Montessori: Corbeille d’habillage

Rendre les enfants autonomes fait partie de la pédagogie Montessori. Sa pédagogie ne concerne pas que les apprentissages scolaires, bien au contraire.

Je vais vous parler de la corbeille d’habillage qui sert, comme son nom l’indique, à mettre les habits de la journée et de la nuit.

Esteban et Iléan ont chacun dans leur chambre une belle corbeille d’habillage en osier.

Maria Montessori insiste beaucoup sur la qualité des produits que les enfants manipulent: des matériaux nobles comme le bois, le verre, le métal, plutôt que le plastique.

Le soir, nous préparons leur corbeille pour le lendemain. Ils me disent ce qu’il faut y mettre pour le lendemain. Les pictos peuvent être affichés au dessus de la corbeille pour qu’ils le fassent tout seul. Ils déposent alors dans la corbeille le slip, le pantalon, le pull, les chaussettes.

Le lendemain matin, ils quittent leurs pyjamas et peuvent s’habiller tout seuls. Tout est déjà prêt! Et ils peuvent ranger leur pyjama dans la corbeille pour le soir suivant s’ils le réutilisent.

C’est tout simple, mais cela les aide à s’organiser, à réfléchir à quoi ils auront besoin le lendemain, et ils arrivent tous fiers en nous disant « Je suis beau, hein! », « Je me suis habillé tout seul! »

Montessori: la poutre du temps

Les enfants en général ont du mal à se repérer dans le temps. Un des principes de la pédagogie Montessori est « Aide-moi à faire seul », et pour le repérage dans le temps, cela s’applique aussi.

Nous sommes nombreux et nombreuses ici à utiliser un time timer, des emplois du temps visuels pour aider nos enfants à prévoir l’enchaînement des activités, et même les nouvelles montres à pictos qui viennent de sortir (si certains les ont essayées, je veux bien un avis à propos de ces montres!).

Avec la poutre du temps Montessori, on va un peu plus loin. En effet, c’est une bande d’environ 6 mètres, où tous les jours de tous les mois sont présents. Les saisons y figurent aussi. Il faut donc un grand mur. On peut aussi afficher mois par mois si cela est plus simple au départ. Voici quelques photos avant son utilisation:

Montessori: la poutre du tempsMontessori: la poutre du temps

Nous avons imprimé un stock d’étiquettes avec le nom des jours marqué dessus. Les étiquettes du week-end sont de couleur différente; chez nous elles sont bleues. Chaque jour, je marque la date sur l’étiquette du jour correspondant.  Les enfants doivent retrouver la bonne case dans le bon mois et coller l’étiquette. Par exemple, si nous sommes dimanche 4 décembre, je prends une étiquette bleue « dimanche » et j’écris 4 en haut de l’étiquette. Esteban cherche le 4 dans le mois de décembre et colle l’étiquette.

Nous ne rajoutons que peu d’étiquettes à l’avance. pour ne pas les embrouiller. Par exemple, vous verrez sur les dernières photos que l’étiquette du 17 et du 25 décembre sont déjà collées: le 17, ma soeur arrive avec mes neveux et nièces; et le 25 c’est Noël! Plus ils seront grands, plus nous pourrons ajouter des étiquettes « futur ».

Montessori: la poutre du tempsMontessori: la poutre du temps

Au bout d’une grosse semaine, ils savaient qu’ils ne devaient pas chercher la date sur toute la bande, mais seulement dans le mois commencé et à la suite de l’étiquette précédente. Et ils font plein d’associations: « En octobre, c’est l’automne », « Noël, c’est en décembre. Il y aura l’hiver et la neige! », etc.

Si vous êtes intéressés pour en faire une chez vous, n’hésitez pas à me contacter!

Mise à jour

Téléchargez les fichiers nécessaires pour confectionner votre propre poutre de temps. L’idéal est de coller la poutre sur de papier cartonné avant de le mettre sur un mur.

Montessori: dans la cuisine

Montessori: dans la cuisine

Les maisons et appartements sont tous pensés du point de vue de l’adulte. Mais il est possible, avec de simples aménagements, de rendre votre habitation plus adaptée à votre enfant.

