Désormais que les thérapies de Pearl sont mises en place et que les progrès commencent à faire surface, nous commençons à nous poser des questions sur son éventuelle scolarité pour septembre prochain. Je dis éventuelle car nous ne savons pas encore si elle saura être propre d’ici le mois d’août (elle aura tout juste 3 ans alors).
Nous avions rencontré, en juin dernier, l’adjointe au maire de notre ville, qui se trouve être aussi responsable au logement et à l’handicap – notre but à l’époque était d’essayer d’obtenir un logement par la ville, car nous vivons dans un 50m² à quatre, et du fait des problèmes d’endormissement de Pearl c’était (et c’est toujours) une véritable galère le soir pour coucher les deux enfants. De plus, nous pensons à notre fils aîné qui va faire sa rentrée en CP en septembre prochain et qui aura besoin d’un petit coin bien à lui, pour pouvoir travailler et faire ses devoirs. Bref, l’adjointe au maire nous dit qu’il n’y a pas de logements disponibles et qu’elle ne va pas pouvoir nous aider (surprise surprise).
Par contre, renchérit-elle, elle pourra nous aider pour Pearl, car elle s’est déjà occupée d’autistes, et nous conseille alors deux choses: d’une part de prendre rendez-vous avec la directrice de la Halte-Garderie, pour mettre en place une adaptation dès septembre 2009, et aussi d’envisager pour Pearl une scolarité à l’école privée de Viroflay, St François d’Assises, car d’après elle ils sont très bien équipés et formés pour recevoir des enfants handicapés et ont déjà eu des enfants autistes qu’ils ont accompagné dans leur scolarité, avec succès.
A l’époque, je pense que c’est une excellente idée car la maternelle publique où va mon fils a dû fermer une classe, et ce sont désormais cinq classes de près de trente élèves qui se battent les services de cinq enseignantes (travaillant à 80%) et de trois Atsems…
J’envoie en septembre dernier un e-mail à l’école en question pour prendre des renseignements sur les modalités d’inscription, les démarches pour obtenir des AVS et en expliquant le handicap de ma fille. Pas de réponse.
Hier, suite à mon appel à la MDPH pour savoir où en était le dossier de Pearl (il est passé en commission, la notification va arriver; nous avons le complément 3!), je décide de prendre contact avec cette école. Bien m’en a pris.
Je tombe sur la directrice et commence à expliquer le pourquoi de mon appel et elle m’interromp pour me dire qu’elle a bien reçu mon mail et là elle se lance dans une diatribe: « j’ai reçu des consignes pour ne plus prendre d’enfants handicapés à la prochaine rentrée, j’en ai déjà cinq avec AVS, et je ne peux pas prendre encore un lourd handicap ». Je tombe des nues, pas de « je suis désolée mais ».
Elle ne me laisse pas essayer de lui dire que ma fille n’a pas un handicap lourd, elle continue: « on m’a bien dit… » (c’est qui, on?) « …de ne pas prendre d’autres enfants handicapés, je ne peux pas avoir plus de cinq AVS ». Et voilà, c’est tout.
Je n’ai rien pu dire, ma fille ne sera pas la bienvenue dans son école – mais sera-t’elle bienvenue dans une autre? Elle m’a pratiquement raccroché au nez, et moi je suis restée scotchée.
Bravo l’école qui soi-disant s’occupe impeccablement des handicapés. Nous allons devoir tenter notre chance avec l’école publique donc, en espérant que dans les huit prochains mois ma fille parvienne à suffisamment progresser pour ne pas être « perdue » parmi trente petits…
En fait, quelque part, je suis bien contente d’avoir fait la démarche d’appeler l’école et je ne manquerai pas d’envoyer un courrier recommandé à Madame l’Adjointe au Maire pour lui expliquer ma conversation.




