprenne à être avec les autres.
En cherchant sur internet, je suis tombée sur les articles d’Autisme Infantile, où j’ai reconnu certains troubles d’Esteban. Nous n’étions pas seuls à vivre ça. Sur AI, il y avait des témoignages, des réponses, des astuces. Le format des forums ne me convient pas car il faut être derrière son écran pour suivre une conversation. Le format d’AI m’a tout de suite conquise: des articles faciles à lire, consultables à volonté, où on pouvait intervenir. Le ton des articles m’a plu aussi, chacun des auteurs ayant son style, son approche, et son vécu.
Nous avons suivi les conseils trouvé sur AI: il fallait donc qu’on trouve un/e orthophoniste, un/e psychomotricien/ne, un/e psychologue, si possible TCC. Nous avons trouvé une orthophoniste en libéral, nouvellement installée, qui avait suivi la formation mastication/déglutition. Pour la psychomotricienne, nous avons eu moins de chance: aucune en libéral, seulement une en HDJ, ce qui voulait dire suivi par un pédopsychiatre. Et pas de psychologue TCC!
Grâce aux articles des parents sur AI, nous avions compris ce que nous cherchions, et surtout ce que nous ne voulions PAS! Donc, quand la pédopsy nous a demandé d’inscrire Esteban à un atelier conte, nous avions les arguments pour refuser; quand la psychomotricienne a voulu cesser de suivre Esteban car il avait des “blocages psychiques” et qu’elle ne pourrait continuer à travailler avec lui que s’il était aussi suivi par un psychologue de l’HDJ, nous avons fui.
Pour ma part, j’ai suivi une formation Montessori pour les 3-6 ans: c’est une pédagogie basée sur l’observation minutieuse des enfants, une pédagogie concrète qui aide l’enfant à faire seul! Nous l’appliquons à la maison, que ce soit pour la vie pratique ou pour les apprentissages académiques, et nous renforçons. Esteban progresse, son petit frère avance bien. Si je peux, par mes quelques articles, aider des familles comme je suis aidée par les articles que les autres auteurs écrivent, je suis heureuse – c’est une situation “win-win”!
J’ai connu Autisme Infantile à l’époque où je tâtonnais encore, en quête de témoignages de parents, et d’aide éducative pour mon fils Julien.
J’ai fait connaissance ainsi avec Nathalie et Béatrice, via Facebook.
Je découvrais cette formidable communauté de parents, cette solidarité (s’il-te-plait, Nathalie, n’arrête pas, ok?).
Je tenais parallèlement un blog. Entre temps, j’ai découvert que j’avais le syndrome d’Asperger, ce qui a créé un bouleversement dans ma vie, et une autre façon de voir l’autisme, et mon fils.
Nathalie m’a ensuite proposé d’écrire sur Autisme Infantile. Et me voilà…
Mars 2010. Je viens de passer une journée avec les parrain et marraine de Samuel, mon petit garçon, qui vient d’avoir 19 mois.
Je le trouve bizarre, je m’interroge, et sa marraine me fait remarquer que Samuel ne pointe pas et ne regarde pas dans les yeux.
Il est 21 heures, les enfants sont couchés – je pique l’ordinateur de mon mari et je tape dans mon moteur de recherche: absence de pointage et de regard.
Le premier lien, c’est le site d’Autisme Infantile. Il y a cette jolie photo du fils de Nathalie Hamidi, et cet article sur les signes qui doivent nous alerter. Sur cinq symptômes, Samuel en a quatre. J’envoie directement un message à Nathalie Hamidi. Elle me répond super vite, et Béatrice aussi.
Grâce aux différents articles, je me mets en mode diagnostic, j’évite certaines chausse-trappes, je découvre le monde de l’autisme, je me fraye un passage au milieu des CAMPS, CMPP, pédopsy et autres CRA.
Sans le site, je ne sais pas où j’en serais. J’aurais perdu 3 ou 4 ans certainement. Je ne me serais pas formée, je n’aurais pas appris à tenir tête aux médecins, je n’aurais pas fait travailler mon fils.
Quand Nathalie Hamidi a lancé son appel pour que de nouveaux auteurs lui fournissent des articles, j’ai aussitôt répondu. Je n’estime pas savoir mieux écrire qu’une autre, mais ce site m’a été d’une si grande aide, que j’ai aussi voulu y participer.