Mettez vous à la place de votre enfant et imaginez que vous vouliez faire « comme les grands »! Pas facile quand on dépasse à peine le plan de travail de la cuisine… Les conseils qui vont suivre s’adressent à des enfants de 0 à 6 ans. Pour les anglophones, je recommande la lecture de Montessori Play & Learn: A parents’ guide to purposeful play from two to six par Lesley Britton.

Il y a 6 principes pour aménager les différentes pièces de la maison, afin que votre enfant apprenne à faire seul et devienne autonome:

  1. à la taille de l’enfant: l’enfant doit pouvoir participer à la vie du foyer et avoir un endroit accessible pour ses affaires,
  2. proche proximité: faire en sorte à ce que votre enfant soit le plus souvent à proximité de vous, ses grands-parents, sa nounou… même s’il est dans une autre pièce, mais qu’il puisse voir ce que vous faites,
  3. la liberté sous contrôle: un enfant apprend en utilisant tous ses sens, en explorant. Les limites à l’exploration de son environnement sont les activités et comportements que vous aurez décidé d’interdire pour sa sécurité jusqu’à ce que votre enfant soit en âge de connaître les dangers de son environnement,
  4. Faites participer votre enfant à la vie de famille: si vous envoyez toujours votre enfant jouer ailleurs quand vous faites quelque chose, il ne pourra apprendre les gestes de la vie quotidienne. En vous regardant faire, en vous aidant dans vos tâches quotidiennes, votre enfant apprendra et deviendra autonome.
  5. Répondez à ses besoins, autant physiques et psychologiques: faim, soif, propreté, sécurité, espace – mais aussi amour, respect…
  6. Discipline positive: il est plus simple d’apprendre à votre enfant à faire quelque chose correctement plutôt que se concentrer à corriger quand il se trompe. Il faudra lui montrer encore et encore certaines choses, alors que d’autres iront plus vite. Soyez positif et encouragez votre enfant.
    Par exemple, il a été facile d’apprendre à Esteban et Iléan à plier le linge sec. Ils avaient alors 4 ans et 2 ans et demi, respectivement. Maintenant, ils trient aussi selon à qui le linge appartient. En les encourageant, les renforçant car ils faisaient quelque chose de difficile, ils y sont arrivés. C’est sûr, ils ne plient pas très vite, mais ils essaient et le font!

Activités de vie pratique dans la cuisine

  • Faire la vaisselle: avec marche-pied, tablier, une petite brosse. On explique et montre comment relever ses manches, remplir l’évier, mettre le liquide vaisselle, tenir les assiettes/verres/tasses fragiles. Profitez en pour expliquer les opposés sale/propre, sec/mouillé, vide/plein…
  • Remplir et vider le lave-vaisselle: tous les enfants veulent le faire! Guidez-les, ils apprendront à faire le tri, à classer par taille. Un placard où l’enfant peut ranger et trier ses assiettes et ses couverts est approprié.
  • Mettre la table: nous avons dessiné sur des sets de table une assiette, une fourchette, une petite et une grosse cuillère, un couteau et un verre. Ainsi, nos deux loustics peuvent mettre la table tout seuls!
  • Cuisiner: dès que possible, faites le avec votre enfant. Iléan s’installe sur une chaise dès qu’on est au-dessus de la plaque. Esteban, lui, arrive quand je bouge le robot, car il sait que c’est pour faire des gâteaux! Il mesure les tasses de farine ou de sucre, verse dans le bol du robot et, récompense suprême pour lui, regarde tourner le mélangeur (c’est un robot KitchenAid). Ensuite, il « déguste » les restes de pâte crue. Il aide aussi à verser la pâte dans le moule… il s’éclate, et en plus fait des maths sans s’en rendre compte!

Montessori: dans la cuisine

  • Balayer: les balais jouets pour enfants sont trop petits pour eux, en fait! Essayez de trouver des balais d’environ 1 mètre de haut (plus, si votre enfant est plus grand). Au sol, collez du ruban adhésif de couleur pour former un carré de 30 ou 40 cm de côté. Tout d’abord, apprenez à votre enfant à ramener les miettes dans le carré, et renforcez. Une fois qu’il maîtrise ça, on introduit la balayette et la pelle.
    Au niveau motricité, c’est intéressant: une main doit rester fixe, et l’autre doit faire bouger la balayette pour faire rentrer les miettes dans la pelle. À 3 ans, ce n’est pas si facile que ça!

Montessori: dans la cuisine

Montessori: dans la cuisine

Si vous avez des idées d’activités à faire avec vos enfants, venez les partager dans les commentaires de l’article!

Maria Montessori: qui était-elle?

Voici la biographie de Maria Montessori. Je pense qu’il est utile de savoir qui elle est, ce qu’elle a fait pour comprendre et comment elle a développé sa pédagogie.

Maria Montessori: qui était-elle?

Elle est née en 1870 en Italie et fut la première femme italienne à devenir médecin. En 1897 elle devint assistante bénévole à l’hôpital psychiatrique de l’Université de Rome, où elle rencontra des enfants déficients qui ne pouvaient être scolarisés ni rester dans leurs familles.

Ils étaient enfermés dans cet asile sans aucune stimulation ni contact. Quand on leur apportait à manger, ils se jetaient sur les miettes.

Pour elle, ce comportement était un effort pour comprendre le monde avec leurs mains, d’où le thème majeur de son travail: les mains sont le chemin pour le développement intellectuel. Elle commença à travailler avec eux. Certains furent capables de lire et d’écrire; d’autres réussirent les examens nationaux italiens mieux que les enfants « normaux ».

À travers son travail, elle comprit que tous les enfants naissent avec un énorme potentiel qui se révèlera à l’âge adulte si les enfants bénéficient d’une stimulation appropriée dès les premières années de leur vie.

En 1907, elle supervisa une garderie pour les enfants d’ouvriers trop jeunes pour être scolarisés. Ce fut sa première « Casa dei Bambini ». Beaucoup étaient agressifs et impatients. Elle commença par enseigner aux plus grands des tâches de la vie courante et elle fut surprise de constater que les 3-4 ans se régalaient dans ces activités. Bientôt ils furent capables de garder l’école propre, préparer et servir les repas. Leur comportement changea du tout au tout.

Elle adapta l’environnement des enfants avec des meubles et de la vaisselle à leur taille: les petites chaises et petites tables de nos écoles sont un héritage de son travail! Les aires de travail étaient délimitées par des tapis: elle leur enseignait comment rouler, porter ces tapis sans rien renverser au préalable.

D’après elle, tous les enfants ont un « esprit absorbant », traversent des phases où ils sont sensibles à différentes choses (ordre, langage, marche, aspects sociaux, petits objets, apprentissage sensoriel, etc.), veulent apprendre, apprennent par le jeu/travail, traversent plusieurs étapes de développement et veulent être indépendants.

Puis, Maria Montessori se concentra sur l’application de ces découvertes dans l’éducation et l’enseignement des enfants. Les buts principaux de sa méthode sont de faciliter le développement de la personnalité unique de l’enfant, de l’aider à devenir un enfant fort, heureux, « bien dans sa peau socialement » et émotionnellement, et de lui donner les moyens de se développer au maximum de ses capacités intellectuelles. Elle considère chaque personne comme une entité unique et croit que les enfants construisent leur personnalité par la participation active avec l’environnement.

Je me suis intéressée à cette pédagogie bien avant d’avoir des enfants, à la fin des années 90 quand je travaillais à Seattle. Ma patronne avait ses deux filles dans une école Montessori et elle m’en avait expliqué le fonctionnement:

  • pas de classes figées et rigides,
  • des groupes d’âge correspondant aux phases de développement de l’enfant (3-6 ans, 6-9 ans, 9-12 ans, 12-15 ans et 15-18 ans),
  • une entraide entre élèves (les grands assistent les plus jeunes),
  • respect du rythme de chaque enfant,
  • découverte sensorielle des concepts abstraits (même la grammaire s’enseigne avec des solides!).