Et grâce à Autisme Infantile, j’ai rencontré des amies extraordinaires, parfois en chair et en os, parfois virtuelles, mais toujours à l’écoute, avec lesquelles je peux rire, pleurer, m’interroger et partager. J’ai rencontré de vraies amies qui me comprennent, qui me soutiennent, que je comprends et que j’essaie de soutenir.
Grâce au site, mon fils fait partie des quelques enfants autistes scolarisés, il a enfin une prise en charge adaptée, recommandée par la HAS, intensive. Il a peut-être une chance de devenir verbal, de progresser, d’éviter l’hôpital de jour ou l’IME.
Et cela, je le dois à Autisme Infantile.
Vous êtes nombreuses à me réclamer la véritable préquelle de loeuvre de Jean-Marie de Lacan sur Autisme Infantile.
Tout débuta il y a bien longtemps, dans une lointaine galaxie, en l’année de grasse d’une matinée printanière d’octobre 2011.
Peu avant midi, votre didacticien débutait comme à l’accoutumée sa journée de séances courtes lorsque son attention, flottant sur son agenda de papyrus, s’arrêta sur le nom d’une nouvelle patiente nommée Nathalie Hamidi.
Celle-ci pénétra dans mon bureau comme une victime de gastro-entérite en mal de sanitaires, pris place sur mon divin divan, puis chassa d’un revers de main le soupçon de poussière d’étoile qui y demeurait depuis la dernière et mémorable soirée Lacang-bang qui s’y déroulait la veille.
Elle me révéla animer une meute de parents d’enfants psychotiques qui pourraient bénéficier de mes services. D’un air amusé, mais pas autant qu’elle, je lui rétorquai que la détoxification parentale était l’une de mes nombreuses spécialités, qu’il était bien naturel de penser ainsi mais que je doutais que ces parents, si incestueux soient-ils, puissent un jour disposer de ressources suffisantes pour fouler suffisamment mon vénérable divan.
L’hystéro-paranoïaque franchit alors un stade supplémentaire de l’analité en brandissant un long parchemin où figuraient, selon elle, les noms des patientes avec lesquelles j’aurais fauté. D’un air amusé, mais davantage qu’elle, je lui rétorquai qu’il s’agissait de pratiques courantes instaurées par Jung (avant son odieuse trahison) et Ferenczi, et par ailleurs tout à fait avalisées par l’association reconnue d’utilité publique dont je suis à la fois membre et maître.
Lorsque je tentai de lui expliquer qu’aucune autre instance ne serait en mesure de me sanctionner en tant que psychanalyste, sonnèrent les douze coups de midi.
Tout se déroula très vite à partir de la douzième sortie du coucou parlant. Ce qui s’apparente à une mutation débuta par une phosphorescence du cuir chevelu et une nouvelle coloration capillaire rougeâtre « au feu » comme disent les anglo-saxons. Lorsque je repris connaissance, j’étais suspendu par le phallus au lustre de mon cabinet, et la fameuse « Krav’Maguy à Midi », qui me tenait par le gros doigt de pied gauche, exerçait de vigoureuses tractions tout en m’exhortant à obtempérer.
Après 72 heures de résistance acharnée, je cédais et acceptais la proposition de celle qui peut se vanter d’avoir causé davantage de fractures du phallus chez les psychanalystes que le nombre de bras cassés par Steven Seagal dans ses films.
Je m’engageais alors à dévoiler à sa horde parentale tous nos secrets: les grands, les petits, les signifiants et les insignifiants. La psychanalyse, ainsi dévoilée, ne devait pas pour autant moins rayonner.
La suite, vous la connaissez. Je suis régulièrement molesté, pour ne pas dire lapidé par elle, Castratrice Bowling, et toute son équipe qui, par ailleurs, sous le prétexte fallacieux de la cause de l’enfance psychotique, prend à malin plaisir à pratiquer le piercing de façon compulsive sur mon enveloppe corporelle.
Julien va bientôt fêter ses 16 ans! 16 ans déjà que je pense autisme du matin au soir, que je cherche, réfléchis, bricole, projette, regrette, espère et désespère…
C’est vers les livres que j’ai d’abord cherché à comprendre ce qui arrivait à mon fils, alors qu’il n’avait que 9 mois. L’ordinateur n’était pas encore dans toutes les maisons en 1996! Le premier livre qui était à ma disposition était celui que m’avait donné une amie: « J’élève mon enfant » de Laurence Pernoud, édition 1990.