Maintenant, j’ai deux garçons de 3 ans (neurotypique) et 4 ans et demi (autiste haut niveau), et leur environnement à la maison est « remodelé » façon Montessori.

Dans un prochain article, je vous donnerai des détails pratiques et simples à mettre en place à la maison. Si vous avez des questions, des suggestions, si vous aussi vous utilisez Montessori à la maison, ou si vous avez la chance de scolariser votre enfant dans une école Montessori, partagez dans les commentaires de l’article.

Décorations avec les enfants

Voici quelques idées de décorations à faire avec vos enfants.

Réalisation de « vitraux »

Prenez des rouleaux d’adhésif transparent (on en trouve dans des magasins de bricolage ou du style de Gifi), du papier crépon de diverses couleurs selon le thème choisi. Coupez l’adhésif transparent à la taille et la forme souhaitées.

Décorations avec les enfants

Les enfants découpent des bouts de papier crépon. Sur la face non collante de l’adhésif, dessinez la forme que vous souhaitez représenter. Exemple ici, un arbre d’automne.

Décorations avec les enfants

Enlevez le film protecteur de l’adhésif et laissez les enfants coller les bouts de papier dans la forme dessinée. Une fois leur travail fini, collez leur œuvre sur la fenêtre !!

Collage de feuilles mortes

Pour son anniversaire, Esteban a reçu Leaf Man de Lois Ehlert, un magnifique livre où tous les personnages sont faits de feuilles mortes assemblées! D’où une petite idée toute simple: et si on faisait pareil?

Avec votre enfant, ramassez des feuilles mortes de toutes les couleurs, de divers arbres. Apprenez-lui à les reconnaître (les feuilles des différents arbres sont illustrées dans le livre). Vous pouvez aussi ramasser des châtaignes, des marrons, des glands ou tout autre fruit. Une feuille colorée et cartonnée, de la colle multi-usage et vous voilà prêts!

Décorations avec les enfants

Décorations avec les enfants

Assemblez les feuilles pour créer un bonhomme, un poisson… ce que vous voulez, et collez. Esteban a choisi et positionné les feuilles tout seul, puis nous avons collé ensemble.

Petit conseil: n’attendez pas que les feuilles soient trop sèches, sinon elles vont craqueler!

Problèmes d’oralité alimentaire

Il y a plus de 2 ans, alors que nous n’avions pas de diagnostic pour Esteban, je cherchais ici et là sur Internet des solutions à notre problème majeur de l’époque, à savoir: Esteban, 30 mois, ne mange aucun morceau. Il ne savait pas mâcher et s’étouffait à se faire vomir si un grumeau n’était pas mixé dans sa purée.

Mes purées « made in Babycook » n’allaient pas, elles n’étaient pas assez lisses pour lui, et les repas se finissaient en général mal. Surtout qu’un aliment mixé qui causait une fausse route était banni, par lui, de son alimentation, et ceci depuis qu’il était bébé.

Il acceptait parfois quelques gâteaux mous qu’il fait fondre entre sa langue et son palais pendant un temps assez long, pour l’avaler ensuite. Pour couronner le tout, il ne mangeait pas seul, et n’avait jamais eu la moindre envie de tenir une cuillère, qu’il regardait comme un objet étrange avant de la reposer.

Pour situer plus précisément ses problèmes d’alimentation, voici quelques points important concernant Esteban bébé:

  • il n’avait pas su têter au sein,
  • il faisait beaucoup de fausses routes, même avec les liquides et le lait épaissi,
  • il n’avait ABSOLUMENT jamais rien porté à sa bouche: ni nourriture, ni jouet… rien. Ah, il ne risquait pas de mettre une petite roue ou une pièce à la bouche!
  • au biberon, il est longtemps resté avec des tétines à débit faible.

Quel fut donc notre soulagement de lire sur un forum que des « logopèdes » pouvaient rééduquer la mastication et la déglutition. Après une recherche infructueuse de logopède sur les pages jaunes, je me tourne vers Wikipédia: un logopède est un orthophoniste en français belge ou suisse! Super! Je dois pouvoir trouver cela parmi les 8 orthophonistes en libéral de ma ville.