Je me souviens de ces fameuses pages roses, au milieu du bouquin, c’était un abécédaire de la santé. En le parcourant, je suis restée sur le chapitre « Autisme et psychose ». J’ai ressenti une effroyable sensation, je m’en souviens comme si c’était hier! La description commençait ainsi: « L’autisme est la plus sévère des psychoses infantiles… ». Ont suivi d’autres livres, mais certainement pas les meilleurs, puisque le terme de psychose infantile m’a évidemment amenée à orienter mes recherches dans les rubriques « psychologie » ou « psychiatrie de l’enfant », etc.
Ce n’est qu’en 2000, lorsque j’ai découvert l’existence d’une association de parents d’enfants autistes, que j’ai également découvert l’envers du décor! Puis, j’ai investi dans mon premier ordinateur, j’ai parcouru internet pendant des heures, des nuits (c’était en très bas débit!). Je me suis informée, formée, et enrichie en découvrant des sites consacrés à l’éducation des enfants autistes.
Ces trois dernières années, en cherchant des infos via Google, il m’est arrivé de voir le site « Autisme Infantile », mais je n’ai jamais cliqué sur le lien, car Autisme Infantile résonnait en moi comme « psychose infantile », ce fameux chapitre au début des pages roses… Pas envie d’aller me taper des théories psykk!
Et pourtant… QUELLE ERREUR!
Ce n’est que depuis septembre dernier que je parcours régulièrement Autisme Infantile, depuis que, grâce à mon amie Sophie, j’ai pu faire la connaissance virtuelle et parfois réelle avec plein de personnes formidables dont Nathalie, Béatrice et tous les autres parents qui contribuent à enrichir le site.
Autisme infantile, c’est une vraie pépite d’or: de l’information, de l’entraide, de super idées, de la bonne humeur et une ressource stimulante lorsqu’on se sent noyé, fatigué.
Bravo AI et bon anniversaire, que ta vie soit longue, elle nous est précieuse!
Je ne sais plus vraiment comment j’ai atterri sur le site d’Autisme Infantile, mais je sais que j’y suis accro!
ÀA l’époque, on me baladait encore à propos du diagnostic de mon fils, et pourtant j’étais en Belgique.
Chaque jour, je dévore les articles; après lecture, parfois je pleure, parfois je ris, et souvent je cogite!
Grâce à ceux-ci, j’ai compris ce qu’avait mon fils, dans quel genre de centre il était tombé, et surtout comment l’aider, le faire enfin progresser. J’y ai rencontré des personnes formidables, chacune avec leur tempérament, leur façon de voir, de faire…
Je me souviens au début du sentiment de nullité qui m’a envahi devant toutes ces personnes qui savaient, faisaient tellement de choses pour leur enfant. Et puis, je me suis dit: « et pourquoi, moi, je ne deviendrais pas comme elles? »
Et donc, avec AI, j’ai d’abord trouvé la force d’aller chercher un nouveau diagnostic pour mon fils, de lui trouver une classe TEACCH, de me former… notre vie a radicalement changé!
À force de recevoir, de lire, j’ai eu envie à mon tour d’écrire et de donner… C’est chose faite!
Je n’aurais pas assez de mots pour dire tout ce que AI m’apporte au quotidien. C’est l’épaule sur laquelle je peux pleurer, c’est le coup de pied aux fesses qui parfois me fait avancer, ce sont des terribles témoignages qui me donnent la rage de me battre pour mon enfant, nos enfants. Autisme Infantile, c’est ma lumière quand la nuit se fait parfois trop sombre!
Joyeux anniversaire, et qu’on en fête encore beaucoup!
J’ai chialé plusieurs fois en lisant les témoignages recueillis, de fierté, de bonheur, et d’espoir pour nos enfants.
On dit de nous que nous sommes des crocodiles, des bics, ou même des cochons, mais moi je sais une chose: on se bat, et on continuera à se battre comme des tigres pour que la situation de l’autisme change, en France, et dans le monde entier!
On n’en laissera pas un seul derrière, on continuera à se prendre par la main les uns les autres et à avancer ensemble. Je disais toujours, si Autisme Infantile aide ne serait-ce qu’un seul parent, qu’un seul enfant, il aura justifié son existence. Je suis heureuse de voir que c’est chose faite!
Et vous, vous voulez nous raconter votre première fois sur Autisme Infantile?