Eh bien, ça ne court pas les rues: c’est une spécialisation récente et donc rare! Une seule orthophoniste, jeune et nouvelle sur la ville, fait cette rééducation. Nous sommes sauvés!

Les médecins et les pédiatres ne connaissent pas cette spécialisation. Quand j’ai demandé une ordonnance pour un bilan, mon pédiatre m’a dit « l’orthophonie, c’est à partir de 4 ans ». Après lui avoir expliqué que ce n’était pas pour le langage, mais pour l’alimentation, il a accepté de nous prescrire le bilan et les séances.

La partie mastication de l’activité de manger n’était pas rééduquée jusqu’il y a peu. Cela s’adresse aux enfants hypotoniques, comme aux enfants chez qui le réflexe n’est pas apparu, comme chez Esteban (un réflexe qui doit apparaître dans la première année de vie du bébé).

Esteban commence donc les séances en juin 2009, à raison d’une séance par semaine. Quand je rencontre l’orthophoniste pour la première fois, je lui dis, pour résumer la situation, que si Esteban était né à un autre siècle que le nôtre, il n’aurait pas survécu: il était incapable de têter au sein et incapable de manger solide!

Pendant le bilan, elle vérifie la déglutition salivaire (OK), la déglutition des liquides (au biberon à l’époque – OK) et des aliments (aucune mastication, micro-morceaux refusés ou crachés). Elle examine ensuite la bouche, les gencives, les dents, la position de la langue, le palais et la mobilité des mâchoires: OK. Ensuite viennent les réflexes oro-faciaux, comme le réflexe nauséeux (qui est normal), la sensibilité du visage et la sensibilité gustative.

Les séances ont lieu à l’heure du goûter: j’apporte un gâteau/une banane qu’il sait faire fondre. Et elle va le mettre en confiance, par des jeux, par des exercices. Tout d’abord, elle va lui apprendre quoi faire s’il a un morceau non désiré: le ramener sur le devant de la bouche pour le cracher. Ce fut un gros point pour lui: il avait un moyen de s’en sortir. Elle va lui apprendre à souffler aussi.

Petit à petit, il faisait fondre des morceaux plus gros. Puis, elle lui a appris à couper avec ses incisives, à écraser avec ses molaires, à passer d’un côté à l’autre de la bouche et à avaler.

La déglutition est encore lente, mais il mâche depuis presque un an maintenant. Pendant les vacances d’été, donc un an après le début de la prise en charge, Esteban a pris plusieurs repas de midi chez l’orthophoniste: coquillettes, saucisses de strasbourg, fromage, banane, par exemple. En septembre 2010, on est passé à deux séances par semaine. Il mâche, plus longtemps que nous, mais il le fait.

Maintenant, nous sommes confrontés au problème classique des enfants: « je veux pas goûter »! Et là, on applique la même chose qu’avec son jeune frère: s’il goûte ce qu’on lui demande, il mangera son dessert favori. Et on renforce à coup de « high five » et de sauts sur place quand ils le font!

Petit conseil de l’orthophoniste: plus c’est petit, plus c’est difficile à manger. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, les petits grains sont plus difficiles à manger, car ils se dispersent en bouche, et l’enfant ne contrôle pas et ne sait pas quoi faire. Esteban commence à manger la floraline ou le riz, mais pas encore la semoule ou le quinoa. Cela viendra quand il maîtrisera mieux sa mastication. Des petits morceaux, un à la fois, oui. De minuscules morceaux qui envahissent la bouche, non!

Jardinage facile avec les enfants

Pour apprendre le cycle de vie des plantes à nos enfants, on peut faire plusieurs choses:

  • Faire germer des lentilles dans du coton: c’est très rapide et les enfants adorent voir les tiges grandir. Si vous les transposez dans un pot de terre une fois germées, les graines continueront à pousser et vous pourrez récolter vos propres lentilles (nous avons testé l’an passé).
  • Dans la maison, faire pousser des bulbes de jacinthes dans un verre d’eau: floraison en quelques semaines. Esteban était fasciné par les fleurs et leur parfum! Par contre, après floraison, l’odeur devient très désagréable; il faut vite couper la tige florale.
  • Planter quelque chose que l’on va manger: je n’aime pas faire de pub, mais en ce moment, dans certains hard-discounts, des graines un peu spéciales sont en vente pour moins de 1,5€ le paquet – les graines en ruban ou en disque. Elles sont disposées à la bonne distance donc pas besoin d’éclaircir. Et ça marche en pots ou balconnières! Donc, cet après-midi Esteban et moi avons planté 5 disques de persil. Puis on a tenté les salades à couper en jardinière. Il a fait les sillons, a aplani tout ça, arrosé… bref, il s’est régalé à tripoter le terreau et l’eau. Quand on jardine, il accepte de se salir les mains, les vêtements; ce qui n’est pas le cas quand il mange. C’est un progrès. Si ça pousse bien (on sera fixé d’ici 6 à 8 semaines), on en plantera en bordure, le long du lierre. Cette présentation est très pratique pour les enfants et pour ceux et celles (comme moi) qui ne connaissent pas grand chose au jardinage. Malheureusement, tous les légumes ou aromates ne sont pas disponibles en ruban ou disque.

À vous de voir! Partagez vos idées de plantations à faire avec les enfants.

Activités automnales

Esteban est autiste léger et verbal. Donc il y a pas mal de trucs à lui apprendre à faire, notamment le rendre autonome par rapport à tout ce qui se passe dans une maison. Un peu de Montessori par-ci et de guidance par-là, il progresse.

J’aime bien faire des activités avec Esteban (4 ans) et son frère Iléan (neurotypique, 2 ans et demi), pour leur faire découvrir notre environnement et s’amuser par la même occasion.

Voici les activités faites récemment avec les enfants:

  • Plantations diverses et variées
  • Mettre la table
  • Plier des serviettes en papier
  • Haricots coco
  • Faire la vaisselle
  • Balance et poids

Plantations diverses et variées

Esteban adore les fleurs, toucher la terre (ça le calme). Nous sommes allés à la jardinerie locale et il a choisi des pensées. Il n’y en avait pas d’oranges (il adore le rouge et l’orange), mais il a pris des blanches, jaunes, violettes et rouge foncé.

Arrivé à la maison, il s’est mis au travail avec moi: répartition des billes dans les jardinières, mise en place des plantes et remplissage avec le terreau. Mine de rien, il a travaillé sa motricité grosse et fine et les volumes (nombres de pensées par jardinière, terreau). Il a touché différentes textures (billes, terreau en vrac et terre des godets). Et il a arrosé. Là aussi, il faut mesurer son geste pour ne pas en mettre partout, pour ne pas faire de trous dans la terre.

Ça lui plaît et il est très fier de ses jardinières. « Je fais comme Stéphane le jardinier » de « Silence, ça pousse! ».

Quelques jours plus tard, nous avons continué l’exploration du jardin et des plantes avec des bulbes. Trois sortes de bulbes: glaieuls d’Abyssinie, anémones de Caen et renoncules. Je faisais les trous, il mettait le bulbe en place. Et on en a planté beaucoup! Je lui ai expliqué que nous plantons les bulbes à l’automne et que les fleurs pousseraient au printemps.

Nous lisons « Balthazar et le temps qui passe » (pédagogie Montessori), et il a une poutre du temps. On parle des saisons, des repères dans la nature qui indiquent les saisons. Il a déjà remarqué tout ça l’an dernier: « Maman, c’est l’hiver. Les arbres, ils ont plus de feuilles » – voilà le genre de choses qu’il nous disait pendant nos promenades. Avec les bulbes, quand ils fleuriront au printemps, on reparlera du jour où nous les avons plantés.

Mettre la table (activité Montessori)

Le but, c’est que mes enfants puissent le faire seuls. Donc, achat de sets de table en plastique où j’ai dessiné ce que l’on y met dessus: assiette, verre, petite et grosse cuillères, fourchette et couteau. Ils peuvent donc déposer tout ce qu’il faut au bon endroit. Ils travaillent l’équilibre pour transporter tout ça, ainsi que l’observation. Et quand on mange, ils remettent leur verre à la bonne place. Iléan nous reprend même si on ne met pas le verre à sa place.

Bientôt, je mettrai leurs assiettes et leurs couverts à leur hauteur dans un placard de la cuisine pour qu’ils fassent tout sans que j’ai à leur faire passer ce dont ils ont besoin.

Pliage de serviettes (pédagogie Montessori)

Oon ne veut pas en faire des champions de l’origami, mais pour l’instant travailler les formes de manière ludique et utile. Pas si facile que ça pour un petit de transformer un carré en triangle! Il faut trouver les angles qui s’opposent et ramener l’un sur l’autre. Après quelques essais, ça marche: ils sont fiers d’eux, et peuvent les disposer dans les assiettes.

Motricité fine

Activités automnalesEcossage de haricots coco

Achetez un sac de haricots à écosser, laissez les sécher. Puis, installez vous avec les enfants (dehors si possible). C’est magique pour eux, pas besoin de les appeler pour le faire, ils s’installent tout seul et écossent les haricots.

Faire la vaisselle

Ça fait partie des capacités de la vie courante dans la pédagogie Montessori, au même titre que mettre la table, plier les serviettes, répondre au téléphone, et j’en passe… Investissez dans une petite brosse à vaisselle adaptée à la main de votre enfant. Perché sur une chaise à côté de vous, laissez-le nettoyer la vaisselle. Ainsi, il apprendra que les choses peuvent glisser, se casser.

Une autre étape où il peut vous aider est le rinçage et/ou la mise en place sur l’égouttoir. Il ne faut pas avoir peur de ces activités. On aurait tendance à utiliser des ustensiles en plastique avec les enfants, mais en faisant cela, ils ne peuvent pas apprendre à mesurer leurs gestes, ni la fragilité des choses.

Logique / Mathématiques

Balance et poids

Si vous avez chez vous, chez vos parents, une vieille balance de ménage avec des poids, sortez-la du placard! De nos jours, les enfants n’ont jamais vu une balance avec 2 plateaux. La plupart la découvriront en cours de science physique au collège. Pourtant un enfant peut passer de longs moments avec une balance, des poids et des objets à peser.

Mon père a gardé la balance de sa mère, où les poids sont rangés dessous. Esteban a d’abord été attiré par cette étrange machine, avec deux plateaux qui montent et qui descendent. Puis, il a trouvé les poids, de 1g à 500g. Il a vu, tout seul, qu’en mettant un poids d’un côté, le plateau s’abaissait, et que l’aiguille du milieu penchait aussi. En mettant des poids des l’autre côté, il a vu qu’il pouvait faire basculer les plateaux. Seul, il a découvert l’usage d’une balance, les poids, les équivalences… Il a fait des maths sans s’en rendre compte. Du coup, mes parents la laissent à disposition quand nous venons.

Activités saisonnales: Les citrouilles d’Halloween

J’ai trouvé ces idées sur Teach Preschool.

Travail sur la symétrie

Coupez la forme d’une citrouille dans du papier cartonné orange. Coupez-la en deux. Collez une moitié sur une feuille de papier, et collez sur cette moitié un œil, la moitié du nez, et dessinez la moitié de la bouche. L’enfant doit compléter la citrouille avec les autres moitiés.

Activités automnales

Découpage et collage

Dans du papier crépon orange, faites lui découper des formes. Dans du papier crépon noir, faites-lui découper des carrés et triangles. Prenez une assiette en papier. Faites-lui mettre au pinceau de la colle vernis, puis faites-lui coller les morceaux oranges. Enfin, faites-lui placer les yeux, le nez et la bouche!

Faites un don à l’association Autisme Aveyron pour un meilleur diagnostic, une prise en charge efficace, et pour éviter que nos enfants finissent en hôpitaux psychiatriques où ils n’ont pas leur place. Aidez-les pour qu’ils puissent s’intégrer dans notre société.